Un village derrière l'intégration de soudeurs colombiens

Un village derrière l'intégration de soudeurs colombiens - Rémi Tremblay : Actualités

Les travailleurs colombiens, un atout pour Les Équipements Lapierre à Saint-Ludger. Dans l’ordre : Anick Lapierre, Yson Puentes Castro, Selin Deravedisyan (Phoenix), Willinton Vargas Cardona, Christian Adam (Phoenix), Hector Manuel Muneton, Laurie Quirion, Viviana Cardenas (Phoenix), Chantal Lapierre et Cesar Augusto Peres.

Cinq mois après leur arrivée à Saint-Ludger, Cesar Augusto Perez, Yson Puentes Castro, Willinton Vargas Cardona et Hector Manuel Muneton, quatre soudeurs d’origine colombienne, ont trouvé une deuxième famille chez Les Équipements Lapierre, leur employeur, et les quelque 200 employés à ses usines de Saint-Ludger et Waterloo. Et toute la communauté locale y est pour quelque chose. Un succès d’intégration salué par la firme de recrutement international Phoenix, avec qui les sœurs Chantal et Anick Lapierre ont scellé leur contrat d’embauche, au terme de deux jours d’entrevues en plein cœur de Medellin, en janvier 2018.

Pour l’instant hébergés dans des appartements aménagés pour eux dans l’ancien hôtel-bar du village, à quelques pas à peine de leur lieu de travail, ces travailleurs qui ne connaissaient rien du Québec s’adaptent avec le sourire à un hiver qui n’en finit plus et partagent la même hâte d’accueillir leur famille sans doute en juin. Le choc climatique sera alors moins élevé qu’à leur propre arrivée à l’aéroport de Montréal, à la mi-novembre dernier.

«Nous avons rénové l’hôtel pour leur donner un coup de main en arrivant, meublé les appartements, fourni une voiture et organisé les cours de francisation», indique la conseillère en ressources humaines, Laurie Quirion.

Le jour de la rencontre avec l’Écho et l’Éclaireur, la tempête «des sucres» refusait de lâcher prise. Dans la salle de conférence, une ambiance toute familiale. Que du monde heureux! «Ce ne sont pas seulement des très bons soudeurs, ce sont aussi des très bonnes personnes», lance Selin Deravedisyan, de la firme de recrutement Phoenix. Chantal et Anick Lapierre acquiescent. «En entrevue, nous ne regardions pas seulement les compétences, mais beaucoup la personnalité de chacun», se souvient Anick. La sélection finale a été heureuse. Selin Deravedisyan en convient: «On ne les interrogeait pas seulement sur la connaissance du métier, on cherchait qui, parmi les candidats, y voyait un espoir de vie, un futur à construire!»

Pour trois d’entre eux, aller passer l’entrevue supposait d’attendre la fin de son quart de travail et prendre l’autobus pour la grande ville. Jusqu’à 10 heures de route à l’aller et autant au retour avant de regagner son lieu de travail, en croisant les doigts pour que ça marche. Comme gagner à la loterie! Manuel se rappelle bien de la date, le 21 janvier. La rencontre a changé sa vie, lui qui attendait cette chance depuis 10 ans. Willinton l’espérait depuis 20 ans!

«Ils ont tous un niveau d’éducation très élevé, supérieur à un secondaire V, assure Viviana. La compétence était très importante!» Elle estime à 300 le nombre de Colombiens qu’ils ont recruté pour le Québec ces dernières années. La firme de gestion en mobilité internationale, ayant un bureau satellite à Saint-Georges de Beauce, voit au recrutement, aux procédures d’immigration, à l’accueil et à l’intégration des nouveaux travailleurs, avec le support de la communauté et des organismes du milieu.

À Saint-Ludger, dans les mois précédant l’arrivée des travailleurs, à peu près tout le village s’est mobilisé. Un comité de bénévoles a été mis sur pied. La municipalité a aussi été interpellée. «Ici, à l’usine, nous avons formé un groupe d’une quinzaine d’employés qui ont suivi des cours d’espagnol offerts par le Service d’éducation aux adultes», précise Laurie Quirion. Trente heures de cours donnés par un enseignant qui s’est déplacé sur leur lieu de travail. Un groupe Facebook a été mis en ligne : Bienvenue à Saint-Ludger. «Nous n’avons rien entendu ni lu de négatif en rapport à leur venue. Il y a même des enseignants à la retraite qui se sont dit prêts à aider les enfants colombiens qui vont arriver à s’adapter dans leur nouveau milieu de vie», ajoute Laurie Quirion.

Une semaine typique dans la vie des travailleurs: un quart de travail comme tous leurs collègues, des cours de francisation le samedi avec des travailleurs mexicains à l’emploi de Fabrication Dulac, magasinage et sorties le dimanche.

Tous les quatre ont bien l’intention de s’installer définitivement en région. Yson et Willinton ont hâte à l’été. Peut-être que ces nouveaux citoyens pourraient aider à mettre en place un club de soccer. L’idée plaît bien aux dirigeantes de l’entreprise. Le seul regret des dirigeants de l’entreprise : «Il y a des maisons à vendre à Saint-Ludger mais rien à louer pour les familles», constate Chantal. Les nouveaux travailleurs pourraient bien s’éloigner vers Lac-Drolet pour trouver ce qu’ils cherchent, à moins de trouver rapidement une solution.

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