Actualités
Clin d'oeil
Culture
Opinion
Sports
Le mirage de la démocratie représentative
Il existe un phénomène profondément paradoxal dans le système de gouvernance actuel de notre nation. On demande, à chaque quatre ans, aux quelque 8 millions de citoyens de glisser leur bout de papier dans une urne. Cette action, dite démocratique et fortement valorisée, définit l’avenir de notre État et nous enferme dans une délégation permanente sur laquelle les citoyens n’ont que peu de pouvoir.
Permettez-moi de vous offrir une brèche de ma jeune expérience personnelle. Depuis quelques années déjà, je navigue en profondeur dans les dédales du milieu communautaire de ma région. Malgré mon implication diverse, j’ai voulu en faire encore plus pour la communauté : m’impliquer en politique. Ce choix n’a pas été fait pour me mettre en évidence ou pour bénéficier d’avantages spécifiques, bien au contraire. Le but premier était plutôt d’offrir à ceux que je côtoie chaque jour la chance de se faire entendre, l’opportunité de vivre dans une société qui mettrait de l’avant la primauté de l’individu.
Chaque jour, je constate que des injustices sociales, des failles dans nos systèmes ou des indignités politiques se déroulent dans les hautes sphères de la société. Des phénomènes sur lesquels le peuple ne peut pas intervenir. Pire encore, le gouvernement, depuis quelques années, a mis en place des moyens de retirer le faible pouvoir des citoyens en centralisant les vastes systèmes gouvernementaux : les écoles, les hôpitaux, les municipalités ou encore la gestion des ressources naturelles.
Pour ceux l’ayant vécu avant moi, peut-être vous rappelez-vous que ces instances étaient majoritairement gouvernées par des gens d’ici, par des travailleurs, par du monde qui était sur le terrain et non pas par des hauts fonctionnaires aux gros salaires. Et, me direz-vous, quel est le résultat actuel ? Sans doute un sentiment d’abandon, une défiance envers les institutions et certainement une colère qui cherche des exutoires, parfois aux extrêmes.
La centralisation est un puissant outil pour concentrer le pouvoir entre les mains d’une élite restreinte. Quand les grandes décisions économiques se prennent dans quelques ministères, quand les marchés publics sont contrôlés par les mêmes grandes entreprises ou quand les fonctionnaires de haut niveau viennent des mêmes grandes écoles, le cycle se répète : le pouvoir engendre le pouvoir, et le citoyen ordinaire en est automatiquement exclu.
L’idée que le pouvoir doit être exercé près des citoyens n’est pas nouvelle. Elle existe depuis les débuts de la démocratie. Du temps de Périclès, les citoyens faisaient directement des choix sur le modèle de leur cité. À l’inverse de notre époque, ce n’était pas une démocratie de délégation, mais davantage une démocratie de participation. À cet effet, la démocratie ne devrait pas juste se décider dans les bureaux de l’Assemblée nationale. Elle devrait aussi se construire dans les coopératives, dans les organismes communautaires, dans les conseils municipaux ou même dans les budgets que les communautés ou les institutions locales définissent elles-mêmes.
En soi, ce mouvement existe déjà. Il manque seulement une vision d’ensemble, une ambition politique à la hauteur de l’enjeu. C’est à nous, citoyens, militants, élus locaux et personnes engagées, de porter cet enjeu de façon collective.
Loïc Giguère
Citoyen et militant engagé
À lire aussi
-
Culture MusiqueÉmile Bourgault : présence et authenticité
-
Actualités ÉducationHausse des dépenses au CSS des Hauts-Cantons
-
ActualitésNouvelle phase de développement pour l’Accorderie
-
ActualitésUn livre d’histoires, de saveurs, de culture et de mémoire
-
Sports BaseballBaseball mineur: Après l’incertitude, une nouvelle saison pour 2026
0 commentaire
-
Émile Bourgault : présence et authenticité
-
Hausse des dépenses au CSS des Hauts-Cantons
-
Nouvelle phase de développement pour l’Accorderie
-
Un livre d’histoires, de saveurs, de culture et de mémoire
-
Baseball mineur: Après l’incertitude, une nouvelle saison pour 2026
-
Le Sauro nivelle la série contre Daveluyville
-
Les Mousquetaires se démarquent à l’Omnium Barons
-
Le mirage de la démocratie représentative
17 mars 2026
-
Le Gouvernement du Québec doit annuler les tarifs abusifs imposés aux journaux et aux magazines imprimés
18 février 2026
-
Lettre dépitée à mon député
12 février 2026
Pour réagir, Connectez vous

{text}