Voie de contournement: les élus méganticois blâment les gouvernements supérieurs

Voie de contournement: les élus méganticois blâment les gouvernements supérieurs - Rémi Tremblay : Actualités

Le maire suppléant, Pierre Latulippe, livre un constat d’échec dans le dossier de la voie de contournement, pointant du doigt les responsables, le gouvernement fédéral et celui du Québec.

Deux jours avant d’être libérés de leur mandat, les membres du conseil municipal de Lac-Mégantic viennent mettre des mots durs sur l’échec d’un consensus quant au dossier de la voie de contournement. «C’est une grande responsabilité qu’on a donnée à une municipalité, à une population déjà épuisée. On en a plein le pompon de reconstruire cette ville-là, de gérer le quotidien et on nous demande de gérer un dossier aussi complexe que la voie de contournement. Comme si les gouvernements fédéral et provincial se trouvaient dans les estrades et nous regardaient nous empêtrer!»

Au moment de dresser le bilan d’un court mandat de deux ans, au lendemain de la dernière séance du conseil qui se tenait mardi, le maire suppléant, Pierre Latulippe, est sorti de sa réserve et a pointé du doigt les vrais responsables de l’«empêtrement» dans lequel se retrouve la Ville, quatre ans après la pire tragédie ferroviaire de l’histoire du pays. Le gouvernement fédéral, largement, et dans une moindre mesure, le gouvernement du Québec.

Fier du travail accompli par les élus depuis l’élection de novembre 2015, Pierre Latulippe, en l’absence du maire Jean-Guy Cloutier, a avoué «sa» grande déception et celle de ses collègues, en dépit de toute l’énergie déployée dans ce dossier, toujours prioritaire. «L’absence de nos deux gouvernements, principalement le gouvernement fédéral, fait en sorte qu’on se sent seuls, laissés à nous-mêmes, alors que c’est la sécurité de nos citoyens qui est en jeu. Dans ce dossier extrêmement difficile, parfois on se demande si ce n’est pas voulu ainsi!», a-t-il lancé en point de presse, mercredi matin.

Malgré la rencontre, en janvier, avec le premier ministre Justin Trudeau et celle, en mai, avec le premier ministre Philippe Couillard, le silence total règne encore sur les deux fronts. «On a senti une empathie et une volonté plus forte de la part du premier ministre Couillard, qui s’attendait à une participation plus large du fédéral. Finalement, on n’a pas eu de retour ni d’un côté, ni de l’autre.»

La tenue d’une consultation publique du BAPE, à la demande du ministère de l’Environnement, la Ville y croyait. Déception là encore. «Force est d’admettre que la méthodologie du sondage, la façon de faire qui a été utilisée, non scientifiquement prouvée, ont amené le BAPE à dresser un constat totalement inadéquat. Sur la base d’un échantillonnage, la Ville ne comptait que pour un sur les 167 personnes qui ont soumis un mémoire et participé au sondage. On est au prise avec des recommandations qui viennent nous empêtrer davantage. On demande à la Ville de documenter l’option du statu et du statu quo amélioré, deux scénarios qui vont à l’encontre des grands principes de la Loi sur le développement durable. On aura beau faire n’importe quoi sur des changements de politiques, des améliorations à la sécurité ferroviaire et des rails, la pente et la courbe demeurent toujours là et on est toujours susceptibles qu’il y ait un train qui parte à la dérive un jour, dans cinq ans, dans 35 ans!»

Pierre Latulippe trouve embêtant de retourner questionner une population fatiguée. «Politiquement, on nous épuise et on épuise la population. À la fin, ils vont nous dire que le sujet n’est plus d’actualité, passons à autre chose.»

Il souligne le travail des différents partenaires dans ce dossier, dont Frontenac et Nantes, mais aussi les groupes qui se sont joints aux discussions, dont la SDEG, la Coalition, le Comité de citoyens et le Comité de vigilance, dans l’espoir d’arriver à un consensus. «Les échanges ont été plus que constructifs et productifs. Il y avait une grande volonté de la part de tous de travailler ensemble mais tout indique qu’on se ramasse face à un mur. Les maires de Frontenac et de Nantes ont une conscience régionale et comprennent la nécessité de trouver une solution pour sortir le train du centre-ville, mais ils sont confrontés à leurs obligations envers leurs citoyens. Ils ont les mains attachées dans le dos.»
Le conseil municipal aurait aimé une plus grande implication des gouvernements supérieurs pour la suite des choses.

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