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Étrange «nouveau» monde!

Un monde sans contact humain serait un monde infiniment triste. Et c’est pourtant ce à quoi nous sommes tous confrontés depuis le début de cette crise mondiale de la COVID-19. L’Écho s’est placé en quarantaine le 18 mars dernier mais l’équipe poursuit ses opérations. Seul l’accès physique au bureau est fermé.

Une mesure prise à contrecœur, croyez-nous, puisque nous avons célébré les 90 ans de l’hebdo l’an dernier. Même dans les jours et les semaines suivant la tragédie de juillet 2013, nous n’avons pas sauté une publication. Ce contact privilégié avec le lecteur a toujours été l’essence même de la mission du journal. Pour nous, le lecteur est aussi le voisin, la connaissance, l’ami, le membre de la famille. Et on ne ferme pas la porte au nez de ces gens-là en temps normal. Chez vous non plus, j’imagine.

J’aurais dû, en fait, commencer ce billet par une question qui n’est plus une formule banale : «Comment ça va ?». Et vous auriez pu répondre en face à face: «Ben, c’est un monde étrange que ce nouveau monde auquel on nous demande de s’adapter. Ça va peut-être prendre du temps, mais on n’a pas vraiment le choix!»

En quelques jours seulement, tout a tellement basculé que les gestes les plus simples, les rencontres les plus banales avant, nous ramènent tous à «l’ancien temps version 2.0»

Les gens de Piopolis connaissent bien Mario Lafontaine, le conteur. Lui aussi est victime de son âge, catégorisé chez les 70 ans et plus. Il en a 75. Une autre raison pour lui de ne pas mâcher ses mots. J’ai bien pris soin de noter sa conversion au téléphone, lundi matin. «Je crois qu’on vit une folie furieuse. Ils (le gouvernement du Québec) n’auraient jamais dû parler d’un niveau d’âge. Ça ne se fait pas. À l’heure actuelle, on a le choix de dire je veux mourir (se référant au droit de demander l’aide médicale à mourir). Et là, ils nous interdissent de mourir. Ils limitent nos choix. Le danger, on en est tous conscients. Je me souviens qu’il y a 70 ans, les femmes n’avaient pas le droit d’aller au magasin général, à cause de la religion, sauf le dimanche après la messe. Tous les autres jours, c’était le mari qui faisait l’épicerie. (Plus de problème, Mario. À partir du 5 avril, les épiceries seront fermées, a dit le premier ministre). Certains disent qu’on vit la troisième guerre mondiale. Ce qui me rappelle ce qu’on disait quand on était jeunes: la guerre pas de fusils, ça dure longtemps.»

Mario a ce qu’on peut appeler «une bonne âme»! L’écriture, l’humour, l’humeur et la parole faciles. Pas comme ce couple de personnes âgées qui se présentaient au supermarché, la semaine dernière, côte à côte, l’un comptant sur l’autre, dans cette aventure à travers le «nouveau» monde et les nouvelles façons de faire. L’employée à la porte les a prévenus: une personne seulement pour faire l’épicerie. Moment déchirant, même pour l’employée! D’habitude, dans l’«ancien temps», remplacé par un nouveau qui nous est tombé dessus comme une météorite il y a quelques jours seulement, les personnes âgées se seraient mêlées à la foule et auraient même passé inaperçues.

Si je pouvais jaser deux minutes avec le virus, à deux mètres de distance, je lui dirais qu’il n’a pas de cœur. On ne s’attaque à ces gens qui ont vécu souvent avec le strict nécessaire et qui se sont sacrifiés pour donner le meilleur aux enfants et aux petits-enfants. Pour la plupart d’entre eux, le bonheur se résumait à donner et à aider. Souvent en s’oubliant. Ce sont des adeptes, sans le savoir, de ce que le petit pays du Bhoutan prône comme valeur première: le Bonheur national brut. Le bonheur, pas dans l’accumulation des biens matériels mais dans le respect des valeurs humaines. Paraît que là-bas ils fuient «le poison caché dans nos modes de vie». Qu’est-ce qu’ils fuient au juste? L’idée même d’un bonheur lié aux possessions matérielles et aux réussites sociales. Paraît que dans cet état d’esprit, pas de haine, pas de colère, pas de tension, pas de stress. À être ainsi confinés dans nos maisons, on s’enligne pour faire un pas vers cette philosophie, pourtant si éloignée de nos propres valeurs en temps normal.

Oui, c’est vrai, toutes les mesures sanitaires visent à les protéger, ceux qui font partie de la tranche d’âge des plus vulnérables.

 

«Bof, mourir de ça ou mourir d’autre chose!» Vu de même, le gars a tellement raison. Paraît que le tabac fait 7 millions de victimes dans le monde chaque année. Comme la COVID-19, le tabac fait ses ravages dans l’organisme en s’attaquant aux poumons et au système respiratoire.

Pas pressé de mourir, je préfère traiter aux petits oignons mon système immunitaire. Ça fait «looser»? En tout cas, plus pratique que de prendre un aller simple pour le Bhoutan.

 

 

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