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Deux églises, un seul lieu de culte

Deux églises, un seul lieu de culte - Rémi Tremblay : Actualités

L’abbé Steve Lemay, au centre, est confiant que le processus décisionnel se déroulera en toute sérénité dans les deux paroisses représentées par les deux présidents des conseils de fabrique, à gauche Jean Cloutier de Notre-Dame-de-Fatima et à droite Gérard Fortier de Sainte-Agnès.

Que votre volonté soit faite! L’archevêque du diocèse de Sherbrooke, Mgr André Gaumond, laisse aux paroissiens, donc aux membres des conseils de fabrique de Sainte-Agnès et de Notre-Dame-de-Fatima, eux-mêmes assistés d’un comité de réflexion élargi d’une quarantaine de personnes issues de tous les milieux, le soin de décider laquelle des deux églises sur le territoire de Lac-Mégantic sera choisie le seul lieu de culte pour le salut des près de 7 000 âmes de Lac-Mégantic, Marston et Nantes. Le processus décisionnel est enclenché et la table est mise pour accueillir les suggestions sur l’avenir des églises.

Une tâche complexe, reconnaissent en choeur le curé Steve Lemay et les deux présidents des fabriques, Jean Cloutier de Notre-Dame-de-Fatima et Gérard Fortier de Sainte-Agnès. Mais, «peu importe la décision qui sera prise en janvier, la population de Lac-Mégantic doit prendre note que les deux églises devront être entretenues grâce à leur contribution volontaire», précise le prêtre, soucieux de préserver l’harmonie entre ses ouailles et surtout d’éviter les chicanes de clochers.
Ici comme ailleurs sur tout le continent, l’église catholique a commencé depuis une bonne décennie la liquidation des églises. En région, Lac-Mégantic est la seule localité à être confrontée au choix entre deux temples, l’un aux allures de cathédrale qui dispense ses services auprès d’une population de 5 400 âmes, l’église Sainte-Agnès, et l’autre, à Notre-Dame-de-Fatima, à l’architecture plus modeste du milieu du siècle dernier, qui dessert un secteur où habite 1 552 personnes.

À première vue, l’église Sainte-Agnès semble partir favorite dans la course à la bénédiction de l’archevêque, parce qu’elle représente un monument patrimonial, mais le calcul qu’auront à faire les membres du comité élargi devra tenir compte d’un ensemble de données, y compris l’aspect financier. Leur défi, «trouver une solution qui va plaire à tout le monde, parce que, quand la décision sera prise, il ne faudra pas que ceux qui penchaient pour l’autre église boudent», insiste Jean Cloutier.
La présence sur le comité élargi de plusieurs membres respectés de la communauté pourrait favoriser le ralliement des paroissiens au terme de l’exercice décisionnel. Parmi ceux qui auront à réfléchir sur l’avenir des deux églises, quelques noms: l’ex-députée Madeleine Bélanger, Pierre Paquet, Claudette Lessard, Mario Morin, Laurent Veilleux, Mario Blais, Jean Gagnon, Yves Gilbert, Jean-Paul Normand et Lise Boulanger.

En conférence de presse, jeudi midi au restaurant Le Renato, sur un terrain neutre, à égale distance entre les deux églises, Gérard Fortier a été chargé de dresser le portrait de la situation financière des deux paroisses. «La contribution volontaire annuelle 2009 a rapporté 144 000$ à Sainte-Agnès et 53 781$ à Notre-Dame-de-Fatima. Les autres revenus, 80 000$ pour Ste-Agnès et 38 021$ pour Fatima. Un déficit annuel de 20 000$ pour Sainte-Agnès et de 26 702$ pour Fatima.»
Des chiffres encore plus révélateurs, les revenus de la cva sont en baisse depuis dix ans, davantage à Notre-Dame-de-Fatima (-25%) qu’à Sainte-Agnès (-4,5%). Par contre, Sainte-Agnès a fait un gain de paroissiens quand les églises de Marston et de Nantes ont été fermées et vendues.

«La mission du comité ne consiste pas à déterminer lequel des lieux de culte conservera sa mission, mais elle vise plutôt à évaluer les possibilités de nouvelles vocations pour chacun des édifices», souligne Jean Cloutier. Ce sont seulement les deux conseils de fabrique qui auront à trancher pour le choix du lieu de culte. Parmi les critères sur lesquels reposera cette décision finale et sans appel: l’architecture, le patrimoine, l’accessibilité, la capacité de payer et la possibilité de disposer de l’édifice qui ne sera plus utilisé pour le culte.

«Les usages proposés devront être structurants pour notre collectivité et tenir compte de la préservation des édifices à long terme», éclaire-t-il, invitant les paroissiens à exprimer leurs idées par écrit à l’un ou l’autre des secrétariats paroissiaux.

«Les délais sont assez courts, reconnaît le curé Steve Lemay, puisque des décisions rapides doivent être prises quant à la rénovation de l’église Sainte-Agnès. Des travaux urgents, dont les coûts pourraient atteindre 2 000 000$, devront être entrepris dès que possible.»

Si les paroissiens devaient mal réagir au dilemme qui se présente à eux et répondre à l’appel à l’unité par un désintéressement à la campagne de contribution volontaire annuelle qui s’amorce cet automne, une baisse significative des revenus apporterait un mauvais signal aux gens impliqués dans le processus décisionnel, craint le prêtre.

La fin du temps des cathédrales, annoncée par le discours tenu à l’intérieur de l’archevêché de Sherbrooke, n’est peut-être pas sonnée partout. «Pour vraiment accéder au cœur de Dieu, il faudra un jour détruire tous nos temples matériels. Cette tâche sera immense, encore plus gigantesque que ce fut de les construire», écrit l’abbé Richard Beaulé dans le plus récent numéro du bulletin d’information Ensemble, publié par l’archidiocèse de Sherbrooke.

À Lac-Mégantic, deux paroisses n’en sont pas encore là. Le défi qui les attend est de maintenir l’unité pastorale au-delà des divergences d’idées sur le lieu de culte à maintenir et la nouvelle vocation à celle des deux églises qui ne sera pas retenue au jugement dernier de la réflexion.

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