L'Écho de Frontenac, hebdo de la région de Lac-Mégantic
 
 
 
 
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Emmanuelle Dumont et Sandra Jacques entendent bien continuer à dire non au projet de voie de contournement.
Non au tracé de contournement!
Rémi Tremblay  ( 7/6/2018 )

Leur petite vie paisible risque de changer. Sandra Jacques et Emmanuelle Dumont sont voisines. Elles habitent toutes les deux dans la pente de la rue Pie XI, entre les petits lacs au bas de la côte et la 161 qui passe en haut. Si la voie de contournement ferroviaire se réalise tel que prévu, elles seront séparées par une tranchée d’une centaine de mètres de largeur sur laquelle circuleront des convois à une vitesse permise de 65 km/h. Un corridor bordé par un mur anti-bruit. Chacune d’elles a fait installer un écriteau sur son terrain: Non à la voie de contournement!

Au risque de passer pour des chialeuses, elles choisissent le journal pour s’exprimer. Sinon, elles ne seraient pas écoutées, croient-elles. «La plupart des gens ne savent pas où la voie va passer, mais ils sont surpris quand on leur explique ce que l’on sait. Ils nous disent: ben voyons donc, c’est complètement ridicule!», affirme Sandra.

Emmanuelle a construit sa résidence en 2011. Sandra, en 2016, soit trois ans après la tragédie. Quand celle-ci est allée à l’hôtel de ville chercher son permis de construire sur sa terre de 50 acres, la formalité a été vite réglée. En plus de la taxe de bienvenue, elle a dû payer une «taxe de parc» de 1 600$, au cas où la ville aménagerait un jour des parcs dans le secteur, lui a-t-on dit.

Mais voilà, à la rencontre avec les autorités municipales, une semaine avant la venue des premiers ministres pour annoncer le financement de la voie de contournement ferroviaire, on leur a présenté un plan. Rien de très détaillé, pas même le nom des rues que la voie ferrée couperait dans sa descente vers la rivière Chaudière. Une photo satellite que personne n’avait le droit de photographier, assure-t-elle. Comme si tout était secret, caché, a senti Sandra.

Emmanuelle, sa voisine d’en bas de la côte, n’était pas à la rencontre. Explication: elle n’a pas été invitée. «Moi, je perdrais 20 acres de terrain, a calculé Sandra. Il semblerait même qu’à cause de la voie ferrée, Pie XI deviendrait un cul-de-sac!»

Emmanuelle se montre catégorique: «On est bien ici. On ne veut pas déménager! Point!» Mais comment rester près d’une voie ferrée dont le rail sera creusé dans le roc? «Déjà, quand le tonnerre gronde, la maison tremble. Alors essayez d’imaginer quand des convois de milliers de tonnes vont filer entre les maisons. Personne n’a semblé faire de test de sol. Ni ici ni ailleurs. Pourtant, il y a des sources d’eau partout!»

Les deux femmes ont bien l’intention de s’impliquer si des citoyens réclament un référendum dans les trois municipalités. «À Lac-Mégantic, quand on en a demandé un, la mairesse Julie Morin a répondu non, nous expliquant que c’était pour la sécurité de ses citoyens. Il y a cinq ans, on a tous été bouleversés par la tragédie; on a tous perdu des gens qu’on connaissait, on a fait notre deuil, on est passé à autre chose. Pour régler le problème, on le déplace ailleurs, en faisant subir à d’autres des dommages collatéraux ! Mais serons-nous plus en sécurité?», questionne Emmanuelle. À ses yeux, si la Ville veut rassurer les citoyens, qu’elle partage toute l’information dont elle dispose, «avec tout le monde de Lac-Mégantic, pas juste avec les futurs expropriés!»

   

 

 

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Vos commentaires
Isabelle Boulanger (2018-06-08 à 05:25)
Félicitations pour votre article mesdames Dumont et Jacques!!! Je vous appuie à 100%!
À vous, M. Pouliot, bien que je sois désolée de votre état de santé, je dois me ranger du côté des personnes s’opposant à la construction d’une voie de contournement ferroviaire. Je comprends que certaines personnes ne veulent plus du train au centre-ville; par contre, est-ce que je dois vous rappeler qu’a l’époque où les voies ferrées ont été construites, ce sont les gens qui ont choisi de s’établir en bordure de celles-ci pour ainsi faire naître de nombreuses villes et villages? Pour les habitants, la voie ferrée était gage de prospérité et de développement de leur communauté. Lac-Mégantic n’y a pas fait exception!!!
Comme j’ai déjà eu à le mentionner, les gens qui habite à proximité de la voie ferrée, que ce soit avant ou après le 6 juillet 2013, l’on fait par choix et en toute connaissance de cause; ce qui n’est pas le cas des gens qui se verront imposer une voie de contournement!!! De plus, quand certains groupes tentent de nous convaincre du bien fondé d’obtenir une voie de contournement, on nous parle toujours de sécurité et du mauvais état des « tracks ». Mais est-ce que ces mêmes personnes parlent de réglementation??? Pensez-y un instant... Si le train avait eu un conducteur à son bord, si le train n’avait pas été laissé sans surveillance, si le train laissé sur la voie principale avait eu un dérailleur, est-ce que le 6 juillet 2013 aurait été tel qu’on le connaît aujourd’hui? Serions-nous en train de débattre sur le bien fondé d’une voie de contournement que l’on tente d’imposer à de nombreux résidents de Nantes, Lac-Mégantic et Frontenac sans essayer de comprendre leur point de vue? Probablement pas... et moi, je n’aurais pas de choc post-traumatique, je dormirais mieux, je ne verrais pas approcher le triste 5e anniversaire avec angoisse et j’aurais encore un fils!!!

Emmanuelle Dumont (2018-06-08 à 01:43)
Oh boy, on est loin du Me, myself and i ici. Croyez-vous être le seul à avoir vécu cette tragédie ? Je suis profondément désolée si cela vous a causé un choc traumatique. J’ai vécu cette nuit d’horreur autant que vous l’avez vécue. J’ai senti la chaleur sur ma peau quand les explosions ont eu lieux. Je vois que vous, ça vous a vraiment traumatisé. Donc vous qui vivez avec ce traumatisme, si on irait vous la mettre à côté de chez vous, vous seriez pour ? Vous pourriez vivre avec ce train à côté de chez vous ? Je parle pas juste pour moi , je parle pas juste de MA maison ni Sandra de SON terrain. Dites-vous que même si elle n'aurait pas passé près de chez moi, j’aurais encore été contre. Contre tous les dommages collatéraux qu'il y aura encore. Quand vous dites qu’on pense qu’à nous, j’aimerais beaucoup que vous vous lisez. Car ce que vous venez d’écrire, c'est que vous, vous avez besoin que cette voie déménage pour que VOUS ne le voyez plus à tous les jours. Quand vous dites que si le train déraille encore une fois à son emplacement actuel en pleine après-midi, qu’il fera encore plus de victimes. Nous, s'il déraille chez nous vu qu’on est juste 10 personnes dans le 11, ce n’est pas grave ? Car on va juste être moins à mourrir. Sérieusement quand vous nous dites qu’on pense qu’à nous , moi je vois dans vos paroles que VOUS avez besoin que ce train quitte la ville pour que votre vie soit meilleure et qu’il vous fasse oublier cette tragédie. Croyez-moi, personne n’oublie cette tragédie et ses victimes, personnes. Donc arrêtez de penser que tout le monde pense qu’à eux quand vous faites exactement cela vous même. Personne ici ne pense qu’à eux, personnes.

Mario Pouliot (2018-06-08 à 00:22)
Me, Myself and I... Personne ne veut une nouvelle voie ferrée dans sa cour; personne. On voudrait qu'elle demeure là où elle est, c'est-à-dire au pire endroit possible, là ou le moindre incident menacera le plus grand nombre possible de vies, là où le prochain déraillement, qui pourrait se produire en plein après-midi, pourrait faire plusieurs centaines de victimes. Pas grave! Ma tranquillité vaut bien des centaines de morts, la destruction d'un centre-ville d'une valeur inestimable et la contamination des terrains, de la rivière et, éventuellement du lac. Si on attend l'unanimité ou un fort consensus il semble bien que la voie de contournement ne verra jamais le jour, à moins de passer très profondément sous terre.

J'étais aux premières loges lors du déraillement. Je suis demeuré profondément marqué par cette tragédie et par l'impact de cette catastrophe sur les gens de mon entourage. Je suis passé par un enchaînement d'autres situations immensément stressantes de la fin de 2011 à la fin de 2015. Le déraillement tragique du 6 juillet 2013 a été la goutte qui a fait déborder mon vase, qui a provoqué la chute incontrôlable de mon système immunitaire avec le résultat que je me suis retrouvé malade comme un chien, affecté par une maladie atroce qui, dans mon cas, s'est avérée permanente. Avant la tragédie j'étais plutôt bien en dépit d'autres sérieux problèmes de santé avec lesquels j'arrivais à composer. Mais quand je me suis retrouvé avec une maladie horrible de plus, ma vie est passée du très supportable à un cauchemar qui va me suivre jusqu'à ma mort. Croyez-moi mesdames, si j'en avais les moyens c'est avec une joie incommensurable que je paierais 4 ou 5 fois le prix de vos propriétés pour me débarrasser de mon cauchemar. Quand tout ce qu'on a à opposer à la future voie de contournement ferroviaire c'est la perte d'un peu de terrain (qui vous sera équitablement dédommagé) et une tranquillité dérangée quelques minutes par jour, je crois qu'il n'y a pas chez vous l'empathie nécessaire à la santé d'une société ou d'une communauté. Si depuis le début des temps la valeur primordiale accordée à la tranquillité de chacun avait été la priorité des priorités il n'y aurait pas de véhicules, pas de routes, pas de rues, pas d'industries, pas de villes, etc. On vivrait comme les Pierrafeu. Toutes les solutions possibles auront des avantages et des inconvénients et je fais entièrement confiance aux autorités compétentes pour trouver la meilleure ou la moins pire solution. Il y aura toujours des inconvénients pour certains mais ils seront minimisés. Je n'en reviens pas de voir que certaines personnes ne comprennent pas que le centre-ville est le pire endroit pour faire circuler des bombes aussi puissantes. Si le déraillement s'était produit à 1 h 14 de l'après-midi au lieu d'à 1 h 14 la nuit, par combien de fois le nombre de morts aurait-il été multiplié?



 
 

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