Intérêt public

«Celui qui est au service de l’État doit privilégier l’intérêt public à tout autre.» Bien dit.

Ce qui s’applique pour le sujet de l’heure, la voie de contournement au coeur de la question référendaire à laquelle seront soumis les citoyens de Frontenac le 19 février: «Approuvez-vous le projet de la nouvelle voie de contournement ferroviaire sur le territoire de Frontenac?» Choix de réponses: oui ou non.

Le maire de Frontenac, Gaby Gendron, a dû se prendre par trois fois pour obtenir enfin une réponse du ministre des Transports Omar Alghabra à sa question qui avait le mérite d’être claire. Ça se passait lors de la visite d’Alghabra, de sa cour et de ses gardes du corps, le 19 janvier: «Si jamais nos citoyens votent contre le projet, allez-vous la faire pareil, oui ou non?» Même de la part d’un ministre unilingue anglais, la réponse ne laissait place à aucune interprétation, à l’oreille du maire Gendron: «Oui, on va la faire pareil!» Sa compréhension de la réponse fournie: «Pour lui, dans le projet, l’acceptabilité sociale n’était pas un absolu, à ce que j’ai pu comprendre.»

Le projet d’Ottawa divise. La question brûle les lèvres: «Et toi, quel parti tu prends?» J’ai préparé ma réponse, au cas où on me la poserait. «Le parti des lecteurs, des citoyens, le parti des contribuables. Eux seuls vont payer la note d’un projet titanesque qui servira des intérêts privés.»

Ni de l’époque de Marc Garneau, ni de celle d’Omar Alghabra, Transports-Canada n’a démontré ni même abordé la question de l’intérêt public dans le projet de la voie de contournement, dont le «quoi qu’il en coûte» semble aller de soi. Un projet dont les coûts prévisibles montent en flèche. Près d’un milliard de dollars, pour l’instant!

Des groupes de citoyens poussent pour le «non», d’autres pour le «oui». Le projet divise et Transports Canada s’en fiche. T-C est prêt à aller de l’avant avec, pour objectif, de lancer le chantier en novembre. 

Encore récemment, l’Office des transports du Canada, l’autorité suprême qui donnera ou non son feu vert au projet, a renvoyé le promoteur Transports-Canada à ses devoirs concernant les évaluations environnementales. Parce que rien n’est encore réglé sur la question des impacts du tracé sur l’environnement, la santé publique et la société en général. Ma définition de la société, c’est la gang de monde, citoyens et contribuables, qui vivent ici. À Lac-Mégantic, les médias nationaux nous appellent les «victimes», les «survivants» et braquent allègrement les projecteurs sur cette petite ville du bout du monde, surtout cette année. Les gens d’ici ne sont pas des «survivants», ils sont des «vivants»!

La société méganticoise, la société québécoise et la société canadienne, tout ce beau monde se prépare à payer les pots cassés et les engagements électoraux, en faisant un chèque en blanc au Canadien Pacifique qui enrichira ses caisses au bénéfice de ses actionnaires. Canadien Pacifique? Ah oui, cette compagnie ferroviaire qui a été exonérée de toute responsabilité dans la tragédie de Lac-Mégantic. Des erreurs, certes, mais pas de faute directement liée au déraillement du convoi meurtrier. Cette compagnie qui a même eu le culot, en Cour supérieure, de rejeter le blâme des règles défaillantes sur Transports-Canada lui-même et sur l’aveuglement volontaire des administrateurs représentant le gouvernement du Québec sur le conseil d’administration de la couillonne MMA. Cette compagnie qui n’a même pas eu le courage de faire preuve de solidarité avec la cinquantaine d’autres entrerises qui ont versé de l’argent, beaucoup d’argent dans le recours collectif. 450 M$, c’est pas de la tarte! Ne serait-ce que par «solidarité» avec ses fournisseurs et ses clients. Mais non! Même les fabricants de boulons posés sur les wagons citernes qui ont explosé se sont sentis mal. Pas Canadien Pacifique, voyons! Et vous voudriez que je prenne parti pour ça? Que l’Écho musèle les lecteurs qui s’acharnent contre le projet dans les pages du journal?

Le mot de la fin à Sébastien Raymond, un ingénieur consultant, qui a parcouru l’étude d’Englobe à la demande d’un citoyen de Frontenac et qui invite à la prudence: «Il n’est pas trop tard pour réfléchir et investir pour une meilleure solution de contournement et avoir une vision long terme qui sera finalement bénéfique et durable pour l’économie, l’environnement et la société.»

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