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Le verdict de non culpabilité criminelle plutôt bien accueilli!

Le verdict de non culpabilité  criminelle plutôt bien accueilli! - Rémi Tremblay : Actualités

Tom Harding, Richard Labrie et Jean DemaÎtre

Après neuf jours de délibération, les membres du jury au procès des trois ex-employés de la Montreal Maine & Atlantic, l’ex-directeur de l’exploitation Jean Demaître, le contrôleur de la circulation ferroviaire Richard Labrie et le chef de train Tom Harding ont été trouvés non coupables des 47 chefs d’accusations de négligence criminelle qui pesaient contre eux, à la suite de la tragédie du 6 juillet 2013. Le verdict est tombé vendredi, en milieu d’après-midi, au palais de justice de Sherbrooke.

Au cours du procès présidé par le juge Gaétan Dumas, la poursuite a tenté de convaincre le jury, composé de huit hommes et de quatre femmes, que Tom Harding n’avait pas mis suffisamment de freins à main sur le train et de s’être fié aux freins à air des locomotives. On reprochait aux deux autres accusés de ne pas s’être assurés d’un suivi adéquat de la situation après l’incendie de la locomotive de tête laissée sans surveillance.

Au cours des trois mois qu’a duré le procès, quelques citoyens de Lac-Mégantic ont suivi les nombreux témoignages présentés à la barre. Parmi eux, des proches des victimes de la tragédie et des membres de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic. Son porte-parole, Robert Bellefleur, a manifesté sa satisfaction à l’annonce du verdict de non-culpabilité. «La Coalition a toujours prétendu que ces trois employés du rail ne sont en fait que de simples acteurs impliqués au cœur d’un scénario d’affaires concocté en plus hauts lieux. Une opération de transport de train bloc de pétrole, effectuée dans un contexte de rationalisation excessive des coûts, visant en fait à assurer un bénéfice maximal aux hauts dirigeants et aux actionnaires des compagnies pétrolières et ferroviaires impliquées!», a-t-il livré par voie de communiqué.

Pour la Coalition, ce n’est ni à Tom Harding, ni à Richard Labrie et ni à Jean Demaître d’assumer en boucs émissaires les conséquences judiciaires de décisions douteuses prises pour la seule quête avide de profits.

Avant le début du procès, le juge Gaétan Dumas avait refusé aux avocats de la défense de déposer en preuve le rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), qui identifiait 18 facteurs ayant mené à la tragédie, la plupart reliés aux procédures de la compagnie de chemin de fer MMA, à la mauvaise culture en matière de sécurité ferroviaire et au laxisme de Transports Canada, dont les fonctionnaires connaissaient les déficiences de la compagnie en matière de gestion de la sécurité.

Selon Robert Bellefleur, le risque d’une autre tragédie est toujours présent. «Bientôt cinq ans après la tragédie, Transports Canada autorise encore la CMQR (Central Maine & Québec Railway) à stationner et à trier ses convois transportant des matières dangereuses sur la même pente au même endroit à Nantes d’où est parti le train de la mort, le 6 juillet 2013. Pourtant, Transports Canada est très au fait que 12 kilomètres plus bas au centre-ville de Lac-Mégantic, on a reconstruit la funeste courbe avec un angle encore plus prononcé qu’avant la tragédie.»

De retour, cette fois à Lac-Mégantic

Après les accusations au criminel, dont ils viennent d’être blanchis, les trois mêmes ex-employés de la MMA reviennent en cour, cette fois au palais de justice de Lac-Mégantic, le 5 février, pour faire face cette fois à des accusations portées par le gouvernement fédéral, en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire.

L’avocat de Tom Harding, Tom Walsh, a déjà fait savoir que son client plaiderait coupable. Ce qui pourrait lui valoir jusqu’à six mois d’emprisonnement ou à une amende allant jusqu’à 50 000$.

Harding, Demaître et Labrie n’en auront pas fini pour autant avec la justice. Ils sont aussi tous les trois accusés en vertu de la Loi sur les pêches au Canada d’avoir causé la décharge de contaminants dans le lac Mégantic. Des accusations qui pourraient être abandonnées.

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