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Sur le ring d’une lutte identitaire

Sur le ring d’une lutte identitaire - Claudia Collard : Culture Théâtre

Au centre Stéphane E. Roy, entouré des comédiens Martin Larocque (Père Francoeur) et Amélie Grenier (Marie-Ange Laflamme). (Photo Claudia Collard)

Religion et lutte, même combat. La communion entre ces deux réalités, qui ont cohabité durant des décennies, vue comme le reflet d’un portrait identitaire de la société québécoise. Récit fascinant celui théâtre documentaire ­Si ­Dieu le veut, présenté le soir du 7 mai à la ­Salle ­Montignac.


L’œuvre, dont le titre s’inspire de la célèbre phrase d’Édouard ­Carpentier (À la semaine prochaine… ­Si ­Dieu le veut), est le fruit de recherches du comédien ­Stéphane E. Roy, qui brise le quatrième mur pour partager avec l’auditoire un paradoxe d’une autre époque. Comment sa ­grand-mère ­Marie-Ange, (hilarante ­Amélie ­Grenier), si pieuse, pouvait se transformer en spectatrice aux propos blasphématoires et violents devant un match de lutte à la télé ?

À travers l’histoire de la lutte et de ses figures mémorables (Édouard ­Carpentier, ­Mad ­Dog ­Vachon, les frères ­Rougeau, ­Little ­Beaver, ­Abdullah ­The ­Butcher…), ­Stéphane E. Roy greffera le discours religieux du ­Père ­Francoeur (imbattable ­Martin ­Larocque). Aux nombreuses anecdotes et références historiques s’ajoute en toile de fond la foi, celle qui incite à croire en l’invisible… comme à la véracité du spectacle pourtant arrangé qu’est la lutte. Et ici, on ne parle pas de la version ­gréco-romaine présentée aux ­Olympiques…

Stéphane E. Roy voit aussi cet engouement pour la lutte comme une soupape à la soumission de la société québécoise d’antan, une occasion de révolte face à sa propre impuissance. Le début aussi de l’émancipation d’un peuple depuis trop longtemps à genoux.

Le travail en profondeur qui a mené à la réalisation de ce théâtre documentaire reconstitue rigoureusement cette mentalité d’une autre époque, tout en offrant un vent de légèreté aux spectateurs, un joyeux moment de divertissement, comparable à la frénésie se dégageant des matchs de lutte d’antan.

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