Denis Roy: «innocenté mais le mal est fait!»

Denis Roy:  «innocenté mais le mal est fait!» - Rémi Tremblay : Actualités

Denis Roy, à sa sortie du palais de justice.

Le 4 avril, au palais de justice de Lac-Mégantic, la juge Danielle Côté de la Cour du Québec a acquitté Denis Roy de l’accusation d’agression sexuelle qui pesait sur lui. «Après un examen minutieux de tous les éléments de preuve, le Tribunal est incapable de décider qui croire et conclut que la Couronne ne s’est pas déchargée de son fardeau de preuve. Vous êtes acquitté», a prononcé la juge.

Dans le prononcé de son jugement qui a duré une quinzaine de minutes, la juge Côté a rappelé les grandes lignes des témoignages tant celui de la victime, qu’on ne peut identifier en vertu d’une ordonnance du Tribunal, et qui avait 20 ans lors des faits reprochés en janvier 2018, que celui de la défense, répétant à quelques reprises qu’elle était incapable de trancher entre la version de l’un et celle de l’autre. Des versions contradictoires, mais «plausibles autant du plaignant que du défenseur», et teintes l’une comme l’autre d’un manque de transparence. «Un procès criminel n’est pas un concours de crédibilité», a insisté la juge Côté.

La notion d’abus de confiance de la part du défendeur, qui allait avoir bientôt 68 ans, face au plaignant, qui venait d’avoir 20 ans, n’a pas été retenue. «Rien dans la preuve ne permet de conclure que l’accusé était en situation d’abus de confiance, car il semble que ce soit plutôt le défendeur qui soit en lien de dépendance face (au plaignant)».

La juge Côté posait la question au début du jugement qui comporte 11 pages: «Le 26 janvier 2018, le défendeur a-t-il agressé sexuellement (le plaignant) ou, comme il le prétend, s’agit-il d’une relation entre adultes consentants?»

L’événement reproché à Denis Roy s’est déroulé dans sa résidence. Les versions diffèrent à savoir si les actes de nature sexuelle ont été posés dans la chambre à coucher du défendeur, comme le plaignant le prétend, ou sur le divan du salon, selon la version du défendeur. Deux versions contradictoires également sur la nature des gestes posés.

«En principe, énonce le magistrat, confronté à deux versions contradictoires, le Tribunal doit, dans un premier temps, se demander s’il croit la version de l’accusé. Une réponse négative à cette question amène le Tribunal à s’interroger si cette version, même non crue, suscite un doute raisonnable dans son esprit lorsqu’analysée eu égard à l’ensemble de la preuve.»

À la lecture des échanges sur Messenger, en 2017 et dans les premiers mois de 2018, la juge en est arrivée à la conclusion que le défendeur était en amour avec le plaignant.

Denis Roy peut désormais tourner la page. «L’épreuve la plus difficile de ma vie vient de se terminer, livrera-t-il à l’Écho, quelques jours plus tard. Se faire accuser d’une chose que je n’aurais jamais imaginée m’a fait beaucoup de mal, de même qu’à mon entourage.» Un énorme soulagement, confie-t-il, mais rien pour effacer les fortes répercussions sur sa vie personnelle depuis la mise en accusation, le 18 juin 2018. «Les gens me regardent drôlement, j’ai perdu des amis, j’ai été rejeté du Club Lions dont j’étais membre depuis 35 ans, des 5 à 7, j’ai perdu un contrat dans une entreprise locale et j’ai dû légalement me battre pour éviter une procédure d’expulsion du conseil municipal. Tout cela parce que j’ai voulu aider un être qui ne savait pas comment avouer publiquement son homosexualité et la faire accepter par son entourage immédiat.»

Quelque chose de positif dans tout cela ? «C’est là que j’ai vu où sont mes vrais amis, ceux et celles qui m’ont aidé à passer au travers.» Sa famille, ses voisins de résidence et de chalet, en particulier. Le malaise créé à l’hôtel de ville par les procédures judiciaires, il espère que cette atmosphère est maintenant derrière lui. «Je vais essayer de reprendre les dossiers avec lesquels je suis à l’aise. Et j’assure à mes électeurs que je continuerai à vous représenter à la table du conseil de ville avec une plus grande énergie encore mais toujours avec la même écoute et la même détermination.»

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