Parce que huit minutes de plus peuvent sauver une vie!

Parce que huit minutes de plus peuvent sauver une vie! - Claudia Collard : Actualités
Le président de Tasbi, Pascal Jacques et Daniel Arguin, ambulancier de 24 ans de métier.
Parce que huit minutes de plus peuvent sauver une vie! - Claudia Collard : Actualités
Maurice Bernier entouré de ses deux «anges gardiens», les ambulancières Sandra Baillargeon et Amélie Bernier.

La fermeture du pont Agnès a entraîné une modification des horaires pour le corps ambulancier de la région de Lac-Mégantic. Plutôt que d’être de garde à domicile, les paramédics se sont vus accorder des horaires à l’heure. Le fait d’être déjà en poste à la caserne ou dans l’ambulance a rendu leurs interventions plus rapides et du même coup plus efficaces. Le délai ainsi raccourci d’environ 8 minutes a permis de sauver une vie tous les trois mois, estime Pascal Jacques, président de Tasbi, qui regroupe 200 paramédics des régions de Chaudière-Appalaches et de l’Estrie. Mais la situation risque de changer avec le retour des horaires de faction annoncé pour le 30 novembre par le ministère de la Santé.

Le retour aux mêmes conditions qu’avant la tragédie, justifié par l’ouverture du pont de la Solidarité, pourrait faire la différence entre la vie et la mort d’un patient, ont laissé entendre les intervenants présents lundi à la conférence de presse de Tasbi, qui pressent le ministre Gaétan Barrette de considérer le maintien d’un horaire à l’heure et d’un horaire de faction.

«On est prêts à faire un bout de chemin mais il importe de garder un horaire à l’heure pour les cas où chaque minute compte. Environ 25% des patients transportés sont en état d’instabilité. On parle ici d’arrêt cardiorespiratoire, de choc anaphylactique, de polytraumatisé majeur avec hémorragie… Dans les cinq premières minutes d’un arrêt cardiorespiratoire, 50% des chances de survie sont présentes. Par la suite, chaque minute accumule une diminution de 10% de ces chances. Après 10 minutes sans réanimation, le patient se retrouve avec seulement 10% de chances de survie», transmet Pascal Jacques.

Selon l’ex-préfet Maurice Bernier, c’est fort probablement les minutes supplémentaires mises à sa disposition grâce aux horaires à l’heure qui lui ont permis d’être aujourd’hui en pleine possession de ses facultés. Victime d’un infarctus en décembre 2013, il considère que les bons soins qui lui ont été prodigués ont commencé avec ceux des paramédics, en l’occurrence les ambulancières Sandra Baillargeon et Amélie Bernier, qu’il a rencontrées lundi avec beaucoup d’émotion. «Il y avait du verglas, si bien que le délai s’allongeait à cause de la température. Si, en plus, ces filles-là n’avaient pas été disponibles tout de suite, je ne sais pas ce qui serait arrivé. On peut penser que je ne serais plus là ou que ce que j’aurais subi comme dommages aurait été beaucoup plus grave. Chaque minute compte dans ce genre d’intervention; quand on en bénéficie, ça en donne encore plus de signification. Il est important que le gouvernement prenne conscience que la présence des ambulanciers 24/24 est un investissement, même si on est à l’heure des coupures. Ça coûte quoi, pendant des années, quelqu’un qui aurait nécessité des soins incroyables? Merci aux ambulancières qui m’ont sauvé la vie.»

Daniel Arguin, ambulancier de 24 ans de métier, relate pour sa part une intervention impliquant un homme de 50 ans, victime d’un arrêt cardiorespiratoire à son travail. «Notre arrivée rapide et nos techniques efficaces ont permis de réanimer cet homme, de le maintenir en vie et de le transporter au centre hospitalier. Quelques jours plus tard, il a reçu son congé, il se porte bien et n’a aucune séquelle, tout ça grâce à une intervention rapide et efficace. Je trouve ça valorisant et gratifiant. On fait ce métier pour sauver des vies. Mais si nous n’avons pas suffisamment de moyens pour répondre rapidement à un appel d’urgence, au lieu de mettre nos connaissances en pratique, on doit plutôt aller annoncer à des familles que, malheureusement, nous sommes arrivés trop tard.»

La MRC du Granit et la ville de Lac-Mégantic ont donné leur appui à la démarche des paramédics auprès du gouvernement provincial. Des témoignages écrits ont par ailleurs été transmis au ministre Gaétan Barette, dont celui de l’urgentologue Ana Maria Marias Radu, qui soulève que la réanimation du cœur est efficace en 15 minutes et celle du cerveau en 8 minutes. «Si ces délais sont dépassés, la récupération est presque impossible.»

La requête au ministre Barrette, qui n’aurait pas encore fermé la porte aux demandes du regroupement Tasbi, vise en fait l’équité avec d’autres régions rurales, comme le Saguenay/Lac-Saint-Jean. «Les citoyens d’ici ont droit à des services d’urgences adéquats. C’est pourquoi nous demandons une couverture adéquate pour nos citoyens. Nous avons à bord de nos ambulances tous les équipements nécessaires pour donner un service optimal, mais qui nous demandent de partir immédiatement à la suite de l’appel», termine M. Jacques.

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