Pour s’amuser, faut voir «Faut divorcer»
Claudia Collard (
28/6/2012 )
Depuis que l’heure de sa retraite «forcée» a sonné, Oscar vit avachi devant la télévision, entouré de bouteilles de bière. Son passe-temps favori: le bougonnage. De là à conclure que la vie de couple qu’il partage avec Martha depuis des années est en péril, il n’y a qu’un pas. Le couple le franchira-t-il? À suivre en assistant à la pièce Faut divorcer, présentée au Théâtre de la première scène.
Chose certaine, faut voir Faut divorcer. Faut voir Guy Gagnon dominer littéralement la scène, méconnaissable dans le personnage d’Oscar, capable de rendre sympathique ce vieux grognon déplaisant. Faut voir cette Martha (Noëlla Champagne) si effacée prendre du coffre au fil du récit, laissant poindre dans son discours des bribes d’émancipation. Et faut rencontrer l’avocat et ami du couple, Octave, personnifié par Marco Audet, tenter de sauver… ce qui reste.
Cette comédie, dont la toile de fond demeure dramatique parce que truffée de grandes vérités, doit avant tout sa force au texte de Bertrand B. Leblanc. Abondant le texte. Point de culbutes, ni mimiques consistant à déformer le visage. Du texte. Avec tout plein d’expressions savoureuses. Un texte auquel les trois comédiens ont su rendre justice.
Guy Gagnon et Noëlla Champagne ont joué les mêmes personnages il y a 26 ans. «On ne joue pas de la même façon qu’en 1986. Avec le vécu qu’on a aujourd’hui, le texte va davantage nous chercher. Les personnages sont plus près de nous et on en saisi mieux le côté émotif», laisse entendre Guy Gagnon, qui a également assuré la mise en scène de Faut divorcer.
Les planches du Théâtre de la première scène de Marston accueillent la pièce Faut divorcer à compter de 20h00 les jeudis, vendredis et samedis du 28 juin au 14 juillet.
|