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Les membres de la FIQ veulent plus d’écoute de la direction

Les membres de la FIQ veulent  plus d’écoute de la direction - Rémi Tremblay : Actualités

Marie-Josée Forget, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Estrie, affilié à la FIQ, et Dominique Bilodeau, agente de communication de l’unité syndicale au Centre de santé et de services sociaux du Granit.

«Si le monde était heureux au travail, il n’y aurait pas une telle vie syndicale», croit dur comme fer la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Estrie, Marie-Josée Forget. Une affirmation que fait sienne l’agente de communication de l’unité syndicale au Centre de santé et de services sociaux du Granit, Dominique Bilodeau. Sur le front des négociations à mener dans le secteur public, les deux femmes reconnaissent qu’il y a des batailles à livrer au niveau local pour assurer aux 180 membres du syndicat une meilleure qualité de vie. Ce qui passera nécessairement par une meilleure écoute de la part de l’employeur.

Sur les étages du centre hospitalier comme dans les établissements d’hébergement de longue durée, le personnel syndiqué travaille en jeans, depuis le 10 avril, et porte le t-shirt noir, couleur du deuil, chaque mercredi. «On n’est plus capables», résume Dominique Bilodeau. Face à la direction, «tant qu’on bouche les trous, c’est ça qui compte. C’est l’impression qu’on a d’être gérées comme des pions!» Souvent au détriment de la vie de famille.

Le décret qui régit les conditions de travail des infirmières, infirmières-auxiliaires et inhalothérapeutes, membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), adoptée en 2005 par le gouvernement du Québec, est venu à échéance en mars dernier. Dans le milieu syndical, on espère cette fois une convention collective négociée plutôt qu’imposée. Mais, la marche est encore haute pour y arriver, puisque, même localement, la dernière entente signée en 2008 est souvent bafouée. «La liste des problèmes ponctuels est épaisse. Si l’employeur s’en référait, elle n’existerait pas», mentionne la porte-parole syndicale.

«Elles ne sentent pas une écoute de leur part», déplore Marie-Josée Forget. Cette infirmière d’expérience ne doute pas que la situation vécue dans la région de Lac-Mégantic est le reflet de ce que vivent les 1 500 membres à la grandeur de l’Estrie. Encore beaucoup d’infirmières, même avec 10 ans d’ancienneté, ont encore un statut de temps partiel. Quant aux inhalothérapeutes, encore aucun n’a obtenu de temps plein. «Ici, pour les candidats à l’emploi provenant de l’extérieur, l’employeur est prêt à proposer du temps complet. C’est d’ailleurs une exigence pour qu’une candidate accepte de venir s’installer en région», note Dominique Bilodeau.

Les infirmières à temps plein travaillent surtout sur des équipes volantes, un peu partout en région. «Ici, on n’a pas nos horaires à l’avance», ajoutera la porte-parole syndicale, de sorte qu’après deux jours dans un département du CH, la professionnelle peut être dirigée vers Lambton ou Saint-Ludger.

Elle se dit d’autant plus inquiète de la situation locale que «la population vieillit au niveau de nos infirmières. Notre seule source de relève, c’est le cégep à Lac-Mégantic», d’où sort une quinzaine de finissantes, au rythme d’une fois aux deux ans.
«On ne se cachera pas que le climat n’est pas rose ici», lance la présidente de la SPSE. «Entre le personnel soignant, ça va très bien, renchérit Dominique Bilodeau. Le problème, c’est au 3e étage», là où crèche la direction. Pour exprimer leur mécontentement, les syndiquées ont choisi de se retirer du processus d’agrément du CSSSG, «tant que la négociation sera en cours!» Les professionnelles en santé ne veulent pas être un maillon dans la chaîne de soins, à la sauce Toyota. «Il ne reste plus de temps pour le contact humain», vont-elles déplorer.

«La population du Québec n’est pas prête à des coupures en santé. Elle veut un système public fonctionnel et des gens pour assurer les soins.» Malgré les grandes manœuvres de gestion, «les temps d’attente à l’urgence n’a pas diminué, avoue Dominique Bilodeau. Ils (la direction) ne trouvaient pas d’infirmière pour l’urgence; ils ont mis des auxiliaires; mais il y a des actes que celles-ci peuvent poser et d’autres pas.»

On soupçonne qu’à la suite du budget Bachand, l’administration du CSSSG ait reçu pour consigne de couper 25% dans leur propre budget. Un agenda caché?

«Les infirmières et infirmières-auxiliaires se dépensent beaucoup. Pour accommoder nos patients, on va couper notre pause, on ne prendra pas notre dîner. Il y en a qui vont faire des 16 heures d’affilée!»

Les membres sont de plus en plus obligées à faire des quarts de travail supplémentaires. «Il y a un bon noyau de nos filles qui sont disponibles, mais le groupe s’égraine de plus en plus. Même quand tu n’es pas sur la liste, ils t’appellent quand même, des fois durant les vacances! Le pire, c’est que tu te sens coupable de dire non! C’est pris pour acquis!»

La FIQ a déjà négocié les services essentiels qu’il faudra maintenir en prévision des moyens de pression lourds prévus pour l’automne, si rien ne bouge. Le recours à la grève est une voie possible à partir du 15 septembre.

«Nos membres veulent de la reconnaissance pour le travail qu’elles accomplissent au quotidien; de l’écoute et du respect! La direction pourrait essayer de donner les horaires de travail à l’avance et tabler sur la qualité des soins au patient plutôt que sur le 2$ à sauver!»

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