40 nuances de gris!

Dormir sur ses deux oreilles, c’est ce que ne parvient pas à faire Jacques, un résidant de Lac-Mégantic. Il n’est probablement pas le seul dans son état. Depuis la reprise du trafic ferroviaire, ses deux oreilles sont trop occupées à rester aux aguets. Collées en mode veille. Il aimerait mieux comme tout le monde profiter du sommeil du juste, mais, veux veux pas, y’a comme une veilleuse allumée entre le tambour et l’enclume, de sorte qu’aucun passage de convoi ne lui échappe. Des grincements assourdissants… Encore récemment, il a pris comme témoins tous les saints qu’il a descendus du ciel en apercevant par la fenêtre, défilant dans la nuit, une longue lignée de wagons noirs, une bonne quarantaine qu’il a pu compter! Comme d’autres vont compter les moutons dans la recherche de l’effet contraire. Bien réveillé, il s’est demandé si la compagnie ferroviaire de John Giles n’essayait pas de lui en passer une petite vite, de «nuitte», alors que l’engagement avait été pris qu’il n’y aurait pas de pétrole dans le paysage méganticois avant 2016.

Cela fait des mois que les citoyens les observent, ces «objets roulants non identifiés». De jour comme de nuit. Personne n’est vraiment rassuré. Le transporteur jure que non, ce n’est pas du pétrole! D’autres matières dangereuses, oui, comme cela lui est permis par l’autorité de Transports Canada, mais surtout pas du pétrole! Oh que non! La population, elle, n’a pas les moyens de vérifier si ce qu’on lui dit est la pure vérité, dites je le jure!

Rappelez-vous au printemps 2014, l’entente signée entre la Ville et le Chemin de fer du Centre du Maine et du Québec. Un moment solennel. La mairesse Colette Roy Laroche, qui sait toujours trouver le mot juste, en parlait comme «l’équilibre entre la raison et les émotions». «Ce n’est ni noir ni blanc. On doit mettre plusieurs nuances de gris dans ce débat.» Après des mois de fréquentations, les deux partenaires de l’entente ont fini par s’apprivoiser et établir un genre de relation de confiance qui précède les ébats. Cette signature qui engage l’un comme l’autre à la toute fin d’un document. Une promesse!

La mairesse Colette a cru en la parole donnée: «Nous sommes convaincus que CMQ est un exploitant fiable, qui agit en toute bonne foi, et qu’il s’agira d’un partenaire de premier choix pour la Ville», proclamait-elle à l’époque.
Voilà qui va rassurer la mairesse et les Méganticois, John Giles entend remplir sa part du contrat social qu’il a signé avec la Ville.

Il m’écrit : «Vous êtes correct en disant que nous avons conclu un contrat social avec la ville et qu’un accord a été préparé, signé et exécuté. Cet accord exige de nous de faire certaines choses et de nous comporter d’une série de façons spécifiques. Nous accordons une grande valeur et une importance élevée à nos engagements envers la mairesse et la ville et je peux vous assurer que nous avons honoré et honorerons ce contrat à la lettre et selon son esprit.

Nous continuons à communiquer avec les dirigeants de la ville et nous croyons que l’honnêteté et la transparence sont au cœur de ce que nous sommes et de la façon dont nous conduisons nos vies personnelles et professionnelles. Cela ne changera pas.

Ainsi, spécifiquement, nous déplaçons des chargements de propane vers l’est et des wagons vides vers l’ouest. Il n’y a pas du tout de pétrole brut. Nous communiquons avec les dirigeants en détail critique, à l’avance, toutes les marchandises dangereuses se déplaçant à travers la ville et nous continuerons à le faire. Sachez que nous continuerons à travailler très dur pour gagner votre confiance et que nous continuerons à le faire. Et nous comprenons que la confiance doit être gagnée au fil des années. Bien à vous, John Giles, président.»

Si la communication passe bien entre le transporteur ferroviaire et la Ville de Lac-Mégantic, il y a du sable dans l’engrenage avec ceux qui se portent volontaires pour surveiller les opérations sur le terrain, afin de s’assurer que les histoires d’horreur qui faisaient partie du bulletin de mauvaise conduite de MMA ne se répètent plus.

Sans doute que le citoyen André Lachapelle aurait aimé ça, recevoir une lettre de John Giles, en réponse à ses nombreux envois des derniers mois, pour faire état de la présence du Comité de vigilance sur la sécurité ferroviaire. Un simple accusé de réception aurait suffi. Après tout, ce sont de valeureux citoyens, ici, qui se proposent à faire une partie de la job que les inspecteurs de Transports Canada ne font visiblement pas, malgré les beaux projets de loi de la ministre pour mieux sécuriser le transport ferroviaire au pays.

André aurait aimé que CMQ donne signe de vie, comme l’a fait le député ministre Christian Paradis. Le seul, d’ailleurs. Mais André s’est plutôt rendu compte que les obstacles au travail de vigilance venaient plus de l’intérieur du groupe que de l’extérieur de la région.

André n’aime pas les nuances ni les doubles discours. Si une partie des équipements de chemin de fer est défectueuse, il veut le dire et le dénoncer clairement. Par respect pour les morts, par respect pour les survivants !

Pour réagir, Connectez vous Pour réagir, Connectez vous

À lire aussi

  • Becoming Chelsea: déroutant d’ingéniosité
    Culture Théâtre

    Becoming Chelsea: déroutant d’ingéniosité

    Claudia Collard / 5 décembre 2022
  • Maison des aînés: bientôt les appels d’offres
    Actualités Santé

    Maison des aînés: bientôt les appels d’offres

    Rémi Tremblay / 30 novembre 2022
  • Dossier Maxi: nouvelle rencontre de conciliation le 5 décembre
    Actualités Économie

    Dossier Maxi: nouvelle rencontre de conciliation le 5 décembre

    Claudia Collard / 29 novembre 2022
  • Bénévoles recherchés à la Maison La Cinquième Saison
    Actualités Société

    Bénévoles recherchés à la Maison La Cinquième Saison

    Claudia Collard / 29 novembre 2022
  • Conflit chez Maxi: le syndicat attend une réponse de Loblaw
    Actualités Économie

    Conflit chez Maxi: le syndicat attend une réponse de Loblaw

    Claudia Collard / 28 novembre 2022
Identifiez-vous pour commenter Identifiez-vous pour commenter

0 commentaire

  1. Becoming Chelsea: déroutant d’ingéniosité
  2. Conférence d’une survivante le 6 décembre
  3. Activité créative inspirée des œuvres de Louise Latulipe
  4. Junior A: défaite en prolongation
  5. Damoizeaux, ou l’hybridation des styles
  6. Encan des œuvres de Gaston Quirion au profit de la Banque alimentaire
  7. Maison des aînés: bientôt les appels d’offres
Le malaise
Becoming Chelsea: déroutant d’ingéniosité
Recherche d'emplois - Lac-Mégantic
  1. Découpage, collage et emballage de médaillons de porcelaine
    Lac-Drolet
  2. Camionneur
    Woburn
  3. intervenant social/intervenante sociale
    dans la MRC du Granit
  4. Moniteur(e) de ski de fond
    Lac-Mégantic
  5. Moniteur(e) de planche a neige
    Lac-Mégantic
Répertoire des entreprises