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Établie ici depuis 9 ans, la famille devra quitter le pays en septembre

Établie ici depuis 9 ans, la famille devra quitter le pays en septembre - Claudia Collard : Actualités

À la Une: Romain Desglands et sa conjointe Nadia entourant leurs deux enfants, Milo (1 ans) et Nora (4 ans). (Photo Courtoisie Romain Desglands)

En 2017, Romain et sa conjointe Nadia quittaient leur France natale pour mener leur vie ailleurs, dans un lieu plus en conformité avec leurs valeurs. Aujourd’hui établi à Val-Racine, le couple, qui a maintenant deux jeunes enfants, multiplie les démarches dans l’espoir d’obtenir sa résidence permanente. En vain. À moins d’un revirement inattendu, la famille devra quitter le pays en septembre prochain.


En entrevue avec l’Écho, Romain Desglands livre un récit pour le moins rocambolesque des efforts déployés afin de demeurer ici, où il possède sa propre entreprise en plus d’occuper un emploi, sa conjointe étant également sur le marché du travail. Citoyens de Val-Racine depuis 2021, ils sont locataires d’une maison et ont fait l’achat d’un terrain dans cette municipalité dans l’objectif d’y construire leur chez-soi. Sans compter leur implication au sein de la communauté.

Le couple est arrivé au Québec avec un permis voyage-travail (PVT). Faute d’avoir accumulé suffisamment de temps de travail, ils ont pensé voyager, puis refaire une demande à distance. Mais la pandémie en a décidé autrement…  « Donc, nous sommes restés en statut visiteur ici pendant trois ans et demi, ce qui était possible au temps de la Covid parce qu’on ne pouvait pas sortir du pays », explique Romain.

Installés à Montréal au départ, Romain et Nadia y ont tous deux occupé un emploi comme designers, forts d’un diplôme d’études supérieures à Paris, l’équivalent d’une maîtrise universitaire. « On reproduisait notre vie parisienne. Ce n’était pas le changement qu’on souhaitait. » D’où leur arrivée dans la MRC du Granit en 2018, où ils ont trouvé un milieu d’accueil chaleureux. « Pendant la pandémie, on a brûlé toutes les économies qu’on avait amassées pendant 10 ans en France. Heureusement, la communauté nous a beaucoup aidés, des logements nous ont été prêtés… On a eu beaucoup de chance. »

Le but étant toujours de demeurer ici, Romain est retourné aux études au terme de la pandémie. En foresterie, un secteur très demandé à l’époque, ce qui en principe lui aurait permis de gagner des points en vertu du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).  Sauf qu’avec les tarifs du président Trump, la donne a changé. Et l’abandon du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), a entraîné un transfert des dossiers vers le PSTQ. Résultat : « Les travailleurs de la santé, ceux qui travaillent dans les mines ont priorité. Il nous faudrait obtenir entre 750 et 800 points et nous sommes en bas de 600. »

Pour gagner quelques points, lui et sa conjointe ont déjà dépensé des centaines de dollars en tests de français et d’anglais. Et comme si ce n’était pas assez, « à partir de 40 ans, on perd des points. J’ai 39 ans et mon épouse aura 40 ans dans deux mois. »

Essoufflant juste à l’entendre, ce véritable parcours du combattant demande une bonne dose de résilience. « Depuis 2019, on vit dans l’incertitude constante. C’est notre réalité quotidienne, mais on ne veut pas transmettre ça aux enfants. Mon épouse et moi sommes ensemble depuis 20 ans, ça aide énormément. On se connaît par cœur; du point de vue santé mentale et psychologique, nous sommes très solides. Mais on ne peut pas tenir des années comme ça. À un moment donné, on est des humains. »

Appui du milieu

En plus du conseil des maires de la MRC du Granit, Romain a interpellé le député provincial François Jacques en plus du député fédéral, Luc Berthold, sachant toutefois que ce dossier n’est pas de son ressort. S’il admet recevoir l’appui du milieu, aucune solution n’est trouvée à l’heure actuelle. « En frais d’avocat et autres démarches, on a dépensé près de 10 000$. C’est un miracle qu’on attend. »

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