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Sur le chantier de la zone jaune
Photo Pierre Lebeau
Mercredi 14 juillet. Un mois presque jour pour jour après ma première visite aux frontières de la zone rouge. Depuis, le centre-ville est totalement passé au jaune et devenu sous la responsabilité des autorités municipales. Visite d’un lieu à la fois pareil et différent d’avant.
Une fois l’accréditation temporaire obtenue sur le site du Centre sportif, direction stationnement de l’hôtel de ville. Ça me fait vraiment bizarre de circuler ici. Retour en arrière quelques nanosecondes... Puis le Métro vide me ramène à la réalité. Il y a tellement d’habitudes quasi quotidiennes dont on est désormais amputé.
Fred Durand sera notre guide pour l’heure de visite. Cet employé de la Ville est aussi pompier. Un de ceux qui étaient sur place dès le début de la nuit d’enfer du 6 juillet. Un des héros grâce à qui le centre-ville n’a pas brûlé dans son entier. Peu importe leur âge et leur richesse architecturale, ces bâtiments encore debout ont une valeur patrimoniale, symbolique du moins. Lesquels devront quand même être jetés à terre? On voit bien que Le Frontenac et le Bureau de poste sont sévèrement atteints.
Alors que le petit groupe de journalistes locaux entame sa marche sur la rue Frontenac, Fred pointe en direction de l’église le mur de feu qui séparait le lieu de culte du périmètre aujourd’hui dévasté. Il relate la chaleur trop intense qui régnait ici pour permettre toute intervention, alors que quelques mètres plus loin, dans le vieux garage municipal, la température était très tolérable. Étrange mais vrai, le recouvrement du mur latéral a fondu sur une moitié, l’autre étant restée intacte.
On dirait qu’il y a des lustres que des fouilles policières se déroulaient ici. Disparu l’amoncellement de wagons mortels. Les vestiges des bâtiments dévastés sont empilés, classés en petites montagnes de béton, de bois, de métal. Ces matériaux seront décontaminés avant qu’on les sorte du site. La méthode qui sera utilisée n’est pas encore choisie. Faut dire que la caractérisation des sols n’est pas complétée.
À l’extrême nord du périmètre, les lieux sont devenus un vaste chantier. Tous peuvent désormais voir l’allure actuelle du défunt centre-ville à travers la clôture métallique. J’entends souvent dire qu’on ne voit rien. Vrai qu’à part les tranchées creusées pour recueillir le pétrole de surface qui forment de petits ruisseaux, la «piscine» formée par le solage du Dollarama rempli d’eau et les piles de matériaux mentionnés plus haut, pas grand chose à voir. C’est lorsqu’on songe à toutes ces pertes, à ce qui était, à ceux qui étaient, que la scène est pénible.
Fort probable que ces terrains coûteraient trop cher en décontamination pour permettre de nouvelles constructions. Alors j’essaie d’imaginer ce qui sera, ce qui pourrait être. Un immense parc tout vert qui s’étendrait jusqu’au lac. J’essaie d’imaginer un centre-ville qui ne serait plus jamais traversé par une voie ferrée. Pour tous ceux qui restent et parce que les disparus méritent qu’on honore leur mémoire.
Un mois plus tôt, c’était l’explosion par en dedans. Aujourd’hui, la réalité me frappe en plein visage et laisse de moins en moins de place au déni. C’était tout même un refuge confortable ce déni. Beaucoup plus difficile aujourd’hui de composer avec la frustration engendrée par les nombreuses conséquences de cette destruction. Pas toujours évident la patience et la compréhension. Mais bon.
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