Recyc-Québec

Excuse me, but…

Il fallait que je vous le confesse une fois pour toutes, je suis un handicapé de la langue. Ouf! C’est sorti! Quand je la délie en français, pas de problème, mais si je tente une conversation en anglais, elle paralyse! La langue me gèle! Totalement nulle my tongue! Pourtant mistress Meghan, oh pardon, teacher Meghan a fait de gros efforts pour soulager mon stress et me rendre à l’aise avec la langue de Shakespeare. «Mistress ça ne se dit pas pour une enseignante», qu’elle m’a fait remarquer en cours, à la poly. Une maîtresse et une maîtresse d’école, c’est vrai que c’est pas pareil! D’où le rouge à ses joues quand je lui lançais, en entrant dans la classe : «Hi mistress Meghan, how are you?» C’était l’an dernier, dans un cours d’éducation aux adultes, payé par le bureau.

Quand on est jeunes, notre cerveau est plus malléable et il enregistre tout, surtout la connaissance des langues étrangères. Raison de plus de commencer jeune à parler anglais, espagnol ou mandarin, surtout dans un Québec unilingue francophone.
À mon premier voyage en famille à Old Orchard (à ras la shead comme on dit), dans les States d’avant le 11 septembre 2001, j’ai bien essayé de me débrouiller, mais c’est en commandant une pizza dans un stand près de la beach et près du camping que j’ai constaté mes limites. Au comptoir, le gars voulait savoir les ingrédients que je désirais dans la pizza extra large (jusque-là ça allait bien, parce que pizza extra large ça se comprend dans les deux langues). Chaque fois qu’il me suggérait un aliment que je comprenais pas, je disais yes. Yes à ci, yes à ça… J’avais juste hâte qu’il arrive à la fin de sa liste, tout en étant inquiet du résultat final. Au retour à la tente, pas grand monde a voulu y goûter. Généreuse, certes, mais trop c’est trop. Et j’ai jamais su comment j’avais pu dire oui à des anchois! J’haïs ça pour mourir!

Encore une chance qu’à la douane américaine, on m’ait épargné les questions d’usage. Du genre : «Transportez-vous de la drogue?» Moi l’épais, j’aurais répondu yes! «Cachez-vous des personnes illégales, des prostituées genre dans la valise arrière?» J’aurais répondu yes! «Entrez-vous des explosifs au pays?». Avec impatience, j’aurais lancé yes, yes, sure!

Pourtant, plus jeune, une nuit avec une Ontarienne et un dictionnaire de poche, je m’étais pas si mal débrouillé. Les yeux dans les yeux, la communication est genre internationale. Les barrières tombent!

Encore ce week-end, pour la 5e Traversée internationale du lac Mégantic, j’appréhendais les conférences de presse et les entrevues avec les nageurs qui ne parlent pas français. J’appréhendais encore plus la réaction des autres qui te jettent un regard presque hautain, parce que t’as pas leur facilité à eux à se débrouiller dans le bilinguisme.

N’écoutant que mon courage, après la conférence de presse, je me suis dirigé vers le délégué de la Fédération internationale de natation, Steven Munatones, trop désireux de lui parler seul à seul, parce qu’il avait l’air d’un chic type. J’ai trouvé des mots, j’en ai fait une phrase et le reste, ça se tenait plutôt bien.

Même blocage avec le champion de la Traversée, Trent Grimsey. Pas pire, je ne fais pas de faute en écrivant les noms! J’ai attendu de le croiser plus tard sur le site pour engager quelques mots. La glace était cassée. Je me suis même abonné à son compte twitter et il m’a refilé son adresse courriel pour lui envoyer des photos du finish.

En fin de compte, si j’avais à passer le test en embauche, je me classerais autour de 1/5, peut-être 2. Au téléphone, par contre, c’est le désastre total. L’autre jour, le laptop (sorry, mon ordinateur portable) a comme eu des gros problèmes. Et il fallait que j’explique des détails à la madame d’IBM à Toronto. Déjà que l’informatique, ce n’est pas mon fort, alors imaginez quand je dois schématiser tout ça dans une langue qui m’est à peu près étrangère. La madame était d’origine asiatique. Miu ou Liu, mais rien de ce qu’on retrouve normalement dans l’annuaire téléphonique local. Quand tu dis que je ne comprenais rien… absolument sans voix. À peine ai-je pu lui fournir mon adresse courriel pour qu’elle me converse électroniquement. Encore là, épeler le mot r-e-d-a-c-t-i-o-n en anglais tient du miracle!

Si la roue a été une grosse étape dans l’évolution humaine, briser la barrière des langues sera la prochaine. Mais ce n’est pas demain la veille!

En attendant, je fais des gros efforts. Exemple, on s’est donné comme défi, ici au bureau, de tenir nos rencontres hebdomadaires de production… en anglais! Combien de temps va-t-on tenir le coup? On s’en reparle plus tard cet automne. See you later! Mais je me dis que l’anglais, c’est tendance, surtout sur les réseaux sociaux. L’ancien chef du Parti québécois, l’universitaire André Boisclair, en est un exemple frappant. Son journal virtuel est tout en anglais, avec des articles repiqués dans les grands médias de Londres et de Washington. Par les temps qui courent, ça change des nouvelles déprimantes sur la politique québécoise qu’on lit dans les journaux. Tiens, je lâche le Journal de Québec, moi là!

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