Cette violence qu’on n’oubliera jamais
Claudia Collard (
10/5/2012 )
Le titre du colloque de la Bouée, La violence… et puis après?, n’est pas anodin. Surtout pour ces femmes qui doivent composer avec l’innommable, soit la perte de leurs enfants, assassinés par un conjoint violent. C’est le cas de Marie-Paule McInnis, qui a choisi de publier son histoire. Un livre qui l’a mise en contact d’autres femmes qui, comme elle, ont vécu la pire tragédie qui soit.
Claudie et Simon, enfants d’Huguette Archambault, assassinés en 1986. Émilie, fille de Marie-Hélène Guimont, assassinée en 2005. Daphnée, fille de Martine Bélanger, assassinée en 2009. Jérémie, fils de Caroline Poissant, assassiné en 2011. Tous disparus dans un contexte de violence conjugale. Comme ce fut le cas en 1996 pour Jérôme et Justin, les enfants de Marie-Paule McInnis. Conférencière lors de la première édition du Colloque, elle agissait à titre de présidente d’honneur de l’événement des 2 et 3 mai derniers. «Depuis la sortie de mon livre, j’ai eu la chance de connaître ces femmes extraordinaires», a-t-elle adressé en guise de présentation.
Au cours des 10 dernières années, on dénombre pas moins de 150 drames familiaux au Québec. Derrière cette statistique, des êtres humains dont la vie a été trop courte. Derrière les chiffres, des visages, des bribes de vie présentés sur vidéo lors du Colloque, démontrant l’importance de se solidariser. Et des mères, qui sont venues rendre hommage à leurs enfants disparus, témoignant en peu de mots l’ampleur de leur perte.
«J’ai eu la chance d’avoir trois autres enfants mais ma guérison a pris 20 ans. J’aimerais qu’il y ait plus d’aide pour les femmes», a transmis Huguette. «Au nom de nos enfants et de tous les enfants qui ont perdu la vie, on souhaite que notre témoignage fasse bouger les choses. Il ne faut pas que ça se reproduise», a partagé Marie-Hélène. Toutes, autant qu’elles sont, ces femmes n’oublieront jamais.
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