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Des érables de Saint-Romain sous la loupe
Élise Bouchard a choisi une plantation à Saint-Romain pour son projet de recherche sur les mouvements de sève dans les érables à sucre. (Photo Charlotte Langlois)
Une plantation de la région de Saint-Romain a servi de « laboratoire » à Élise Bouchard, une doctorante en biologie de l’UQAM s’intéressant aux mouvements de sève dans les érables à sucre. Les 55 arbres composant l’échantillon de l’étudiante ont permis de faire avancer les connaissances en acériculture et à démystifier certains mythes sur l’eau d’érable.
« Trouver ces producteurs-là en Estrie, ça a été une grande chance pour toute mon équipe. Les arbres étaient assez gros pour bien représenter le secteur, mais juste assez petits pour que les producteurs ne les aient pas encore entaillés pour bénéficier de leur sève. On est vraiment arrivé dans la bonne fenêtre d’opportunité pour faire l’étude », se réjouit la chercheuse.
D’où provient l’eau de la coulée ?
La question principale à laquelle Élise Bouchard souhaitait répondre grâce à ses expérimentations à Saint-Romain concernait le mouvement de la sève et la provenance du fameux nectar printanier. Pour réaliser son projet, la doctorante a injecté de l’eau lourde à certains endroits stratégiques des 55 arbres à l’étude afin de détecter l’arrivée de la substance introduite à la sève.
Cette méthode, décrite par l’étudiante comme très sécuritaire et complètement inoffensive pour l’environnement, lui a permis de constater que le liquide sucré ne provient pas de la cime, mais plutôt du tronc puis, ensuite, des racines. « On a eu des résultats très intéressants qui ont montré qu’au début de la saison des sucres, ce qu’on récolte, c’est la "vieille eau" se trouvant dans le tronc depuis la saison précédente. La majorité de la coulée provient toutefois de la fonte de la neige. L’eau d’érable vient alors principalement de l’eau absorbée par les racines », explique l’étudiante.
Dans le cadre de sa recherche sur la plantation de Saint-Romain, la jeune femme a également scruté l’influence de la météo sur la quantité d’eau d’érable produite par l’arbre ainsi que le taux de sucre présent dans la sève.
« Pour avoir un maximum d’eau d’érable, le dégel doit être lent et les températures doivent être modérées. Mais les meilleures conditions pour avoir un bon taux de sucre sont d’obtenir plusieurs périodes de gel froides et courtes. », résume la doctorante.
Des rencontres enrichissantes
Pour présenter les résultats de ses travaux, Élise Bouchard a offert des conférences un peu partout au Québec. La chercheuse indique d’ailleurs que les commentaires des acériculteurs sur son étude à Saint-Romain ont été particulièrement utiles.
« En montrant mes graphiques illustrant l’arrivée de l’eau racinaire, plusieurs producteurs m’ont indiqué que la montée de l’eau du sol semblait correspondre à l’arrivée de la pierre de sucre dans les évaporateurs. »
La doctorante avait prévu se départir de ses échantillons, mais cette information l’a plutôt incitée à les garder afin de vérifier si cette corrélation s’avère juste. « Ça nous ferait faire une pierre deux coups ! Cette étude a abordé la physiologie de la sève, mais elle pourrait aussi permettre d’apporter des éléments d’explication à un phénomène qui dérange les producteurs », s’enthousiasme Mme Bouchard.
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