Chapelle du rang 1

Méli-mélo

Le billet Qu’en dit la Chambre?, publié dans la dernière édition, a eu des échos à la Chambre de commerce région de Mégantic. La lettre du président Pascal Hallé, reproduite dans cette même page, témoigne de l’intérêt de la Chambre à travailler avec milieux d’affaires, en particulier les commerces de divertissements. Une réaction qui survient au moment même où un mouvement provincial pour demander à la ministre Julie Boulet de surseoir à son projet de réduire le taux d’alcoolémie permis au volant prend de l’ampleur.

C’est bon que les gens s’expriment quand le gouvernement du Québec et ses ministères veulent modifier les lois et les règlements. C’est plate de revenir sur le sujet mais, quand le ministère de l’Environnement a fermé le site d’enfouissement des déchets de Lac-Mégantic pour orienter nos vidanges au site ultra-moderne (mais pas encore ouvert) de Thetford Mines, les citoyens ne s’étaient pas prononcés et même la Ville n’avait pas réussi à faire retarder la démarche, le temps que le site de Thetford puisse enfin entrer en opération. Nos sacs de vidanges s’étaient retrouvés à Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie, une mesure qui ne devait être que temporaire, quelques mois peut-être. Cela fait déjà 14 mois que les contribuables payent plus cher, parce que nos vidanges, comme nos impôts, «font du chemin» et rien n’indique un retour à la normale pour les prochaines semaines. Payer sans dire un mot?

Le commentaire d’un lecteur sur notre site internet (www.echodefrontenac.com) laisse à penser que le billet Qu’en dit la Chambre? n’a pas reçu le même accueil partout. Lisez plutôt: «Vous êtes très bon pour critiquer la parade, mais on ne vous voit pas souvent, pour ne pas dire jamais en organiser. En plus vous allez toujours chercher les commentaires de quelqu’un d’autre sans demander le point de vue directement à l’organisation visée… peut-être par manque de courage ou de lâcheté… qui sait? C’est l’opinion personnelle d’un bénévole dans l’entourage du Turmel.

J’y ai réfléchi depuis la réception du courriel, vendredi dernier. Surtout sur l’extrait traitant de manque de courage ou de lâcheté. Et c’est drôle, parce que le même après-midi, j’ai croisé le vrai courage à l’épicerie. Elle avait l’air plutôt bien, Francine Blais, poussant son chariot dans les allées du Métro. Le teint d’une belle couleur, presque bronzé. Mais elle ne revenait pas du Sud. Plutôt du cabinet de son médecin où elle venait d’entendre un nouveau diagnostic de cancer, elle qui les collectionne depuis son retrait de la politique municipale comme d’autres les cartes de hockey. Son visage, plutôt jaune finalement, signalait un problème au foie. J’aime bien cette femme. Quand on la rencontre, on jurerait voir quelqu’un qui profite paisiblement de sa retraite. Toujours droite, jamais défaite. Toujours aussi active. Quand je lui ai demandé «comment ça va?», je ne m’attendais pas à ce genre de réponse franche: «ça va mal!» Y’a des gens qui semblent immunisés contre le découragement et d’autres qui aiment se plaindre. Francine est du premier genre. Y’en a qui reçoivent des prix, des honneurs, d’autres qui, comme Francine, paraissent étanches aux mauvaises nouvelles. Après, je me suis dit: c’est ça le courage, une bataille pour sa survie.

S’exprimer dans le journal sur des choses qui se passent dans son milieu ne demande pas de courage. La vie de personne n’est en jeu. Le billet est fait pour ça, m’exprimer. Rien de plus.

Autre modèle de courage, la mairesse de Saint-Sébastien, Marie-Douce Morin. Et ce n’est pas parce qu’elle s’appelle Marie-Douce qu’on peut lui marcher sur les pieds. Son cheval de bataille, la survie de sa caisse populaire. Dans son cas, le manque de courage serait de se confiner dans le silence et laisser les administrateurs de la Caisse populaire du Granit sceller le sort de la caisse de son village, pour ne pas brusquer les tenants du pouvoir économique. Mais elle n’est pas de cette mouture-là, elle non plus. C’est avant tout son devoir et sa responsabilité en tant que maire de sa municipalité de dire à la caisse centrale de ne pas fermer la succursale du village. En voilà une qui est prête à faire face à une institution coopérative qui a pris, ces dernières années, le virage de la rationalisation, des fusions et des diminutions de services, peu importe l’impact local des décisions administratives.

Ça sert à ça, un journal, montrer ce qui se passe dans sa région. Ça sert à ça, les journalistes, diffuser l’information, trouver des histoires à raconter, pas d’organiser une parade! Pas, non plus, de s’impliquer dans les organismes à but non lucratif. Je sais très bien que je ne recevrai jamais le prix du Bénévole de l’année, que ce serait pour moi inutile de collectionner les amis sur Facebook ou d’aspirer gagner à un concours de popularité. C’est pas ça notre responsabilité à nous, les journalistes.

Il ne faudrait pas parler des activités à but lucratif dans le Centre Mgr-Bonin? Pourquoi? Mais, je vais quand même me garder une certaine petite gêne et ne pas écrire ce que je pense des grosses caisses qui avalent les petites et ensuite les crachent après s’en être rassasiés. Trop lâche pour parler de cela. J’ai peur des dommages collatéraux.

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