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Le Centre Cérès en mode survie
Le Centre CÉRÈS de Saint-Ludger est en mode survie depuis un bon moment. Sa mission; offrir des services de thérapie et de réinsertion en venant en aide aux personnes souffrant de dépendances à l’alcool, aux drogues, aux médicaments et aux jeux. L’organisme ne reçoit aucune subvention de fonctionnement. Les montants alloués par le ministère de la Santé, ou par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sont, totalement, insuffisants et, loin de, combler les besoins.
C’est un cri du cœur lancé par la directrice adjointe, Nathalie Bocquet. D’abord, un bref retour en arrière, le centre a vu le jour en 2009, sous le nom du Centre Caroline Roy. En 2016, à la suite du départ de la fondatrice du centre, des employés décident de poursuivre la mission t de nommer une nouvelle équipe de direction. En 2018, après avoir relevé le défi, rassurer le CIUSSS de l’Estrie, des projets majeurs de rénovations sont entamés et l’équipe décide de changer de nom pour celui de Centre Cérès. Aujourd’hui, le centre fonctionne sous la forme d’une coopérative de travailleurs permettant, à l’occasion, d’aller chercher quelques subventions ponctuelles, mais rien pour garantir un fonctionnement permanent.
Nathalie Bocquet explique, « par exemple, si une personne reçoit des prestations d’aide sociale, c’est l’aide sociale qui paie les frais d’hébergement, tarification déterminée par le ministère et, cette année on reçoit 62$ par jour. Même si ça coûte plus cher, il ne paie pas un sou de plus, donc si le coût d’une journée est de 150$, il s’en tient au montant déjà établi. Même chose du côté du ministère de la Santé, il donne 20$ par jour pour la personne sur l’aide sociale. En fait, on est très loin du montant réel. C’est bien peu pour loger, nourrir, offrir une thérapie de 35 heures par semaine, une surveillance 24h sur 24, 7 jours sur 7, avec çà, on ne peut pas arriver. »
Puis, elle précise, « C’est pire avec l’inflation des dernières années qui, de loin, augmente plus vite que nos coûts. Ça fait qu’il y a un manque à gagner énorme, on a fonctionné avec ce que l’on avait comme fonds de roulement. On a grugé toutes nos réserves. Même si, 30% de la clientèle débourse de leur poche, il est difficile de mettre tout le fardeau financier sur ces personnes. Une thérapie « standard », dépendamment des programmes, pour ceux ou celles qui viennent pour 12 semaines, ça représente en moyenne 95$ par jour, le séjour peut nécessiter un déboursé d’environ 8000$ ». Sur une période annuelle, le Centre Cérès accueille, en moyenne, 24 résidents.
Sortir la tête de l’eau
Bien que la situation soit difficile, on est loin de se décourager, l’énergie est bien présente pour tenter de se sortir la tête de l’eau. On a mis sur pied, le programme d’aide aux dépendances en entreprise (PADE). Il s’agit d’une formation : « Saisir pour mieux intervenir en contexte de consommation », d’une durée de trois heures, elle vise les gestionnaires, les ressources humaines, les cadres, les chefs d’équipe, syndicat, comité santé et sécurité au travail, etc. Il est même possible d’ajouter une heure à la formation qui offre une possibilité d’animation de défi d’équipe en lien avec la dépendance.
Dans ce nouveau programme PADE, il y a aussi un atelier « De l’usage à la dépendance », s’adressant aux employés ou membres de l’entourage. Le contenu de l’atelier est adapté en fonction du temps alloué par l’entreprise. La première partie de cette activité explique le programme et ses avantages, c’est suivi de la présentation des concepts de base, pour compléter avec la thématique « Mieux comprendre une personne ayant une problématique de consommation ». Dans les prochaines semaines, les entreprises seront contactées pour leur faire connaître le nouveau service avec le programme PADE. Comme le Centre Cérès chevauche sur deux régions, Mégantic et la Beauce, les entreprises seront sollicitées.
Se lancer dans un tel projet sera-t-il suffisant pour permettre d’assurer la survie du centre ? La question se pose. « C’est la porte pour nous sortir la tête de l’eau, affirme Nathalie Bocquet, on l’espère, on est dans la phase de le faire connaître. On veut agir et aller plus loin en amont ».
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