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La liberté vue par Sonia Lapointe
Sonia Lapointe vient de publier son deuxième livre solo. (Photo Claudia Collard)
D’une plume invisible à une femme libre. Titre du livre signé Sonia Lapointe. Un carnet de vie assorti de fragments de poésie, d’écriture intime, où les états d’âme occupent une place de choix. Un cadeau qu’elle s’offre pour ses 50 ans, osant l’authenticité et incitant les lecteurs à en faire autant.
C’est un poème retrouvé dans une boîte de déménagement qui a fait naître son élan. « Au secondaire, j’étais invisible. Entre le mur et la peinture. Personne ne se souvient de moi. Je ne voulais pas être vue parce que j’avais un problème de langage ; je bégayais. Mais j’écrivais énormément », raconte celle qui a été particulièrement inspirée par Paul Dostie, son professeur de français de secondaire 4. « Il y avait de la poésie au programme et des ateliers auxquels j’ai participé. Ça m’a beaucoup aidé à cesser de bégayer. Durant un spectacle j’ai même lu un poème devant tout le monde. C’est celui-là que j’ai retrouvé. »
Forte de ce premier filon, Sonia a choisi de transcrire ses poèmes créés tout au long de son parcours secondaire, puis de répondre à l’adolescente qu’elle était avec le regard de l’adulte qu’elle est devenue. Des extraits de journaux intimes, rédigés à la même époque, servent aussi de toile de fond aux réflexions qui ont contribué à son évolution. À cela s’ajoutent plusieurs courts textes, tous écrits dans la dernière année, en fonction de l’émotion du moment. « Oui, c’est plus facile d’écrire quand ça va mal, quand on est bouleversé. Mais j’ai réalisé que même un événement positif est chargé en émotions. Notre inconscient ne vit pas juste avec ce qui se passe aujourd’hui ; il tient compte de tout ce qu’on a vécu. À la fin du livre, mes textes sont plus lumineux. Je les ai séparés en quatre sections : » Me taire « , » Me dire « , » Me choisir « et » M’aimer « . C’est le cheminement des 50 premières années de ma vie. »
Sonia confie avoir appris à questionner ses choix plutôt qu’agir en fonction des autres ou répondre aux standards de performance qu’impose la société. Des choix conscients qui font d’elle une femme libre aujourd’hui. « Devenir libre, ça ne signifie pas qu’on était emprisonné physiquement. Souvent, on pose nous-mêmes les barreaux de notre prison. La vraie liberté, c’est être authentique, demeurer la même personne, que tu sois seule ou avec plein de monde. Avant, je cherchais à être visible dans le regard des autres. Heureusement, la vie est le meilleur des enseignants. Je dis souvent que l’univers n’est jamais mêlé. Lorsqu’on me dit que j’ai changé, je réponds que non, que je suis moi-même plus que jamais. J’ai enlevé des morceaux d’armure et je me suis trouvée. J’espère que mon livre en aidera d’autres à se trouver. »
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