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La Cour suprême clôt le dossier
Le Canadien Pacifique est exonéré de toute responsabilité dans la tragédie ferroviaire de juillet 2013. (Photo archives - Claudia Collard)
La Cour suprême a refusé d’entendre la cause pour laquelle la compagnie ferroviaire Canadien Pacifique faisait l’objet d’une poursuite judiciaire pour son rôle dans la tragédie qui a fait 47 morts le 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic. Plusieurs intervenants étaient à l’origine de cette poursuite dont le Procureur général du Québec, les victimes de la tragédie et leurs familles. Ainsi, le Canadien Pacifique se voit libéré de toute responsabilité dans cette catastrophe. Le plus haut tribunal n’a pas donné de raisons pour justifier son refus d’entendre la cause.
Le train était opéré par la compagnie Montreal, Maine & Atlantic (MMA) qui s’était mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies au Canada. Un total de 24 entreprises a contribué — sauf le Canadien Pacifique — à un fonds d’indemnisation de 460 millions de dollars, mis sur pied au bénéfice des créanciers de la MMA, des victimes et de leurs familles. World Fuel Services et la pétrolière Irving y ont consacré plus de 200 millions de dollars et Ottawa y avait participé à hauteur de 75 millions.
Les plaignants ont fait valoir que le CP, qui était l’expéditeur du pétrole, avait omis d’aviser la MMA que le pétrole transporté était mal identifié et qu’il ne s’agissait pas de pétrole brut inerte et ininflammable, mais d’un produit hautement volatil et explosif. Toujours selon les plaignants, si la MMA avait su que le train transportait des matières aussi dangereuses, il aurait été possible pour les opérateurs d’agir avec davantage de prudence. Les sommes réclamées par Québec, les compagnies d’assurances et les victimes dépassaient largement les 460 millions récoltés par le fonds.
De surcroît, le Canadien Pacifique a obtenu par deux fois gain de cause, d’abord en Cour supérieure, puis devant la Cour d’appel. Les tribunaux avaient déterminé que la MMA et le conducteur Thomas Harding étaient les seuls responsables et que le comportement du CP en matière d’étiquetage, même s’il était fautif, n’était pas la cause directe des dommages subis par les victimes. Ainsi, la Cour suprême a confirmé ces deux verdicts.
Il a été établi que la cause de l’accident était attribuable à Thomas Harding, qui n’avait pas serré suffisamment de freins à main pour s’assurer que le convoi demeure immobile. Harding et deux autres employés de la MMA, Richard Labrie et Jean Demaître, avaient été acquittés d’accusations de négligence criminelle. Un peu plus tard, Thomas Harding a été condamné à six mois de prison à purger dans la communauté après avoir reconnu sa culpabilité, lors d’un procès pénal, à des accusations liées à la Loi sur la sécurité ferroviaire pour avoir omis de vérifier la résistance au déplacement. Dans cette procédure pénale, la MMA avait été condamnée à payer l’amende maximale de 1 million de dollars et cinq dirigeants de l’entreprise, dont Jean Demaître, avaient été condamnés à payer une amende de 50 000 $ chacun pour des violations à la Loi sur la sécurité ferroviaire après avoir plaidé coupables. Pour sa part, Richard Labrie avait été acquitté dans ce cas également.
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