Recyc-Québec

La bécane d’Émile

À la grand-messe du vélo, dimanche dernier, c’était noir de monde juché sur deux roues pour entamer le tour du lac Mégantic. De tous les âges, avec une participation accrue des plus jeunes qui s’élancent avec beaucoup d’audace et de détermination au beau milieu des grands. Je les admire tous de s’attaquer ainsi à un défi qui me paraît à moi, légèrement grassouillet et le souffle court, pire que de s’attaquer au mont Everest pour tous les Gabriel Fillipi de ce monde. Pas très en forme, je rendrais l’âme à mi-chemin de la rue Agnès, avant le premier kilomètre de ballade.

Non, je vous jure, quand je les prenais en photos devant l’hôtel de ville, chacun d’eux méritait à mes yeux une médaille, peu importe le degré de performance technologique de leur bécane. Une large palette de prix, d’ailleurs, que ces vélos ont coûté. Sûrement plusieurs milliers de dollars pour ces modèles hautement compétitifs qui se soulèvent du bout d’un doigt tellement l’alliage est léger. Et autant de vitesses à changer au dérailleur qu’il y a de signaux satellites qui entrent dans votre téléviseur. Dans le lot, la bécane d’Émile Breton détonnait. Le patenteux du rang X est un fidèle participant au Grand Tour. L’an dernier, il a fait le trajet à sens inverse du peloton; moins forçant pour les jambes, paraît-il, parce que tu t’attaques aux côtes dans la première moitié du parcours et ensuite tu te laisses aller jusqu’à l’arrivée. Ou presque! Je le crois sur parole.

Mais revenons à la bécane d’Émile. Un engin difficile à décrire, rabouté dans son atelier de fortune avec de la corde et des tubes de caoutchouc. Un poids de 85 livres, rien de moins, avant même que le cycliste monte en selle. Un dinosaure de bécane. Qu’on regarde avec un certain sourire, savant dosage de moquerie et de scepticisme. «Faire le tour du lac sur… ça?» Pourquoi pas? L’adepte de la simplicité volontaire est aussi un genre de Léonard De Vinci de la roue, avec des projets plein la tête. Surveillez-le, ce ne serait pas étonnant de le voir faire le Grand Tour au guidon d’un triporteur, dans un proche avenir. Il travaille fort là-dessus.

En attente, juste à côté de lui dans le stationnement du Centre Mgr-Bonin, un vélo couché. Une conception européenne, dont les premiers modèles sont apparus dans les années 40. Son propriétaire, Peter, a payé je ne sais combien pour se l’approprier. Mais sûrement plus qu’un vélo droit traditionnel. Quatre ou cinq fois plus, peut-être. Parce que sa fabrication est quasi artisanale. Pas léger non plus, le vélo couché de Peter. Mais pratique! Ça ne s’appelle pas un vélocar pour rien, avec des sacs sur le côté qui logeraient ta tente, ton sac de couchage, des vêtements de rechange et tout le kit si l’envie te prenait de faire le tour du Québec ou encore de te diriger vers Saint-Éphrem pour te shooter de la musique dans les oreilles au prochain Woodstock en Beauce. Côte à côte, les bécanes d’Émile et de Peter ont ce je-ne-sais-quoi qui attire les regards davantage que le produit dernier cri sorti de l’usine Minelli. Ni l’un ni l’autre n’est dopé au carbone! Mais pour le confort, je gagerais qu’Émile et Peter ont bouclé la boucle sans se plaindre. Sur la bécane d’Émile, une bonne vieille selle tout ce qu’il y a de classique, large et bien matelassée, avec une déchirure réparée au ruban gommé!

À bien y penser, peut-être qu’avec ça, je me serais rendu jusqu’au cinéma!

Où est l’ennemi?

Dans le parc de l’OTJ, la veille, ils étaient nombreux à marcher pour le Relais pour la vie. Un autre genre de ballade, celle-là. Mais, même en tournant en rond des heures et des heures, les participants ont l’impression d’avancer en avant! De faire progresser la recherche dans la lutte contre le cancer avec l’argent qu’ils récoltent en chemin.

Sans pour autant faire miennes les prétentions de certains groupes qui dénoncent «l’industrie du cancer» et ses milliards de dollars qu’elle génère chaque année, j’attends toujours «une» étude approfondie et surtout honnête sur les causes mêmes du cancer. Il y a de quoi applaudir quand on entend que les taux de guérison ont augmenté de 25% à 75% ces quarante dernières années, mais admettez que dans les années 70, il n’y avait pas un tel nombre de gens atteints. Et le mot cancer ne faisait pas tellement partie de nos conversations, avouons-le. Une étude approfondie, indépendante des pouvoirs médicaux et pharmaceutiques nous permettrait peut-être d’apprendre pourquoi la région du Granit fournit un si grand nombre de cas aux oncologues de Sherbrooke. Est-ce l’environnement? Nos modes de vie? Notre consommation alimentaire? L’agent orange répandu à la frontière jusqu’au milieu des années 70? C’est quoi, au juste? Où se terre l’ennemi? Est-il rendu dans nos gênes à la naissance? Est-ce qu’on se contente de développer une industrie de la guérison ou essaie-t-on de pousser plus loin la recherche des causes?

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