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Pierre Poulin signe deux nouveaux ouvrages historiques
Après avoir retracé l’histoire de Lac-Drolet, de Saint-Ludger, de Saint-Sébastien et de Lac-Mégantic, Pierre Poulin s’est plongé dans le passé de Saint-Augustin-de-Woburn, offrant deux tomes à la postérité. Le lancement des livres aura lieu le 29 août prochain, à 13 h, à la salle municipale de Woburn.
Village par village, le passionné d’histoire plonge dans les archives des journaux de l’époque pour retracer des parcelles du passé, qu’il assemble chronologiquement. Une page à la fois, l’histoire d’un coin de pays prend ainsi forme.
« Je n’invente rien ! Je prends simplement ce qu’il y a dans les journaux », indique humblement M. Poulin, en passant sous silence l’imposant travail de recherche qu’exige chaque tome.
« Le tome 1 et les suivants sont et seront un véritable trésor pour qui aura à faire des recherches sur un élément X ou Y de notre histoire. Il saura par où commencer, car M. Pierre Poulin aura été son GPS », avait écrit Paul Dostie à l’égard de l’œuvre de M. Poulin, tout juste après la parution de ses deux livres sur Lac-Mégantic.
Lorsque l’auteur s’affaire à la tâche, il lui arrive d’ailleurs souvent de découvrir des informations qui semblaient complètement tombées dans l’oubli. Ces livres permettent donc à la population de reprendre contact avec des pans de son histoire.
« À Lambton, par exemple, il y a eu une grosse histoire avec une chapelle vers l’année 1860. On en fait rapidement mention dans le livre du centenaire, mais moi, j’ai trois pages là-dessus dans mon livre », illustre-t-il.
Faisant le tout par pure passion, Pierre Poulin caresse le rêve que ses bouquins soient accessibles à tous et que les professeurs les utilisent pour partager le récit des villages de la région aux jeunes citoyens en devenir.
Un défi supplémentaire
Seul à retracer l’histoire des municipalités de la MRC du Granit et sans doute l’un des seuls — si ce n’est l’unique personne — au Québec à utiliser cette méthodologie de recherche, Pierre Poulin doit lui-même paver sa voie.Celui-ci doit toutefois faire face à un défi supplémentaire. Atteint d’une importante maladie oculaire chronique, M. Poulin vit avec une déficience visuelle majeure depuis 1997. Il a d’ailleurs totalement perdu la vue pendant près d’un an en 2005. Après cet épisode, les spécialistes avaient prédit qu’il perdrait l’usage complet de la vue d’ici cinq ans.
Encore à ce jour, même s’il ne lui reste qu’un œil fonctionnel, Pierre Poulin est toujours en mesure de vivre sa passion et d’écrire l’histoire des municipalités de sa région. La spécialiste qui le suit à Montréal se montre d’ailleurs plus optimiste que ne l’ont été ses confrères par le passé.
« Lors de mon dernier rendez-vous à Montréal, elle m’a dit : "Pierre, je sais que tu écris des livres. On va s’organiser pour que tu puisses les lire." », partage-t-il.
Malgré l’amélioration du pronostic, celui qui retrace le passé doit toutefois utiliser des outils adaptés pour travailler. Pour ses recherches, il effectue par exemple la majorité de son travail sur l’écran de son cellulaire, car il est plus étroit qu’un écran d’ordinateur. M. Poulin peut ainsi placer le téléphone au bon endroit pour que le texte entre dans son champ visuel.
Le septuagénaire utilise également une télévisionneuse qui agit comme une loupe et lui permet de grossir le texte à sa guise sur son écran d’ordinateur. Cet outil peut aussi inverser les couleurs du texte, lui permettant de lire en blanc sur noir, ce qui offre à son œil un contraste plus facile à déceler.
Les bibliothèques n’étant pas dotées de télévisionneuses, celles-ci ne permettent pas à M. Poulin d’y effectuer son travail de fond. Il doit donc parfois réaliser des étapes supplémentaires pour pouvoir accéder aux écrits des archives directement depuis chez lui.
Mentionnons à cet effet que M. Poulin a donné un précieux coup de main à L’Écho de Frontenac, qui désirait — depuis un bon moment déjà — numériser ses archives et les rendre accessibles à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
En effet, les demandes qu’il a formulées auprès de la BAnQ ont permis au dossier de numérisation de passer à la vitesse supérieure. Voilà donc un second cadeau que cet homme offre aux générations futures, facilitant grandement leur devoir de mémoire.
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