Pour mieux vivre avec la maladie d'Alzheimer

Pour mieux vivre avec la maladie d'Alzheimer - Claudia Collard : Actualités

Lucie Foley, coordonnatrice et conseillère aux familles du point de service du Granit de la Société Alzheimer Estrie.

Bien que la maladie d’Alzheimer ne fasse pas partie du processus de vieillissement, ses symptômes apparaissent la plupart du temps chez les gens du troisième âge. Ce constat, combiné au vieillissement de la population, fait en sorte que cette réalité risque d’être de plus en plus présente. Heureusement, proches aidants comme personnes atteintes peuvent désormais bénéficier de services adaptés à leur condition.

Diverses formes d’aide sont proposées à la clientèle de la Société Alzheimer Estrie (SAE). La coordonnatrice du point de service du Granit, Lucie Foley, précise que les services de la SAE ne concernent pas seulement l’Alzheimer, mais aussi toutes les maladies apparentées se manifestant par des troubles cognitifs liés au fonctionnement du cerveau, dont les différents types de démence. Aucun diagnostic n’est nécessaire pour consulter la SAE.

Parmi les signes précurseurs de la maladie, les pertes de mémoire sont les plus connues. «Il ne faut toutefois pas les confondre avec les distractions, qui peuvent aussi augmenter avec l’âge. On parle de pertes de mémoire fréquentes et qui vont affecter les activités usuelles, qui empêchent de fonctionner, de se concentrer sur une tâche qu’on a pourtant faite toute sa vie», explique Mme Foley.

Autres indices pouvant mettre la puce à l’oreille, les troubles de langage et la désorientation. «Les gens vont chercher leurs mots ou n’en connaissent plus la signification. Ils peuvent aussi se perdre dans des endroits familiers. Le jugement est également affaibli; par exemple, s’il fait froid, la personne ne pensera pas à s’habiller adéquatement.» Lucie Foley évoque aussi la difficulté pour les personnes atteintes de comprendre les notions abstraites comme les chiffres et la fréquente perte d’objets, pouvant être rangés dans des endroits inhabituels.

Parmi les symptômes pouvant être déstabilisants pour l’entourage, le changement de comportement sans raison apparente. «Les personnes peuvent devenir méfiantes, se fâcher… La clé c’est de toujours garder son calme. Car même si les traits de caractère changent, même si la personnalité change, les émotions sont encore là. Il faut alors explorer au niveau des sentiments, surtout ne pas se fâcher. Si elle est traitée avec respect et compréhension, la personne va sentir qu’on essaie de l’aider.»

Cette approche en douceur est également à préconiser lorsque la personne atteinte tient des propos qui n’ont rien à voir avec la réalité. «Comme les fonctions cérébrales sont affectées, sa réalité est différente de la nôtre; elle peut parler d’une personne décédée comme si elle était encore vivante. C’est vraiment d’aller voir l’émotion qui se cache en-dessous. Peut-être qu’elle s’ennuie de cette personne; on peut lui montrer des photos, lui dire que cette personne est en sécurité. Si par exemple, elle est pressée d’acheter ses cadeaux de Noël alors qu’on est en plein été, on peut lui montrer que les feuilles dans les arbres sont vertes, donc qu’il n’y a pas d’urgence. Il est important de la rassurer. Si on la confronte à son déficit, la personne atteinte va davantage se replier sur elle-même.»

Ces informations font partie des nombreux renseignements que les proches aidants peuvent obtenir auprès du point de service du Granit de la SAE. «Il est important de les soutenir autant que les personnes atteintes. Les proches aidants vivent souvent de l’isolement, éprouvent de la fatigue, de l’épuisement et même de la culpabilité dans certains cas. Pour le conjoint qui habite avec la personne atteinte, c’est encore pire. Il est important de respecter ses limites, ne pas avoir peur de demander de l’aide, autant à ses proches qu’à la Société Alzheimer.

Parmi les services offerts, des café-rencontres réunissent des proches aidants une fois par mois. Les participants s’y échangent des trucs, favorisant le processus d’acceptation de cette nouvelle réalité. La prochaine rencontre aura lieu le 12 septembre et il suffit de contacter Mme Foley au 819 582-9866 pour de plus amples informations.

Des rencontres individuelles déterminées avec le proche aidant ainsi que des rencontres familiales pour que tous disposent des mêmes informations sont également offertes. Ces services sont gratuits pour les membres de la SAE (25$ par an).

Programme de répit-stimulation

À la fois bénéfique pour les proches aidants et les personnes atteintes, le programme répit-stimulation de la SAE comprend les servicesd’une accompagnatrice formée par l’organisme, à raison d’une fois par semaine durant trois heures, période durant laquelle le proche aidant peut prendre du temps pour lui. «Ce programme est basé sur les intérêts de la personne atteinte. Si elle aimait jardiner, marcher, magasiner, faire de l’artisanat, aller prendre un café dans un restaurant en particulier, on l’accompagne dans cette activité. Le but, c’est de la stimuler pour qu’elle conserve ses capacités cognitives autant que possible. Ce service est offert à raison de 7$ l’heure, donc 21$ par semaine et la durée varie en fonction des besoins», informe Lucie Foley. Présentement, une quinzaine de personnes sont inscrites au service.

Si la stimulation peut contribuer à retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer, l’adoption d’un mode de vie sain est un bon facteur de prévention. «Ce qu’on peut se dire c’est que ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau. Contrôler sa tension artérielle, son taux de sucre dans le sang, son cholestérol, avoir une bonne alimentation (fruit, légumes et poissons), éviter les gras saturés, les sucres raffinés et les excès d’alcool et faire de l’exercice régulièrement font partie d’un mode de vie préventif. On peut aussi garder son cerveau actif en apprenant quelque chose qui demande un effort intellectuel; mots croisés, sudoku, nouvelle chanson… Maintenir ses interactions sociales est aussi très important: ça stimule les réserves cérébrales», fait valoir Mme Foley.

Pour en savoir plus long sur l’ensemble des services offerts par la SAE, on visite le site alzheimerestrie.com.

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