Recyc-Québec

A m’énarve!

Qui ça? Celle qui se fait appeler la «dame de fer», notre ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. C’est ce ton qu’elle emprunte quand elle annonce l’apocalypse, que ce soit dans le dossier des déboires de la Caisse de dépôt et placement ou le jour où elle a déposé ses prévisions budgétaires pour 2009-2010. Un ton qui fait un peu mère supérieure s’adressant à une foule d’attardés!

Mais, en même temps, j’éprouve beaucoup d’admiration pour la politicienne qu’elle est. Après tout, c’est elle qui est allée seule au front ces dernières semaines défendant l’action, ou l’inaction, de son gouvernement en ces temps difficiles.

Et c’est elle aussi qui porte tout l’odieux du double discours libéral, celui qui était prononcé par son chef, Jean Charest, en pleine campagne électorale, l’automne dernier, versus celui qu’elle n’a pas le choix d’adopter aujourd’hui, maintenant que toute l’ampleur du gouffre financier dans lequel le Québec se trouve plongé a été mis au grand jour.

Celui qui exhortait les électeurs de lui donner le volant pour qu’il le tienne à deux mains s’est fait plus que discret, ces derniers temps. La tempête de la Caisse, la perte des 40 milliards de dollars et la nomination du controversé Michael Sabia comme nouveau président-directeur général, c’est elle qui l’assume pleinement. Pas son chef! Le déficit budgétaire pour l’année à venir et les sacrifices qui seront demandés aux Québécois pour 2010-2011, c’est elle aussi qui en prend toute la responsabilité. Encore là, le premier ministre s’est tenu à distance, préférant quelques apparitions publiques pour le permis de conduire avec carte à puce ou les annonces optimistes dans des usines bien ciblées.

Si on en croit les rumeurs, Monique Jérôme-Forget va bientôt quitter l’Assemblée nationale après une carrière qui a été marquée du sceau de la rigueur dans les finances publiques. Sans doute le prix à payer pour le petit mensonge qu’elle a échappé en campagne électorale en nous faisant accroire qu’elle ne savait rien des pertes anticipées de la Caisse, alors que, sur les banquettes de l’opposition officielle, Mario Dumont jouait à Nostradamus en prévenant déjà les Québécois que les pertes se chiffreraient entre 35 et 40 milliards de dollars! La prémonition de Dumont s’est révélée être tout à fait exacte, lui qui n’avait pourtant pas droit aux coups de téléphone avec les hauts dirigeants de la Caisse, un privilège réservé plutôt à la ministre des Finances.

Si les électeurs avaient été mis au fait de ce trou énorme dans leur bas de laine, pas sûr qu’ils en auraient récompensé le Parti libéral au moment de voter. Un trou si énorme qu’on ne serait pas surpris qu’en voulant le raccommoder, le nouveau grand patron de la Caisse nous tricote plutôt un grand foulard pour enrouler autour du col des Rocheuses!

Arborant fièrement sa médaille de la Légion d’honneur, Jean Charest a tenté de glisser sous le tapis les mauvaises prévisions économiques en projetant plutôt l’illusion qu’avec ses deux seules mains sur le volant, le Québec filerait tout droit vers la sécurité, échappant aux nuages noirs qui couvraient déjà l’ensemble des systèmes économiques de la planète.

Les Québécois se sont fait passer un sapin. Ce n’est pas le premier, ni le dernier, rassurez-vous. Parce que le pire n’est pas passé. Le nombre de chômeurs est appelé à augmenter, la dette du Québec bat des records parmi les provinces canadiennes, et ce n’est pas demain la veille où nos gouvernants vont commencer à se préoccuper de justice fiscale ou de justice sociale. Bien au contraire!

La méfiance s’installe dans la population quant à la volonté réelle de l’actuel gouvernement d’intervenir pour répondre aux besoins des plus démunis. Comme si les mesures fiscales des dernières années visaient à réconforter uniquement les plus riches qui ont perdu gros au jeu de Monopoly.

On a tendance à regarder cette formation politique de haut, mais avouez que Québec Solidaire tient un discours plus adapté au terrain, surtout à l’heure actuelle, quand ses ténors régionaux affirment que depuis 2000, «les baisses d’impôt représentent un manque à gagner de 9,8 milliards par année pour le gouvernement du Québec», citant ainsi l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques. Et à qui profitent les baisses d’impôts, vous croyez?

Plutôt que de tenter de récupérer les milliards qui échappent au trésor public, au moyen de manœuvres d’évitement fiscales tout à fait légales, Québec opte pour la solution simpliste d’une augmentation de tarifs de toutes sortes. Faudrait juste payer plus pour des services publics que l’on paie déjà trop cher!

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