Oscar Brochu

La maladie hollandaise de l'orme se propage

La maladie hollandaise de l'orme se propage - Rémi Tremblay : Actualités

Ce jour-là, le bruit d’une scie mécanique et la présence de toute une flotte de camions à l’endroit où la rue Milette se termine en cul-de-sac attirent l’attention. Le dépeçage en règle d’un orme d’Amérique enraciné en bordure de la rue depuis plusieurs décennies offre un spectacle plutôt désolant. Il ne restera bientôt plus que des copeaux et des billes de bois à transporter et à enfouir dans un site approprié, à Frontenac. Plus qu’un souvenir pour les résidants du voisinage. Mais l’opération était plus que nécessaire. La maladie hollandaise de l’orme ne cesse de se propager dans le paysage urbain de Lac-Mégantic.

«Il y a beaucoup d’arbres à abattre cette année», convient l’ingénieur forestier Vincent Poisson, de ProForêt Consultants. C’est lui qui supervise l’opération délicate effectuée en zone résidentielle, près des fils électriques. L’arbre à abattre présentait tous les signes de la maladie hollandaise. Des feuilles et des branches mortes, attaquées par un champignon microscopique transporté par un insecte, le scolyte, qui a un béguin pour les ormes. «Il fallait le faire, sinon il devenait un danger de propagation pour d’autres arbres de son entourage.»

À quelques mètres de là, sur un autre orme guère plus jeune, dressé sur une propriété privée, les dommages sont visibles là aussi. Que quelques branches pour l’instant, mais rien à faire pour empêcher la détérioration de son état. Le mal est fait!

Plus au sud, le parc du boulevard des Vétérans a subi le même traitement quelques semaines auparavant. Trois ormes ont dû être découpés en pièces. «Nous allons procéder à un élagage préventif cet automne, mais ce n’est qu’une question de temps!». Le verdict est posé, presque la moitié des arbres du parc vont y passer à leur tour, un jour où l’autre.

La maladie n’est pas nouvelle, ni à Lac-Mégantic ni ailleurs au Québec. Le fameux champignon a déjà frappé. On connaît mieux sa tactique : une fois transporté par l’insecte, il se développe dans les vaisseaux conducteurs de la sève, ce qui empêche celle-ci de monter jusqu’à la cime. Rapidement, des feuilles et des branches flétrissent, se dessèchent, s’enroulent sur elles-mêmes et prennent une couleur jaune et brune.

Un problème que prend très au sérieux le milieu municipal. Parce que le temps est un facteur déterminant: lorsque la cime d’un orme est atteinte à plus de 10% et que les symptômes, qui se manifestent habituellement entre la mi-juin et la mi-juillet, ne sont pas localisés dans un pourcentage réduit, l’abattage est requis. Il faut faire vite pour éviter que le foyer d’infestation menace l’ensemble des autres ormes.

Un cas exemplaire de la rapidité de propagation de la maladie, cette rangée d’ormes qui longeaient la voie ferrée, entre l’usine Cliche et la rue Agnès. Après la tragédie de 2013, il a fallu se rendre à l’évidence, ces arbres étaient morts, mais personne ne prenait la responsabilité de les enlever. «Cela a pris très longtemps (presque quatre ans) avant que quelqu’un se décide à les abattre», se souvient l’ingénieur forestier.

Et ce n’est pas parce qu’un arbre est mort qu’il devient sans danger. «L’insecte reste sous l’écorce», insiste Vincent Poisson. D’où sa surprise le lendemain du début des opérations sur Milette, quand il a constaté que des billes de bois cordées le long de la voie ont disparu durant la nuit. «Les gens n’ont pas conscience de l’impact de laisser un arbre mort, affecté par la maladie, sur leur propriété», ajoutant que si la seule façon d’empêcher sa propagation est de transporter ses résidus dans un centre d’enfouissement, ce n’est pas là un caprice. Sinon, «on peut facilement imaginer que l’insecte, sous l’écorce, aura le temps de causer des dommages, s’il est laissé dans la nature ou entré dans la maison avec le bois de chauffage.»

Pour les gens qui désirent obtenir un diagnostic sur l’état de santé de leur orme, il suffit de contacter Vincent Poisson de ProForêt Consultants au 819 583-0257.

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