L'ensoleillée

Le ­Grand ­Tour du lac ­Mégantic : des débuts inusités

Le ­Grand ­Tour du lac ­Mégantic : des débuts inusités - Xavier Roy : Sports
Les cyclistes du ­Grand ­Tour du ­Lac de l’édition de 1996. (Photo - ­Suzanne ­Poulin)
Le ­Grand ­Tour du lac ­Mégantic : des débuts inusités - Xavier Roy : Sports
André Laflamme et la grande gagnante de l’une des éditions du Grand Tour de Lac-Mégantic. (Photo - André Laflamme)  
Le ­Grand ­Tour du lac ­Mégantic : des débuts inusités - Xavier Roy : Sports
Épicerie locale de l'époque, Provigo rendait de fiers services à l'organisaion et aux cyclistes. (Photo - Suzanne Poulin)

C’est ici, dans les bureaux de l’Écho de ­Frontenac, au printemps 1992, qu’est venue l’idée de créer un événement familial pour accompagner le défunt ­Festival de la truite. Le vélo est rapidement venu à l’esprit et, avec quelques semaines seulement de préparation, le ­Grand ­Tour du lac ­Mégantic était né.


Yves ­Bellefleur, journaliste de l’Écho à l’époque, se souvient d’une préparation rocambolesque pour permettre au projet d’arriver à terme. Michel ­Morin, du ­Festival de la truite, leur avait lancé l’idée, mais personne dans la petite équipe de l’Écho ne savait comment organiser un tel événement. « ­On n’avait pas vraiment de conseil d’administration. On se réunissait au bureau, et on essayait d’avancer ça en même temps. C’était aussi l’endroit où les gens venaient s’inscrire et payer. »

Pourtant, M. Bellefleur souligne « qu’avec les préinscriptions, on comptait presque 700 inscrits. On se disait que ça n’avait pas de bon sens pour un événement créé sur le tard. » ­La pluie aura finalement freiné l’ardeur de plusieurs, alors que quelque 300 personnes ont participé à l’événement.

Un soutien immédiat

Toujours d’actualité en 2026, rien de cela n’aurait été possible sans l’aide des bénévoles et des commanditaires. Ces derniers avaient été particulièrement généreux, et ce, dès le début, se rappelle ­Suzanne ­Poulin. « À chaque fois que l’on contactait quelqu’un, la compagnie en rajoutait davantage. » ­Yves ­Bellefleur soutient que « ­Ce sont des gens qui voulaient apporter quelque chose à leur communauté qui voyaient l’importance de soutenir un événement familial. »

Au départ, c’était principalement de petites entreprises locales ; ­Attraction, ­Provigo, ­Gosselin ­Bicycle, qui soutenaient l’événement. Mme ­Poulin explique que « lorsqu’on a demandé à ­Provigo une commandite, on s’attendait à avoir quelques collations. À notre arrivée, c’étaient des tables remplies de fruits et de fromages ».

La population est également venue en aide à l’équipe de l’Écho. Président de l’événement pendant une quinzaine d’éditions, ­André ­Laflamme explique que « les premières années du ­Grand ­Tour, ça se bousculait pour être bénévole. »

M. Laflamme, ancien paramédical, a ­lui-même été bénévole en 1992. « ­Ils m’ont appelé le matin même, ils avaient besoin d’un coup de main pour les premiers soins. C’est comme ça que ça a commencé pour moi. »

La sécurité avant tout

Quelque chose qu’Yves ­Bellefleur n’avait pas pris en compte au début, c’était de s’assurer de la sécurité de tous. Avec les 700 préinscriptions, ça s’annonçait être une lourde tâche pour le journaliste.

Le club de cyclisme ­Les ­Montagnards, avec son président ­Jacques ­Bilodeau, les avaient aidés à organiser la sécurité. « ­On a eu des dossards grâce à l’aide des ­Montagnards. On les a ensuite attachés avec des petites épingles, » précise ­Suzanne ­Poulin.

M. Bellefleur voulait cependant se dissocier de la vitesse des ­Montagnards. « ­On préférait que ça reste familial. C’est de là qu’est venu le slogan ­Les fous de vitesse, prière de s’abstenir. »

À l’époque, il y avait une partie de la route entre ­Piopolis et ­Marston qui n’était pas asphaltée. « ­On avait dû bifurquer par le chemin du vieux village. Aussi, il n’y avait même pas d’accotement sur les routes à cette époque. On a interpellé la police municipale, mais on devait passer par un autre territoire de la ­SQ. C’était ­Jean ­Girard de la Sûreté qui nous avait aidés pour assurer la sécurité des cyclistes. »

Faire le tour du lac, c’est aussi une épreuve qui peut s’avérer assez difficile avec les côtes. « ­On avait mis en place un système de raccompagnement à ­Piopolis. On s’était dit que c’était beaucoup le tour au complet pour une petite famille. »

Au fil des ans

Après le succès de la première édition, l’événement nécessitait une meilleure organisation. « ­Dans les années suivantes, on a créé en groupe l’organisation du ­Grand ­Tour. C’est là que je suis devenu un bénévole officiel », explique ­André ­Laflamme.

Ce qui a toujours été important, c’était « d’avoir des toilettes, de l’eau et des fruits. On voulait donner une bonne impression aux gens qu’ils voient qu’on s’occupe d’eux. » M. Laflamme ajoute que « ­Mégantic, c’est loin pour tout le monde, surtout pour ceux de ­Montréal. Ici c’est notre marque de commerce, on veut bien recevoir. »

L’Écho de ­Frontenac est toujours resté le commanditaire principal, même s’il a passé le flambeau de l’organisation lors de la troisième année. Quelques éditions plus tard, l’idée d’utiliser les bénéfices pour construire des pistes cyclables dans la région était née. Plus de 100 000 $ ont été accumulés depuis.

André ­Laflamme sera quant à lui resté près de trois décennies dans l’organisation du ­Grand ­Tour. « ­Lorsque je me suis retiré en 2021, je voyais qu’il devait y avoir de nouvelles idées, que c’était important de laisser la chance à d’autres d’organiser l’événement. J’ai trouvé que celle de rejoindre tout sous une même journée de vélo en était une excellente. »

La ­Grand ­Tour du lac ­Mégantic a réussi contre toute attente à s’implanter comme un ­rendez-vous annuel. « À part le ­Tournoi ­Bonne ­Entente, il n’y a rien dans la région qui a tenu aussi longtemps. Les gens reviennent et aiment ça », souligne M. Laflamme.

Yves ­Bellefleur se dit pour sa part surpris de voir qu’une simple activité familiale, qui servait à accompagner un tournoi de pêche, peut encore exister à ce jour. « ­Ce sont les commanditaires qui nous ont permis de le mettre au monde, mais c’est les bénévoles qui lui ont permis de continuer. »

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