Recyc-Québec

Hors de l’église…

Une lectrice, Lucille Blais, propose dans la rubrique Opinion de l'édition du 10 juillet la réflexion sur le sort des églises que l’Archevêché de Sherbrooke devra indéniablement fermer au cours des prochaines années.

La chute vertigineuse des assistances de fidèles aux offices religieux au cours des deux ou trois dernières décennies impose une restructuration tout aussi radicale au sein de l’Église catholique du Québec que chez la plupart des grandes entreprises privées et publiques qui ont à faire face à une baisse des ventes, en peine tourmente économique. Sauf que là, les prêtres, qui sont les employés, ne risquent pas de perdre leur job malgré la fermeture d’un certain nombre de paroisses, parce que la relève dans ce secteur d’activités ne court pas les rues!

À d’autres époques, une crise économique comme celle que nous sommes censés traverser (parce qu’à voir les dépenses publiques qui se font, nos gouvernements ne semblent pas manquer d’argent) aurait amené plus de gens à l’église, pour y trouver un refuge et y puiser un peu d’espoir et de réconfort. C’était dans le bon vieux temps, quand le clergé suppléait à la misère et se faisait fort de cimenter les populations locales autour des croyances religieuses. L’époque où l’église paroissiale servait de regroupement communautaire avec la bénédiction du bon curé.

Sortie même des écoles, la pratique religieuse sera confinée à quelques lieux de culte qui vont être sauvés de peine et de misère du couperet. L’Église a carrément manqué de vision pour ne pas avoir vu venir la débandade, alors que la société civile était appelée à une remise en question sur les façons de faire, et ce dans tous les domaines socio-économiques. On demande à tout le monde, même aux enfants dans les classes de maternelle, d’être imaginatifs! Dans le sens de créatifs! De pousser l’audace à vouloir changer le monde. Et pendant ce temps, quelque part dans les diocèses, les gens en autorité ont dormi au gaz. Les quelques-uns qui ont essayé de réformer la pratique religieuse se sont heurtés à des portes closes et à des esprits butés.

Dans les paroisses autour, les quelques courageux qui ont levé les bras au ciel quand l’évêque leur a annoncé que la décision avait été prise de fermer leur église et de la mettre en vente, ont passé presque pour des illuminés. On ne critique pas la décision de Monseigneur, on obéit! L’infaillibilité! Pas étonnant que les soutanes rouges en soient à mettre dans un chapeau les églises encore en vie pour en sortir le nom de celles qui seront sauvées.

Quand le tour de l’église de Marston et de celle de Nantes est arrivé, la décision a suscité quelques remous. Bel exemple de conversion, celle de Marston transformée en théâtre d’été. Dans une municipalité où il n’y a ni caisse populaire, ni école, ni épicerie, pas même un dépanneur, le Théâtre de la Première Scène joue la carte de la culture d’abord et celle de l’attraction touristique. Et il a fallu des esprits visionnaires pour rattacher l’église au village, à l’image de la communauté paroissiale de Saint-Zénon-de-Piopolis qui a embarqué corps et âme dans l’aventure du Festival Saint-Zénon, devenu un événement de prestige de renommée provinciale, voire même plus! Deux exemples où l’art est entré à l’église par la grande porte centrale pour la sauver.

Par contre, il faudra sans doute encore du temps aux acheteurs de l’église de Nantes pour démontrer qu’ils ont fait une bonne affaire dans ce qui a eu toute l’apparence d’une vente de débarras. Pour une bouchée de pain, compte tenu de l’état de l’immeuble et des coûts d’entretien qui rendaient sa sauvegarde impossible.

Les communautés qui se sont prises en main lors de la fermeture de leur église ont démontré qu’elles pouvaient faire quelque chose de bien avec les édifices abandonnés. Mais pour parvenir à leur conversion avec succès, il leur a fallu se retrousser les manches et brasser les idées avec vigueur et conviction. Le remue-méninges va bientôt commencer à Lac-Mégantic, comme le prévoit notre lectrice, Lucille Blais. Qu’ils soient de Ste-Agnès ou de Notre-Dame-de-Fatima, il faudra bien que les membres des deux paroisses voisines travaillent ensemble à construire l’avenir sur des bases de bonne entente. Il y a de toute évidence une église de trop; donc un bâtiment qui sera disponible pour la communauté, dans la mesure où celle-ci saura se montrer à la hauteur et faire preuve elle aussi d’une belle ouverture d’esprit aux idées nouvelles pour en convertir l’une ou l’autre.

Une église, ce n’est surtout pas comme un commerce qui ferme dans le centre-ville et qui nous renvoie chaque jour davantage le reflet d’un grand malaise. Une église, c’est aussi et surtout un lieu avec une âme. Ce qui n’est pas le cas d’un local commercial. Qu’il s’appelle Belzébuth ou Bazar. Même privée de sa vocation première, une église peut encore servir, dans le sens de rendre des services! Elle peut devenir un plateau éducatif, patrimonial ou culturel, un lieu de rencontre, de rassemblement ou d’exposition, son potentiel reste presque sans limite.

Le temps des cathédrales est révolu. Et quoi qu’en disent les autorités religieuses, quand l’église ferme, c’est une paroisse qui se meurt. Mais la communauté, elle, n’en meurt pas pour autant! Elle peut y voir, une opportunité qui se présente à elle pour continuer de grandir.

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