Pour Gaston Michaud, développement et savoir-faire communautaire vont de pair

Pour Gaston Michaud, développement et savoir-faire communautaire vont de pair - Claudia Collard : Actualités

Gaston Michaud prononçait la conférence «Tout commence par les gens», le 13 juin au Bureau de reconstruction.

Pour Gaston Michaud, tout projet de développement doit nécessairement passer par la mise en commun des capacités de chacun. Allergique avoué aux consultants de tout acabit, il prône un système social basé sur l’entraide, où l’écoute et la capacité de compromis permettent de répondre aux réels besoins d’une communauté.

L’octogénaire qui a mené une carrière de travailleur social avoue qu’il n’a jamais autant travaillé socialement qu’en ce moment. Auteur du livre La lumière de la terre, M. Michaud prononçait lundi une conférence au Bureau de reconstruction. En entrevue avec l’Écho peu avant cette présentation, il soutient que les compétences d’un milieu donné doivent être mises à profit. «Quelqu’un qui a participé à l’élaboration d’un projet a davantage le souci de le voir aboutir de façon positive. Si une population est écartée en partant, elle peut le demeurer pour la vie.»

Fort de 50 années d’expérience en développement de communautés M. Michaud a commencé son implication comme curé, dans un quartier défavorisé de Montréal. «J’étais là pour convertir les jeunes. Je n’ai converti personne. C’est moi qui me suis converti… au respect. J’ai liquidé la charité pour la justice et le bénévolat pour l’entraide.»

Une dizaine d’années plus tard, il déménageait dans la municipalité de Racine. «J’ai appliqué les principes que j’avais appris à Montréal. Cela a été facile parce que c’était déjà une communauté d’entraidants. C’est un des endroits qui s’est développé dans la plus grande pauvreté. Pour survivre, les gens se sont entraidés et cette culture-là est demeurée. Il s’agissait de la charpenter et d’organiser ensemble des projets, qui ont tous réussi», partage Gaston Michaud, citant pour exemple La Brunante, une coopérative d’habitation pour aînés. «C’est une révolution dans la façon de concevoir le vieillissement, qui part du principe qu’on ne transplante pas les aînés. Ils sont capables de demeurer des citoyens à part entière. Même si l’âge moyen à la Brunante est de 85 ans, il n’y a pas de vieux dans notre maison. Tous les gens qui y habitent sont des entraidants.»

Pour que le développement d’une communauté soit le reflet des gens qui y habitent, les choix effectués doivent être le plus près possible de la population, soutient M. Michaud. À son avis, la démarche de participation citoyenne déployée à Lac-Mégantic va dans ce sens. «Au moins, vous avez réuni des gens pour que chaque saveur y trouve une trace. Vous n’étiez pas sous la domination des technocrates, ces gens qui travaillent en haut lieu, spécialistes qui connaissent le prix de tout mais la valeur de rien. Lorsqu’ils arrivent dans un milieu, leur première tâche c’est de faire comprendre au restant du monde qu’ils ne connaissent rien et qu’eux connaissent tout. Ils découvrent nos besoins, les moyens pour y répondre et nous parlent de tout ça dans un langage qu’on comprend pas. Les consultants, je suis allergique assez fort à ça!»

À Racine, ce souci d’aller chercher des compétences le plus près possible du milieu est bien présent. «Nous avons une liste de savoir-faire, des gens qui connaissent tout le monde et qui sont capables de trouver la personne pouvant répondre à un besoin donné. Tout notre système social est basé sur le service aux déficiences; on retrouve des spécialistes en déficience aux yeux, au cœur, aux genoux... Nous, on a développé une spécialité à mettre en commun les capacités.»

Piège à éviter en matière de développement: la pensée dogmatique. «Lorsqu’une personne croit en quelque chose et ne veut pas en démordre, il ne voit rien autour. Ça empêche d’avancer parce que chaque fois que le sujet est abordé, cette personne va toujours revenir avec le même point. Il faut de l’écoute, du dialogue, la capacité de relativiser. C’est fondamental.»

Certes, le travail en communauté ne rime pas toujours avec rapidité. «Avec un despote éclairé, ça roulerait plus vite à court terme. Mais je ne suis pas sûr que ça répondrait aux réels besoins. Ça nous a pris six ans à construire La Brunante. Mais les gens qui y viennent constatent que tout a été pensé dans les moindres recoins. Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.»

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