L’exposition Clovis au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke

L’exposition Clovis au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke - Rémi Tremblay : Actualités
L’exposition Clovis est appelée à devenir une attraction touristique majeure à Lac-Mégantic. Pour l’instant, il faut la visiter au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.
L’exposition Clovis au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke - Rémi Tremblay : Actualités

Le passé de la région de Lac-Mégantic est à l’honneur jusqu’au 22 juin au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, qui accueille l’exposition Clovis, peuple chasseur de caribous. De retour l’an dernier d’une longue tournée pancanadienne, des Maritimes jusqu’en Colombie-Britannique, en passant par le Québec, le Manitoba et l’Ontario, l’exposition Clovis devait retourner en sa terre natale, mais faute d’avoir pu trouver un domicile pour l’accueillir, la Ville de Lac-Mégantic permet au Musée de prolonger sa présence au 225, rue Frontenac à Sherbrooke.

Les visiteurs y découvrent le mode de vie des chasseurs-cueilleurs, descendants des pionniers Clovis, qui ont été les premiers à s’aventurer en sol québécois. Ils peuvent même expérimenter la fouille d’un site archéologique et se réfugier à l’intérieur d’un abri en peau de caribou. De nombreux artefacts, comme des pointes de projectiles et d’autres outils, y sont présentés. En compagnie des archéologues et des spécialistes qui ont découvert et interprété les indices du passage de ces premiers occupants, l’exposition ramène le visiteur au Mégantic d’aujourd’hui.

«Clovis, peuple chasseur de caribous est le résultat de plusieurs années de recherches archéologiques. Elles ont été réalisées sur le site Cliche-Rancourt du lac Aux Araignées, le plus ancien site archéologique du Québec. L’exposition nous fait découvrir comment les premiers autochtones s’adaptaient aux conditions environnementales rigoureuses qui prévalaient en Estrie à cette époque et présente des artefacts uniques au Québec», mentionne Éric Graillon, archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

À sa première présence au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, de septembre 2015 à janvier 2016, Clovis a accueilli 4638 visiteurs. L’exposition a ensuite visité Thetford Mines, Val d’Or, Moncton au Nouveau-Brunswick, Saint-Georges, La Prairie, l’Exploration Place à Prince Georges (avec le plus grand nombre d’entrées, soit 13 033) et le Museum of Northern British Columbia en Colombie-Britanique, avant de retraverser le pays en faisant une halte au Manitoba en 2018 puis en Ontario jusqu’à la fin août 2019.
Inaugurée en 2015 à Sherbrooke, l’exposition Clovis, peuple chasseur de caribous est une production du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke réalisée grâce à la contribution du ministère du Patrimoine canadien et de la Ville de Lac-Mégantic, en collaboration avec l’Université de Montréal et la Corporation du patrimoine archéologique du Méganticois.

C’est la dernière année que le Musée en dispose. Après, Clovis devra avoir trouvé sa place en région pour être exposé au grand public et aux visiteurs, comme site unique d’attraction touristique pour l’interprétation de ce territoire associé au Méganticois.

Plus qu’une exposition
André Samson est l’un de ceux qui partagent un intérêt certain pour la mise en valeur des découvertes effectuées sur le site Cliche-Rancourt, à Frontenac. «La découverte des vestiges vikings au nord de Terre-Neuve (datant d’environ 1 000 ans) a mené à la mise en place d’un site de Parcs Canada. Les traces laissées par le passage des premiers êtres humains, il y a 12 000 ans, c’est ici qu’on les a trouvées, dit-il. Maintenant, ça prend une volonté politique pour l’exploiter à sa juste valeur.»

Les édiles municipaux ont prévu aller visiter l’exposition à Sherbrooke quelque part en février. Une occasion de raviver l’intérêt pour un grand projet de mise en valeur de la culture Clovis ici, en région. Il resterait par la suite à ficeler un dossier qui pourrait être acheminé via le député fédéral Luc Berthold au bureau du nouveau ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault.

«Le site Cliche-Rancourt est un joyau naturel, insiste André Samson. À sa mise en valeur, on pourrait aussi greffer l’histoire de la chasse en région.» Une étude intitulé «12 000 ans de chasse dans le méganticois» révèle toute l’importance de la chasse dans l’aventure humaine, comme le plus ancien mode de subsistance de l’humanité.

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