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L’union fait la force
Jean Gagnon (à gauche) et Mathieu Vallée ont fait équipe pour déjouer la bête. (Photo - Adèle St-Jacques)
La flèche décochée par l’archer Mathieu Vallée le 3 octobre dernier a atteint sa cible : le buck de rêve de Jean Gagnon, son acolyte, était finalement « récolté » après plusieurs années d’attente.
Âgé entre 9 et 14 ans, cet animal au panache atypique était particulièrement imposant. « Récolter une bête de ce calibre, ça arrive une seule fois dans une vie », lance Jean Gagnon, visiblement très fier que le plan élaboré avec son partenaire ait porté fruit.
Ce chevreuil, il l’espérait depuis belle lurette. « J’avais un historique avec cet animal. Ça doit faire au moins sept ans que je le traquais », partage-t-il.
Conscient que de nombreux chasseurs convoitaient également ce trophée, M. Gagnon a décidé d’user de ruse avant que quelqu’un d’autre ne réussisse à le récolter.
« Quand on est plus vieux, on devient plus sage. On apprend à utiliser des stratégies. Puis, en faisant équipe, on est plus fort et on se donne de meilleures chances. Mathieu et moi, on a donc travaillé de concert », explique-t-il.
Puisque la chasse à l’arc débute quelques semaines avant celle à la carabine, Mathieu Vallée pourrait avoir de l’avance sur de nombreux chasseurs. Le duo misait également sur l’arsenal de connaissances qu’avait acquises Jean Gagnon sur l’animal au fil des ans.
Celui-ci connaissait par exemple le secteur d’été du chevreuil ainsi que le moment où celui-ci partait normalement pour le rut. Il avait également remarqué une particularité dans l’alimentation de l’animal : il ne mangeait ni pomme ni carotte, mais adorait le maïs.
Le jour J
Mathieu Vallée savait très bien qu’en plus de parfaitement mettre en action leur stratégie, la chance devait également être de leur côté pour qu’ils réussissent à récolter la bête.« Il fallait vraiment que tous les facteurs soient réunis pour qu’il sorte au moment où je serais en place. Par exemple, si le vent n’avait pas été bon cette journée-là, je n’y serais pas allé, car le chevreuil aurait détecté mon odeur », explique l’archer.
« Je ne pouvais pas aller là pendant dix jours d’affilée non plus. La bête aurait senti mon odeur et ne serait plus revenue dans ce secteur-là de jour », ajoute-t-il.
Pour les deux hommes, l’âge élevé de leur proie venait de pair avec sa vigilance. Si elle était toujours en vie, cela signifiait qu’elle avait réussi à échapper aux chasseurs de tous les automnes précédents, et ce, bien qu’elle ait été la cible de très nombreuses personnes depuis plusieurs saisons déjà.
C’est finalement juché à une vingtaine de pieds du sol dans un arbre, grâce à un harnais de suspension (saddle), que l’archer a aperçu le trophée de chasse. C’était le tout premier samedi de la période de chasse au cerf de Virginie à l’arc et à l’arbalète.
« Quand c’est arrivé, je n’étais pas stressé. Ça s’est fait trop vite. L’adrénaline n’a pas eu le temps de monter », partage l’archer, ajoutant que le stress s’était plutôt emparé de lui après qu’il eut atteint l’animal.
Le chevreuil a été repéré rapidement, soit moins d’une heure plus tard, à environ 120 pieds de l’endroit où il avait été touché. Mathieu Vallée avait appelé son acolyte pour qu’il vienne l’aider.
« Je savais que le tir avait été mortel, mais des fois, ça peut être long avant de repérer l’animal. Quand on l’a trouvé, j’étais soulagé », confie M. Vallée.
Un chevreuil qui entrera dans l’histoire ?
« Le taxidermiste avec lequel la famille Vallée fait affaire depuis une cinquantaine d’années n’a jamais vu un chevreuil de cette nature-là », fait valoir Jean Gagnon.L’âge, la grosseur et le panache atypique de l’animal sont effectivement exceptionnels selon les deux complices.
Les spécificités de la bête ont d’ailleurs attiré l’attention du Boone and Crockett Club, un club très connu dans le milieu de la chasse pour son système de notation des panaches et des trophées. Des gens du club passeront évaluer le spécimen d’ici environ deux mois.
« Il se pourrait qu’il entre dans leur livre des records. On va le savoir en même temps qu’eux », s’enthousiasment les deux hommes.
Même si une page d’histoire vient de se tourner pour certains chasseurs de la région, les deux acolytes croient que la progéniture de ce chevreuil fera rêver bien d’autres personnes dans les prochaines années.
« La beauté de la longévité de cet animal, c’est qu’il a pu avoir de nombreux petits, avec une génétique similaire à la sienne », assure Jean Gagnon.
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