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Chez Summum Granit de Saint-Sébastien, la qualité de l’air est devenue prioritaire!

Chez Summum Granit de Saint-Sébastien, la qualité de l’air est devenue prioritaire! - Rémi Tremblay : Actualités

Les premiers temps, quand la technicienne en hygiène industrielle Francine Martin se pointait à l’usine de Summum Granit de Saint-Sébastien pour y prendre des mesures de la qualité de l’air ambiante, elle, la «fatigante» comme on l’avait baptisé, se faisait regarder de travers par les travailleurs, plutôt habitués à vivre huit heures par jour dans le bruit et la poussière de silice, quitte à «moucher noir jusqu’au dimanche matin» une fois entré à la maison. Même l’idée de porter un masque ne faisait pas trop leur affaire. Des années après que la Commission santé et sécurité au travail (CSST) du Québec eût sonné l’alarme et que tous les intervenants se soient mis au travail pour régler la problématique, même les polisseurs, les plus exposés parmi la soixantaine de travailleurs de l’usine, sont devenus les premiers défenseurs de la qualité de leur environnement.

«La santé et la sécurité au travail sont des valeurs que l’entreprise et les travailleurs se sont appropriées. Ça part de la direction, des contremaîtres et des travailleurs eux-mêmes. C’est fini ce temps-là où ils mettaient leur santé en jeu!» Aujourd’hui, Francine Martin est accueillie avec des sourires qui en disent long sur la fierté qu’ils ressentent tous à avoir fait correctement leur devoir.

Le virage santé dans l’industrie du granit remonte en 2004, avec un projet d’intervention régionale mené auprès des neuf usines de granit. L’objectif premier: réduire au minimum les concentrations de poussière de silice. Sinon, la CSST menaçait de jouer à la police et d’imposer des mesures contraignantes.

«Dans la pierre synthétique, on retrouve 92% de quartz, une poussière fine qui entre profondément dans les poumons et les grafigne, ce qui peut causer la silicose. On a dit à tout le monde qu’ils avaient de gros devoirs à faire, qu’on n’avait pas de remède miracle et que c’était un gros travail qu’on demandait aux usines», reconnaît la technicienne.

«Cela a pris deux années complètes pour atteindre des résultats», confirme le coordonnateur des opérations chez Summum Granit, Michel Gosselin. En 2006, Summum Granit réussissait enfin à atteindre les normes, mais un an plus tard, tout était à recommencer, «parce que le taux d’utilisation de matière synthétique était devenu plus élevé.»

Selon Michel Gosselin, le défi était d’autant plus grand pour Summum Granit que l’usine opérait à pleine capacité de production et qu’il fallait procéder à des embauches en raison de la croissance due à la popularité de nouveaux produits.
Toute une nouvelle dynamique s’est alors instaurée à l’usine, entre les travailleurs, la direction de l’usine, la technicienne Francine et la CSST, dans son rôle de police. «On a divulgué de l’information, formé des comités de travailleurs, investi de l’argent et nos efforts à tous ont mené à des beaux résultats. Ce sont les travailleurs qui ont décidé que cette fois le programme allait rester en place.»

Les travailleurs du quart de nuit ont pris le temps de faire des tests sur les outils et les équipements, ils ont adopté le port de tabliers plus légers, utilisé de l’eau neuve plutôt que de l’eau recyclée pour les polisseurs dont le visage était davantage exposé, augmenter les débits d’eau pour empêcher la poussière de se répandre dans l’environnement, bref, plusieurs mesures ont été mises en place. Ce qui a valu à l’entreprise de Saint-Sébastien de se retrouver parmi les quatre finalistes au gala estrien des Prix Innovation, en santé et sécurité du travail, l’an dernier.

«Des travailleurs nous ont dit avoir noté un changement dans leur condition physique», se réjouit Francine Martin. Maintenant que les trois quarts de l’usine affichent des taux de poussière inférieurs à la norme établie, elle ne laisse pas pour autant tomber ses visites. «Je vais revenir au moins une fois par année. La différence, après tous ces efforts, ils vont la voir quand ils seront à leur retraite et qu’ils la vivront en santé. C’est un grand coup qu’ils ont fait là. J’étais la fatigante et maintenant ils me disent merci de m’être occupé d’eux!»

Sur le plancher de production, les voiles de poussière ont disparu. «Au début, raconte Maurice Roy, c’était pas facile. Pour certains, cela faisait 15 ans qu’ils travaillaient avec la même méthode. Pour tous les nouveaux qui entrent, on peut maintenant leur enseigner la bonne manière.»

«L’atmosphère de travail est meilleure de même», dit un contremaître, Sylvain Roy. «Même sur la respiration, ça paraît», confirme Gilles Lapierre.

Mais, tous sont conscients qu’il ne faudra pas baisser la garde ni concéder le moindre pouce au retour aux vieilles habitudes.

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