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Réveil brutal aux États-Unis
Le Dakota-du-Nord prévoit augmenter de 30% sa production de pétrole de schiste en 2014. En attendant les pipelines, le nombre de convois dirigés vers les principaux extérieurs, dont la raffinerie d’Irving, à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, est appelé à croître d’autant, lui aussi. (Courtoisie Marvin Baker-Kenmare News)
La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic avait déjà causé une onde de choc aux États-Unis, mais l’explosion, le 30 décembre, d’une partie d’un convoi de pétrole lourd près de Casselton, au Dakota-du-Nord, a déclenché une vague d’inquiétude dans les petites communautés bordant les voies ferrées où circule le même pétrole de schiste qui a ravagé une partie du centre-ville de Lac-Mégantic, tuant 47 personnes et provoquant des dommages aux bâtiments et à l’environnement évalués à plusieurs centaines de millions de dollars.
«Ces trains circulent à travers plusieurs villes du Dakota-du-Nord et je ne veux pas me réveiller et lire qu’un tel accident s’est produit dans une autre communauté», a réagi le maire de Casselton, Edwin McConnell, à l’hebdomadaire Kenmare News. Ses 2400 citoyens ont tous été évacués en raison du panache de fumée toxique qui s’est échappé des wagons citernes en flamme, après les explosions.
Un terrible désastre, reconnaissent les maires de la région, encore plus sensibles depuis ce jour au risque élevé que courent les communautés traversées par ces convois, en route vers les marchés de l’ouest américain et de l’est canadien. Si le même déraillement était survenu moins de deux kilomètres plus à l’est, à Cass County, les dommages auraient pu être encore plus élevés qu’à Lac-Mégantic, estime le maire McConnell.
Dans cet état américain, riche en pétrole de schiste, les populations ignoraient jusqu’à ce jour du 30 décembre le danger d’explosion lié au mélange de produits chimiques, hautement toxiques, circulant en plein cœur des zones habitées, le long des principales lignes de chemin de fer.
L’éditeur du Kenmare News, Marvin Baker, a confié à l’Écho qu’en 35 ans de carrière militaire, jamais il n’avait vu des explosions d’une telle intensité que les images de Casselton, rapportées par les chaînes de télé. Les mêmes que celles qui ont éclairé le ciel de Lac-Mégantic une certaine nuit de juillet 2013.
Dans les semaines précédant l’accident du 30 décembre, qui n’a pas fait de victime, Marvin Baker avait tenté de pousser la sonnette d’alarme sur la dangerosité du pétrole transporté par rail, mais les autorités s’étaient montrées rassurantes. «Quelqu’un aurait avantage à penser sécurité et la façon de prévenir de tels accidents plutôt que d’essayer de discréditer un reportage de journal qui démontre le risque que de tels trains représentent. Quelque chose doit changer et maintenant!»
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