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Plaidoyer pour une meilleure desserte ambulancière

Plaidoyer pour une meilleure desserte ambulancière - Claudia Collard : Actualités

Les paramédics du secteur Lac-Mégantic réclament un horaire à l’heure depuis plusieurs années.

Malgré l’attribution d’une enveloppe de 10,6 M$ par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour la desserte ambulancière dans diverses régions du Québec, le secteur de Lac-Mégantic n’a pas reçu sa part du gâteau. Cet argent aurait pourtant été plus que bienvenu puisqu’il aurait permis l’instauration d’horaires à l’heure, une revendication maintes fois mise de l’avant par les représentants de TASBI.

Parmi les services ambulanciers qui bénéficieront de changements dans l’organisation de leur travail en Estrie, ceux de Farnham, Acton Vale et Coaticook. Les 10,6 M d’investissements touchent par ailleurs les régions de la Montérégie, Lanaudière et des Laurentides.

«Sans être de mauvaise foi, nous sommes heureux pour nos confrères des régions voisines qui pourront, dans un avenir proche, avoir des horaires à l’heure. Mais nous croyons fermement que la région du Granit et ses 21 000 habitants sont dus pour une bonne nouvelle. Lac-Mégantic est uniquement couvert par des horaires de faction. Lorsqu’il n’y a plus d’ambulance, la plus proche relève est à 35 minutes de route. C’est inacceptable!», fustige Sylvain Côté, vice-président du conseil d’administration des travailleurs ambulanciers syndiqués de la Beauce et de l’Estrie (TASBI).

Dès l’annonce des nouveaux fonds, le 1er novembre, les représentants de TASBI ont réitéré leur demande auprès du CIUSS de l’Estrie, dans l’espoir d’une recommandation favorable auprès du Ministère. «On sait qu’on a pris connaissance de nos demandes, sans plus. C’est sûr que si on n’a pas de réponse, on va interpeler la ministre Danielle McCann directement. Nos arguments sont très logiques et raisonnables. On ne demande pas la lune !», transmet Christian Duperron, président de TASBI.

M. Duperron rappelle que la grandeur du territoire couvert, les arrêts de service fréquents et le manque de personnel à prévoir créent une faille de sécurité «dans l’obligation d’offrir un service d’urgence efficace et équitable pour la population de la région.» L’horaire de faction consiste à garder deux paramédics à leur domicile alors qu’un horaire à l’heure permettrait d’avoir une ambulance disponible dès l’appel à la caserne. Et le temps est un allié important dans la prise en charge d’un patient, fait-il remarquer.

«Après la tragédie on a été durant 16 mois sur un horaire à l’heure à Lac-Mégantic. On a fait les preuves de son efficacité. Lors du retour des horaires de faction, on avait rencontré l’attaché politique de Gaétan Barette (ancien ministre de la Santé), qui trouvait aberrant qu’aucun chiffre à l’heure ne soit rattaché à notre secteur. C’était en 2014 et on est presque 2020. En raison des transferts hospitaliers, la région est souvent à découvert. De plus, en raison de notre éloignement, il est très difficile d’avoir de la relève de l’extérieur», mentionne Sylvain Côté. «On doit faire appel à d’autres véhicules de notre secteur, qui eux aussi sont en horaire de faction, donc on rajoute encore du délai», renchérit Christian Duperron. En plus des deux véhicules à Lac-Mégantic, le territoire est couvert par trois autres ambulances, basées respectivement à Lambton, La Patrie et Saint-Gédéon.

Il faut aussi dire que les horaires de faction, où les paramédics doivent demeurer à cinq minutes de distance de la caserne en plus d’être rémunérés 11,43 heures sur 24 heures de garde, ne font pas fureur chez la jeune génération. «Dans un contexte où la pénurie de main-d’œuvre se fait déjà sentir, il importe de leur offrir des conditions de travail plus attrayantes, fait valoir M. Duperron. On trouve que le projet d’études collégiales pour paramédics à Lac-Mégantic est merveilleux. Par contre, il faut s’assurer que les diplômés aient envie de travailler ici.»

En plus de la préfet Marielle Fecteau, qui appuie la demande d’amélioration de la desserte ambulancière, le député provincial François Jacques est au courant de la situation. «Étant lui-même un ancien ambulancier, il nous a dit en période électorale qu’il était bien au fait du dossier et qu’il allait le régler. Au moins on sent du positif du côté des autorités concernées», termine le président de TASBI.

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