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« So so so... sauvons l’obstétrique ! »
« So so so… sauvons l’obstétrique ! ». Un slogan scandé lors de la mobilisation citoyenne qui a réuni près de 200 personnes devant le CSSS du Granit le 13 mars dernier. La manifestation pacifique se voulait un cri du cœur en faveur de la réouverture du service d’obstétrique, qui n’est plus en opération depuis huit mois.
« On veut de l’aide du gouvernement pour trouver des solutions. On n’est pas moins importants en région. Tous les Québécois, peu importe leur localisation, ont droit aux services essentiels. On a besoin de soutien du gouvernement. C’est pareil dans les petites régions du Québec qui sont oubliées. C’est une baisse des soins de base, c’est une perte pour notre population et c’est dangereux. Il y a une augmentation de la comorbidité, de la mortalité pour les mères et les bébés qui doivent accoucher à l’extérieur de leur centre rural, parce qu’elles doivent faire plus qu’une heure de route ; c’est démontré. Est-ce qu’on attend qu’il y ait une situation malheureuse ? Aujourd’hui, c’est l’obstétrique. Demain, est-ce que ça va être l’urgence ? Cette situation empêche d’attirer des travailleurs, de faire vivre la région. », martèle la Dre Gauvin.
La réouverture service d’obstétrique est un enjeu vital, renchérit la Dre Florence Michel, médecin de famille et chef du département d’obstétrique. « Comment avoir des gens ici ? Je sais que ça ne se réglera pas la semaine prochaine. Mais il faut aller plus loin, vers les nouveaux arrivants. Accepter des gens qui ont étudié à l’extérieur, provenant d’autres pays francophones. Il faut penser au long terme. L’obstétrique, c’est une petite partie des fermetures qui s’en viennent. L’obstétrique, c’est mon bébé. Il faut réaccoucher. Il faut qu’on aille des petits Méganticois en 2026 ! »
Devoir faire 1 h 30 de route pour accoucher est particulièrement stressant pour les mamans, fait valoir Roxane Bizier-Lacroix, qui a dû faire le trajet jusqu’à Sherbrooke pour donner naissance à son bébé. « On compromet la sécurité des femmes et celle des enfants à naître. J’ai reçu plusieurs témoignages de femmes qui ont accouché à Lac-Mégantic et qui ont adoré leur expérience. Mais celles qui sont sur le point d’accoucher et qui vont devoir aller à Sherbrooke sont énormément inquiètes. C’est quand même quelque chose de prendre la route en contraction et se dire qu’on n’aura pas de soutien pendant 100 km. Pour le retour à la maison aussi c’est inquiétant de faire cette distance avec un nouveau-né. À Lac-Mégantic, on a le personnel médical pour accoucher ; il nous manque des infirmières et on a besoin des moyens du gouvernement pour qu’elles viennent dans la région. »
Si l’opération grande séduction déployée pour attirer des infirmières sur le territoire connaît un certain succès, personne n’a été trouvé pour le service d’obstétrique. Parmi les pistes de solution à explorer, l’implantation d’un service d’accueil et d’orientation à Lac-Mégantic. « Lorsqu’une infirmière veut appliquer dans notre région, elle doit passer par le centre de recrutement de Sherbrooke. Les responsables n’ont aucune idée de ce qu’on fait à Mégantic ; le travail, la vie, l’environnement… Comment bien vendre une région qu’on ne connaît pas ? Les infirmières finissent donc par rester à Sherbrooke et pensent que Lac-Mégantic est hostile, alors que c’est magnifique ; c’est un lac entouré de montagnes ! », partage la Dre Gauvin.
« Toutes les infirmières de l’hôpital donnent leur maximum, leur 100 %. Elles donnent des soins exemplaires, mais là, elles sont à bout de bras. C’est maintenant au gouvernement de nous donner plus de ressources pour la santé des femmes et des bébés de notre région », considère la Dre Gauvin, qui souhaite que le recours aux agences de placement soit permis en région et que le recrutement à l’étranger se poursuive.
Parmi les manifestants du vendredi 13 mars, le Dr Jeff Wackett, chirurgien généraliste au CSSS du Granit, arborant une pancarte avec le chiffre 4. « Lac-Mégantic représente 4 % de l’Estrie. L’an dernier, en Estrie, 450 infirmières ont obtenu leur diplôme, mais aucune n’a été embauchée ici. Si 4 % des infirmières diplômées devaient obligatoirement être engagées à Lac-Mégantic, notre problème serait réglé. »
La centralisation pointée du doigt
Dans la foule, Pierre Latulippe, ancien directeur général du CSSS du Granit, tenait à être présent à l’événement. « Je suis très déçu de voir l’évolution du réseau de la santé en général et par ce qui se passe à Mégantic en obstétrique. On le vit aussi dans d’autres secteurs, comme les cliniques externes, qui ont diminué de plus de 70 % depuis 10 ans. Environ 150 personnes par semaine doivent aller à l’extérieur. L’impact sur les services, sur les fuites commerciales et tout ça, en entendez-vous parler ? Avez-vous connaissance que le CIUSSS, que Santé Québec travaille là-dessus ? Non ! », partage-t-il, pointant du doigt la centralisation des services. « Selon moi, un leadership local devrait être remis en place. Pas nécessairement comme c’était avant, mais on devrait pouvoir s’occuper de nos affaires, par exemple en ce qui a trait au recrutement. Chose certaine, une grande réflexion devrait être faite. »
Pétition en ligne
La pétition « Pour le maintien durable du service d’obstétrique du CSSS du Granit « a également a été mise en ligne, via la plateforme change.org. Au moment d’aller sous presse près de 2000 signatures étaient recueillies.
« C’est très inquiétant. Les femmes doivent se sentir en sécurité au moment d’accoucher et non devoir penser à parcourir de plusieurs dizaines de kilomètres durant ces moments cruciaux. Il est primordial que Santé Québec remédie à la situation le plus rapidement possible. C’est rendu un enjeu national qui mérite une approche globale de gestion et de répartition des ressources. Nous devons arriver avec de meilleures pratiques. Un gouvernement du Parti Québécois fera des services d’obstétrique une priorité », affirme Joël Arseneau.
Entre autres avancées mentionnées, l’embauche de sept infirmières pour le territoire du Granit. « Aucune ne souhaite toutefois être orientée vers le département d’obstétrique. Pour rouvrir la maternité de façon sécuritaire, il est donc toujours nécessaire de recruter cinq à six infirmières formées et expérimentées, afin d’assurer un service en continu, jour et nuit. En parallèle, des représentants du CIUSSS de l’Estrie-CHUS vont à la rencontre des finissantes et finissants en soins infirmiers afin de faire connaître le milieu du Granit. Des démarches sont aussi en cours avec le cégep pour relancer, à moyen et long terme, une cohorte locale en soins infirmiers », est-il indiqué.
Quant à la possibilité de rediriger le recrutement à partir de Lac-Mégantic plutôt que Sherbrooke, le CIUSSSE répond que le processus d’embauche ne requiert aucun déplacement. « Toutes les étapes se font à distance. La première présence sur place a lieu lors de la journée d’accueil dans l’unité de soins. » Des informations circulent à l’effet qu’une candidate souhaitant travailler au CSSS du Granit aurait plutôt été encouragée à postuler à Magog plutôt qu’à Lac-Mégantic, sous prétexte que le travail y était plus intéressant, mais il n’a pas été possible de valider ce cas précis. « Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons commenter les situations individuelles liées à des candidatures ou à des employés. Nous pouvons toutefois assurer que les équipes de recrutement ne découragent en aucun cas les candidatures pour le Granit. Les orientations proposées tiennent compte à la fois des besoins de l’organisation et des préférences exprimées par les candidates et candidats. »
Enfin, la direction générale du CIUSSSE ne ferait face à aucune pression externe pour fermer le service d’obstétrique du CSSS du Granit. « La réouverture se fera dès que les conditions essentielles seront réunies : la sécurité des usagères, la qualité des soins et la santé du personnel. Toutes les actions en cours vont dans ce sens. »
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