Recyc-Québec

L’église, un outil de développement?

La Loi sur les fabriques, vous connaissez? Pas le genre de document officiel qu’on place sur sa table de chevet pour les nuits d’insomnie. Peut-être même que les marguilliers n’en ont jamais pris connaissance. Ce qui n’est pas un péché en soi puisque les élus municipaux ne se sont pas non plus éclairés de la Loi sur les cités et villes avant de prêter leur serment d’office.

Juste pour tester vos connaissances générales, de quel ministère du gouvernement du Québec relève l’application de la Loi sur les fabriques? Non, pas celui de la Culture et des Communications. Non, pas celui des Sciences et Technologies. Encore moins celui des Transports! Celui du Revenu? Vous y êtes presque. La réponse saute aux yeux pourtant: le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. Mais Québec prend bien soin de préciser «non en vigueur» à l’article 76 de son document officiel qui en fait la mention.

À bien y penser, l’exercice auquel sont soumis les paroissiens de la fabrique Notre-Dame-de-Fatima impose le sens de l’innovation en route vers le développement économique d’un secteur de la Ville de Lac-Mégantic en manque de grands projets.

Personne, surtout pas les paroissiens et les citoyens de l’autre côté de la rivière Chaudière, va contester leur droit légitime de faire preuve d’imagination pour retourner une situation qui leur est pénible, la cessation des activités de culte dans leur église, en une occasion rêvée de se redéfinir comme communauté, à l’intérieur de la Ville de Lac-Mégantic. Se faire enfin respecter!
Avouons, par ailleurs, que l’esprit de la Loi sur les fabriques n’a pas pesé lourd dans la démarche de réflexion qui a été menée par les membres du comité de réflexion, sur lequel ont siégé des représentants des deux paroisses, Notre-Dame-de-Fatima et Sainte-Agnès. La Loi est claire, l’assemblée des paroissiens a aussi des droits sur le fonctionnement de sa fabrique. Et la fabrique en est liée par la Loi. Une loi des hommes, non pas celle de Dieu ni de son Église. Mais la loi, c’est la loi. Or, s’il semble que le sort en est jeté (Alea jacta est) sur l’avenir de l’église Notre-Dame-de-Fatima comme lieu de culte, l’assemblée des paroissiens n’a toujours pas été convoquée en bonne et due forme, selon l’esprit et les règles de la Loi sur les fabriques.

J’ai ressenti de l’émotion, l’autre dimanche, à l’église Notre-Dame-de-Fatima. Pas quand le curé Steve Lemay a lancé: «On est conscient qu’il va falloir faire des efforts et des deuils!». Non. Plutôt quand une fervente paroissienne a glissé, au fil des commentaires sur les usages potentiels de «son» église, parlant de la Maison de fin de vie, qu’elle aimerait ça, elle, mourir dans l’église! La foi, ça ne s’exprime pas par des chiffres inscrits au bilan financier, mais par des élans du cœur, comme celui-là.

L’idée de lancer une pétition pour démontrer le consensus des deux paroisses autour du projet d’y relocaliser la Bibliothèque publique n’est pas folle. Le souhait est même légitime, mais encore faut-il respecter le travail des bénévoles qui, depuis près de quatre ans, orientent le déménagement d’une bibliothèque devenue trop petite vers l’immeuble de la Canadelle et qui ont déjà obtenu un engagement chiffré de la part du ministère de la Culture et des Communications.

Croire qu’il suffit d’exercer des pressions auprès de la classe politique et de réciter dix fois «Que notre volonté soit faite!» pour obtenir un changement de cap de 180 degrés dans un dossier qui chemine depuis tant d’années, sans demander leur avis aux membres d’un conseil d’administration qui a déjà presque toutes ses cartes en mains pour réaliser son projet, dénote une certaine improvisation. Si la bibliothèque est, pour la Fabrique, le seul espoir de revitalisation de l’église et du secteur Notre-Dame-de-Fatima, une fois accomplie l’expropriation du petit Jésus vers Ste-Agnès, qu’on amorce une vraie campagne d’adhésion de la population envers le projet. La bibliothèque étant un service offert à la population, c’est à elle qu’il faut adresser les prières. Il serait faux de croire que la volonté des deux conseils de paroisses peut dominer sur ce que souhaite vraiment la population en rapport à un service que la Ville doit lui livrer.

Le jeu de coulisses est peut-être acceptable en politique, mais quand il s’agit d’un service à la population, plus de lumière amène plus de clarté, et plus de savoir, plus de vérité. Souhaitons que le sort de la bibliothèque ne se joue pas derrière des portes closes et que, au contraire, les citoyens soient mis au fait des enjeux et des stratégies qui seront déployées, supposément en leur nom.

Pour utiliser l’expression du curé Lemay, c’est fini le «maudit zigonnage!» Va falloir que la population se fasse à l’idée qu’il n’y a plus, d’un côté de la rivière Chaudière, la gang de Ste-Agnès et de l’autre, la gang de Fatima. Comme il ne devrait plus y avoir de fossé entre les paroissiens d’un bord et les citoyens de l’autre.

Pour réagir, Connectez vous Pour réagir, Connectez vous

À lire aussi

  • À nous deux Parkinson!
    Actualités Santé

    À nous deux Parkinson!

    Claudia Collard / 19 mai 2022
  • Le Cinéma Mégantic complète sa transition numérique
    Actualités Économie

    Le Cinéma Mégantic complète sa transition numérique

    Rémi Tremblay / 18 mai 2022
  • Marilyn Ouellet, candidate solidaire dans Mégantic
    Actualités Politique

    Marilyn Ouellet, candidate solidaire dans Mégantic

    Rémi Tremblay / 18 mai 2022
  • Julie et Sylvie posent un geste du cœur de 115 km
    Actualités Société

    Julie et Sylvie posent un geste du cœur de 115 km

    Claudia Collard / 16 mai 2022
  • Dans la bulle d’Anne-Élisabeth Bossé
    Culture Humour

    Dans la bulle d’Anne-Élisabeth Bossé

    Claudia Collard / 16 mai 2022
Identifiez-vous pour commenter Identifiez-vous pour commenter

0 commentaire

  1. À Doc Humanité: l’histoire tragique de Madame M
  2. À nous deux Parkinson!
  3. Le Cinéma Mégantic complète sa transition numérique
  4. Marilyn Ouellet, candidate solidaire dans Mégantic
  5. Tout un spectacle avec Andréanne A. Malette!
  6. Julie et Sylvie posent un geste du cœur de 115 km
  7. Dans la bulle d’Anne-Élisabeth Bossé
Monsieur l’ambassadeur
Dans la bulle d’Anne-Élisabeth Bossé
Recherche d'emplois - Lac-Mégantic
  1. Technicien(ne) en production
    Lac-Mégantic
  2. Plusieurs postes disponibles
    Lac-Mégantic
  3. Intervenant(e) et animateur(trice)
    Lac-Mégantic
  4. Conseiller(ère) en boutique
    Nantes
  5. Mécanicien(ne) de véhicules de loisirs
    Nantes
Répertoire des entreprises