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BILLET DE CLAUDIA
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Carrés rouges et cie
Claudia Collard (
24/4/2012 ) Je sais, le sujet a été abondamment traité dans les médias, sociaux comme traditionnels, et a fait l’objet de vives discussions plus informelles, créant ou faisant ressortir des tensions, plaçant à l’avant plan un choc d’idées irréconciliables. Ce que j’ai réalisé dans le processus, c’est que les opinions qu’on ose exprimer sur la hausse des droits de scolarité sont souvent tranchées et plus rarement mitigées. En ce qui me concerne, du moins, j’avoue que j’ai tendance à m’emporter.
Je m’emporte lorsqu’on dit que les étudiants n’ont qu’à se passer de leur I Phone, de leur voiture, du voyage dans le Sud à la relâche et tutti quanti et qu’ils trouveront aisément les sous pour défrayer la hausse annoncée. La question n’est pas là! Les étudiants revendiquent un droit fondamental: l’accès aux études supérieures indépendamment de son revenu. Ils crient à l’injustice, qui brime les plus démunis et favorisent les mieux nantis. Ils prônent la préservation du bien commun qu’est l’éducation. Leur bataille, si gagnée, va bénéficier aux générations futures. Parce qu’ils auront oser marcher dans la rue. Plutôt que d’accueillir leurs demandes, les décideurs les infantilisent au possible: «retournez sur les bancs d’école les ti-nenfants!». Imaginez si on avait tenu le même genre de discours à l’époque de la crise d’Oka!
Revenons à l’idée de se départir du I Phone pour pallier miraculeusement la hausse des droits de scolarité. Admettons, juste admettons que ce soit l’idée du siècle. On ouvre alors la porte à un paquet de solutions pour un paquet de hausses. Une contribution santé de 200$ par personne? Bof, on peut bien se passer d’internet une couple de mois. Encore une augmentation du prix de l’électricité? Pas de problème, on va annuler l’option d’afficheur sur le téléphone. Encore une hausse d’impôts? On ira moins souvent au restaurant et on s’achètera moins de vêtements. Etc.
J’en entends penser: «Voyons ce n’est pas tout le monde qui peut se payer l’internet»… «Pis à part de ça il y a du monde qui ont déjà de la difficulté à payer leur compte d’électricité»…
C’est vrai, les solutions citées plus haut ne tiennent pas la route. De un, elles encouragent trop facilement le désengagement des gouvernements et de deux, elles ne prennent pas en considération la réalité des moins nantis. Ça se pourrait-y que ce qui prévaut dans la société s’applique aussi à la population étudiante?
Et ici je ne parle pas de la comparaison avec l’Ontario, où les droits de scolarité sont plus élevés et le taux de diplomation plus faible qu’au Québec. Pas nécessaire, je ne m’emporterai pas sur ce que je considère comme un faux débat.
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