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Le Grand Tour du lac Mégantic : des débuts inusités
C’est ici, dans les bureaux de l’Écho de Frontenac, au printemps 1992, qu’est venue l’idée de créer un événement familial pour accompagner le défunt Festival de la truite. Le vélo est rapidement venu à l’esprit et, avec quelques semaines seulement de préparation, le Grand Tour du lac Mégantic était né.
Pourtant, M. Bellefleur souligne « qu’avec les préinscriptions, on comptait presque 700 inscrits. On se disait que ça n’avait pas de bon sens pour un événement créé sur le tard. » La pluie aura finalement freiné l’ardeur de plusieurs, alors que quelque 300 personnes ont participé à l’événement.
Un soutien immédiat
Toujours d’actualité en 2026, rien de cela n’aurait été possible sans l’aide des bénévoles et des commanditaires. Ces derniers avaient été particulièrement généreux, et ce, dès le début, se rappelle Suzanne Poulin. « À chaque fois que l’on contactait quelqu’un, la compagnie en rajoutait davantage. » Yves Bellefleur soutient que « Ce sont des gens qui voulaient apporter quelque chose à leur communauté qui voyaient l’importance de soutenir un événement familial. »Au départ, c’était principalement de petites entreprises locales ; Attraction, Provigo, Gosselin Bicycle, qui soutenaient l’événement. Mme Poulin explique que « lorsqu’on a demandé à Provigo une commandite, on s’attendait à avoir quelques collations. À notre arrivée, c’étaient des tables remplies de fruits et de fromages ».
La population est également venue en aide à l’équipe de l’Écho. Président de l’événement pendant une quinzaine d’éditions, André Laflamme explique que « les premières années du Grand Tour, ça se bousculait pour être bénévole. »
M. Laflamme, ancien paramédical, a lui-même été bénévole en 1992. « Ils m’ont appelé le matin même, ils avaient besoin d’un coup de main pour les premiers soins. C’est comme ça que ça a commencé pour moi. »
La sécurité avant tout
Quelque chose qu’Yves Bellefleur n’avait pas pris en compte au début, c’était de s’assurer de la sécurité de tous. Avec les 700 préinscriptions, ça s’annonçait être une lourde tâche pour le journaliste.Le club de cyclisme Les Montagnards, avec son président Jacques Bilodeau, les avaient aidés à organiser la sécurité. « On a eu des dossards grâce à l’aide des Montagnards. On les a ensuite attachés avec des petites épingles, » précise Suzanne Poulin.
M. Bellefleur voulait cependant se dissocier de la vitesse des Montagnards. « On préférait que ça reste familial. C’est de là qu’est venu le slogan Les fous de vitesse, prière de s’abstenir. »
À l’époque, il y avait une partie de la route entre Piopolis et Marston qui n’était pas asphaltée. « On avait dû bifurquer par le chemin du vieux village. Aussi, il n’y avait même pas d’accotement sur les routes à cette époque. On a interpellé la police municipale, mais on devait passer par un autre territoire de la SQ. C’était Jean Girard de la Sûreté qui nous avait aidés pour assurer la sécurité des cyclistes. »
Faire le tour du lac, c’est aussi une épreuve qui peut s’avérer assez difficile avec les côtes. « On avait mis en place un système de raccompagnement à Piopolis. On s’était dit que c’était beaucoup le tour au complet pour une petite famille. »
Au fil des ans
Après le succès de la première édition, l’événement nécessitait une meilleure organisation. « Dans les années suivantes, on a créé en groupe l’organisation du Grand Tour. C’est là que je suis devenu un bénévole officiel », explique André Laflamme.Ce qui a toujours été important, c’était « d’avoir des toilettes, de l’eau et des fruits. On voulait donner une bonne impression aux gens qu’ils voient qu’on s’occupe d’eux. » M. Laflamme ajoute que « Mégantic, c’est loin pour tout le monde, surtout pour ceux de Montréal. Ici c’est notre marque de commerce, on veut bien recevoir. »
L’Écho de Frontenac est toujours resté le commanditaire principal, même s’il a passé le flambeau de l’organisation lors de la troisième année. Quelques éditions plus tard, l’idée d’utiliser les bénéfices pour construire des pistes cyclables dans la région était née. Plus de 100 000 $ ont été accumulés depuis.
André Laflamme sera quant à lui resté près de trois décennies dans l’organisation du Grand Tour. « Lorsque je me suis retiré en 2021, je voyais qu’il devait y avoir de nouvelles idées, que c’était important de laisser la chance à d’autres d’organiser l’événement. J’ai trouvé que celle de rejoindre tout sous une même journée de vélo en était une excellente. »
La Grand Tour du lac Mégantic a réussi contre toute attente à s’implanter comme un rendez-vous annuel. « À part le Tournoi Bonne Entente, il n’y a rien dans la région qui a tenu aussi longtemps. Les gens reviennent et aiment ça », souligne M. Laflamme.
Yves Bellefleur se dit pour sa part surpris de voir qu’une simple activité familiale, qui servait à accompagner un tournoi de pêche, peut encore exister à ce jour. « Ce sont les commanditaires qui nous ont permis de le mettre au monde, mais c’est les bénévoles qui lui ont permis de continuer. »
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