L'Écho de Frontenac, hebdo de la région de Lac-Mégantic
 
 
 
 
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Témoignage d'un pèlerin ( 29/3/2018 )

Je suis pèlerin et je suis voyageur. Comme pèlerin, à pied, je suis allé à Compostelle, mais en partant de Fatima. Puis à Mariazell, sanctuaire marial en Autriche. J’ai marché d’Assise à Rome, puis de Florence à Assise. En ce moment, sur une période de trois ans, je suis en route vers Rome, à partir de Canterbury en Angleterre, sur la via Francigena, ce qui donnera pas loin de 2500 kms. Tous des lieux de pèlerinage religieux.

Comme personne, je suis allé voir les plages du débarquement en Normandie, les nombreux cimetières militaires de la Deuxième Guerre Mondiale et l’an passé, lors de mon périple vers Rome, j’ai longé la ligne de front de la Première Guerre Mondiale, la Grande Guerre. Je suis passé par Notre-Dame de Lorette, où 45 000 soldats français sont inhumés, puis par la Crête de Vimy où nos soldats canadiens ont laissé leur sang. Je ne pense pas que c’était par tourisme, ni par voyeurisme. J’avais besoin de voir, de comprendre et de rendre hommage. Était-ce donc un pèlerinage?

Le dictionnaire Robert, dans sa première définition du mot «pèlerinage», parle de lieu saint, de motifs religieux et d’esprit de dévotion. Dans son deuxième sens, il parle du lieu, comme Saint-Jacques de Compostelle. Et dans son troisième sens, il réfère à un voyage fait avec l’intention de rendre hommage à un lieu, à un grand homme que l’on vénère.

La tragédie de Lac-Mégantic a été vécue directement par vous, indirectement par tous au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. Les médias ont fait vivre l’horreur à tous et tous ont été touchés.
Les gens de l’extérieur viennent donc à Lac-Mégantic pour comprendre ce qui s’est passé en visualisant, en marchant les lieux de la tragédie. Ensuite, ils veulent rendre hommage aux disparus et à ceux qui restent. Je pense qu’il s’agit là des points communs de tous les types de pèlerinage : d’abord comprendre, ensuite s’imprégner des lieux, en voyant et marchant, puis rendre hommage.

Le pèlerin s’approprie inévitablement la situation, les lieux. Il va dire aux autres: «Moi, j’y suis allé. J’ai vu!» Et le pèlerin repart transformé. Il est marqué plus profondément qu’avant d’être arrivé.
Personnellement, j’ai encore très claire dans mon être la situation de la plage d’Omaha où les Américains ont mis pied en Normandie. Je n’ai aucune difficulté à imaginer l’horreur que les soldats et marins ont vécue. Partout dans cette région de la Normandie, il y a des indications pour nous guider. Bien sûr, il y a eu tellement de documentation de produite, par écrit et en images, qu’un pèlerin peut bien se préparer à l’avance.

Ce n’est sans doute pas le cas à Lac-Mégantic et il y aura un besoin de dire, d’expliquer ce qui s’est passé, comment ça s’est passé. Puis, le pèlerin aura besoin d’aller voir par lui-même, sur le terrain. Où sont les lieux principaux ? Faudrait-il une maquette des lieux avant le drame ? Des plaques au sol pour identifier les lieux tant nommés dans les bulletins de nouvelle?

Enfin, le pèlerin aura besoin d’un endroit pour rendre hommage. C’est là que, physiquement, il va déposer sa boule d’émotions. Il veut poser un geste. Un parc? Une statue? Un mémorial pour déposer une chandelle, une pierre, un morceau de tissu?

À nouveau, le pèlerin a été touché dans son être, par un drame qui s’est produit loin de chez lui. Il a décidé de se déplacer, «faire un pèlerinage», afin de gérer ces grandes émotions qui sont apparues en lui en prenant connaissance du drame.

À tort ou à raison, le pèlerin s’est forgé une image mentale du lieu de pèlerinage et le pèlerinage est la visualisation, le renforcement de cette attente.

Vous serez surpris que toutes sortes d’hurluberlus se pointent de l’extérieur pour envahir, briser votre intimité et prendre possession des lieux parce qu’ils considèrent qu’ils sont devenus Méganticois par la force des choses. Pensons au slogan «Nous sommes Charlie», eh bien les pèlerins pensent maintenant peut-être «Nous sommes Méganticois». Le capital de sympathie est très élevé.

Denis Genest

   

 

 

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