Le défi du rétablissement: transformer la morosité en espoir

Le défi du rétablissement:  transformer la morosité en espoir - Claudia Collard : Actualités

La reconstruction du centre-ville fait partie du rétablissement de la communauté. Mais d’autres pistes d’action peuvent être mises de l’avant plus rapidement pour contrer la morosité ambiante.

Bien qu’elle fasse partie du processus de rétablissement, la morosité perceptible chez de nombreux Mégancois mérite qu’on s’y attarde. La rencontre de réflexion faisant suite à l’étude de santé populationnelle menée par la direction de santé publique (DSP) de l’Estrie a permis de dégager des leviers pouvant contribuer à améliorer cette situation. «Nous allons maintenant nous pencher sur la meilleure façon de bâtir un plan d’action inclusif, afin de rejoindre l’ensemble de la population», communique Monique Lenoir.

La directrice générale de la Corporation de développement communautaire (CDC) du Granit prenait part à la rencontre du 18 mars, réunissant une cinquantaine de personnes issues de diverses sphères d’activités. Une journée de réflexion riche en échanges, donnant lieu à l’élaboration de piste de solutions communes.

L’activité réunissait des intervenants issus des secteurs communautaire, municipal, scolaire, culturel et économique, en plus de représentants du CSSS du Granit et de la DSP et de citoyens dans la sécurité ferroviaire. «Nous étions répartis en sous-groupes hétérogènes et, malgré que nous provenions de différentes sphères, des pistes d’actions communes à toutes les tables se sont dégagées», transmet la directrice de la CDC, entité qui pilotera, avec la DSP de l’Estrie, un comité chargé de définir un plan d’action en faveur du rétablissement.

Parmi les grands constats, l’importance d’un soutien psychosocial sur le terrain. «On s’est aperçu que les gens osent moins aller consulter, se disent qu’après tout ce temps ils devraient s’être pris en mains... L’idée serait de créer un espace de rencontre qui permettrait d’échanger de manière informelle. Certains ont simplement besoin de parler et ne veulent pas nécessairement qu’on leur ouvre un dossier», expose Mme Lenoir.

La rencontre du 18 mars a été initiée par la directrice de la DSP Estrie, la Dre Melissa Généreux. «Son objectif était de nous porter assistance. Elle a senti à travers les résultats de l’enquête que la tragédie n’était pas derrière nous. Qu’elle était encore là même pour les gens plus en action. Un des problèmes, c’est qu’on vit encore avec des traces du sinistre.»

Si, vue de l’extérieur, la morosité de certains citoyens peut paraître exagérée, le phénomène actuel est tout à fait normal, fait valoir Monique Lenoir, à la lumière d’informations transmises par la chercheure Danielle Maltais, experte en rétablissement des communautés. «Lors de la rencontre, Mme Maltais nous a démontré que notre situation n’est pas unique et que notre cheminement est normal. Entre deux et trois ans après une catastrophe, il y a ce phénomène d’épuisement et d’essoufflement, de morosité ambiante. Ce qui est naturel et nécessaire, comme tout processus de deuil. Au début on est sur l’adrénaline, dans l’action, parce qu’on veut survivre. On ne pense pas à nous. Au bout de deux ans, on est fatigué et on s’arrête. Quand on s’arrête on commence à réfléchir. C’est là qu’on peut se laisser entraîner dans une morosité ambiante, parce que les choses ne vont pas toujours aussi vite qu’on le souhaiterait. Bien sûr, tous ne sont pas à la même place. Pour certains, la vision idéale serait un centre-ville entièrement reconstruit. Pour d’autres, le processus de rétablissement est déjà terminé.»

En plus d’offrir une aide psychosociale sur le terrain, il importe de mettre de l’avant les actions positives du milieu, ont conclu les intervenants de la rencontre. «Depuis la tragédie, il s’est fait énormément de choses dans le sens du positif. Comme certaines sont moins mirobolantes, les personnes qui les mettent de l’avant croient que ce n’est pas la peine d’en parler… Au contraire, il importe de les diffuser plus largement, de trouver un «support de la bonne nouvelle» pour toutes ces actions qui sont porteuses d’avenir et d’espoir, afin de contrer la morosité ambiante.»

Un défi de taille immense que celui du rétablissement. Immense mais surmontable, croit fermement Monique Lenoir qui cite à cet effet la psychologue Danie Beaulieu, de passage ici à la suite de la tragédie. «Elle dit qu’il n’y pas de plus grande fierté que d’avoir surmonté un très grand défi. Nous sommes rendus là. On a devant nous une grosse montagne et il faut se donner les moyens de la gravir.»

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