Recyc-Québec

Histoire de dettes

J’imagine notre journaliste ambassadeur Gérald Fillion entrer en ondes sur RDI pour dévoiler son traditionnel chiffre du jour «220». Pour 220 milliards de dollars, la barre franchie par la dette québécoise pas plus tard que mardi. Le très sélect Institut économique de Montréal a souligné ce pic historique en servant cette mise en garde: il faut s’assurer dès maintenant que les dépenses publiques soient contenues pour éviter que le Québec se retrouve aux prises avec un endettement hors de contrôle. J’ai sursauté en lisant le communiqué, non pas pour l’ampleur de la dette elle-même, mais surtout cette phrase qui nous ramène les deux pieds sur terre: «Si le Québec souhaite conserver des programmes sociaux coûteux, il devra favoriser l’émergence d’un environnement propice à la création de richesse, car le Québec est l’une des sociétés les plus pauvres d’Amérique du Nord du point de vue du revenu par habitant.»

Comment l’une des sociétés les plus pauvres d’Amérique du Nord peut se permettre de se retrouver dans la dèche à ce point, vous pensez? Parce qu’elle travaille moins fort qu’ailleurs? Parce qu’elle dépense trop dans les futilités plutôt que d’investir dans l’avenir? Parce qu’elle est moins futée que d’autres à créer de la richesse? Parce que ses programmes sociaux sont trop «coûteux»? Pourquoi ne pas souligner aussi le fait qu’elle est la plus taxée et la plus imposée en Amérique du Nord? Facile pour des observateurs de la finance de faire la leçon à une société, alors qu’on sait si bien que ce n’est pas la société québécoise en tant que telle qui contrôle les finances de l’État, mais bien l’État lui-même qui contrôle à la fois notre richesse comme notre pauvreté, toutes les deux collectives.

Et le deuxième chiffre du jour, «20», pour 20 millions de dollars. La dette consolidée de la Ville de Lac-Mégantic au 31 décembre 2009. Remarquez qu’à côté des 220 milliards du Québec, la dette méganticoise semble «supportable», même avec à peine 2 500 contribuables qui en font les frais. Environ 8 000$ sur le dos de chacun! Ce ne sera sans doute pas pour cette année, à cause du 125e qu’il faut célébrer et de tous les chantiers en cours, mais souhaitons qu’au plus tard en 2011 les élus permettent un débat sur les finances publiques et qu’il se trouve des gens bien ferrés en comptabilité pour nous éclairer sur les décisions politiques qui devront être prises pour colmater ce déversement de billets verts tous azimuts sortant des coffres de l’hôtel de ville.

Le progrès a un prix, certes, mais les contribuables méganticois prennent de plus en plus conscience du fardeau que leur impose le fait de vivre dans une ville en développement, alors que partout autour on privilégie le statu quo.

Cet été encore, le bruit des camions étouffera la complainte. Espérons juste que le temps viendra où la Ville de Lac-Mégantic annoncera ses couleurs pour faire connaître les mesures qu’elle entend prendre pour mieux contrôler ses dépenses et réduire sa tendance à l’endettement de plus en plus rapide.

Si le gouvernement Charest a pu s’engager à réduire ses dépenses de fonctionnement, sans doute que le conseil municipal de Lac-Mégantic pourrait s’en inspirer et nous confirmer son intention d’en faire autant. Jusqu’à maintenant, on ne voit aucun signal en ce sens. Au contraire! Un exemple parmi tant d’autres, l’importance de sa flotte de véhicules. Il y en a 28 en tout, incluant trois vieux souffleurs à neige pour le service des loisirs et un balai de rue mécanique. Le camion muni d’un mât hydraulique, commandé ce printemps, n’est pas inclus dans la liste. On y retrouve sept camions, cinq camionnettes, deux fourgonnettes, deux rétrocaveuses, chargeur, remorque, chenille, tracteur tondeuse, déneigeuse à trottoirs et même une auto Mazda 5 GS pour le service du greffe. Une ville fort bien équipée, en somme!

Ces temps-ci, ces véhicules gagnent leur croûte, au nombre de chantiers en cours. Mais est-ce que ce sont toutes les petites villes de 6 000 de population qui peuvent s’offrir une telle machinerie? J’en doute. Alors, si l’Institut économique de Montréal veut bien venir faire un tour, tout en se payant de petites vacances, il verra que la société québécoise n’est pas si pauvre qu’elle le paraît! Faites lui faire le tour des chantiers, jusqu’à la marina, en contournant le petit bronx, bien sûr! Endetté, oui, peut-être, mais pauvre, ça se voit pas tant que ça!

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