La guignolée des médias

Docile ou non?

En forçant l’économie à l’arrêt et les individus à la quarantaine il y a maintenant déjà deux mois, c’est fou comme le temps passe vite, le méchant virus a révélé autant les forces que les faiblesses du système dans lequel on vit et qu’on acceptait par habitude, par résignation ou par aveuglement volontaire confortable. Et voilà qu’on s’est remis à chauffer la machine pour une remise en route graduelle vers une vie qualifiée d’un peu plus «normale» mais pas encore tout à fait. Et la crise a aussi révélé les forces et les faiblesses de chaque individu, pas juste le collectif.

Les barrières pour stopper la marche inexorable de clovid nous a forcés à revenir vers l’essentiel d’abord, le prioritaire ensuite et bientôt viendra tout le reste, tout ce qui participe à une vie dynamique, pas juste à une économie de survie.

Quand on perd nos repères, quand le monde s’efface et s’enferme à la maison obéissant aux consignes de l’État, quand les évènements s’annulent, les activités, les rassemblements, quand les régions se ferment l’une à l’autre, parce que l’autre est devenue suspecte, qu’est-ce qui reste au juste?

Repenser le monde dans lequel nous vivons demande du temps et des énergies. Du temps on en a, des énergies on en reprend, le goût de revenir comme avant, pas vraiment! Tout dépend de l’âge qu’on a, j’imagine. Prendre du temps pour soi, plutôt que d’en perdre pour d’autres qui ne veulent pas comprendre que le retour en arrière est impossible! De l’égoïsme? Et pis après?

L’étrange été qui se pointe devant nous sera encore, je le crains, trop court! Qui aurait imaginé une saison estivale sans festivals, sans grands événements, sans rassemblements, sans les grandes foules et les grandes célébrations. Sans les visites chez la parenté éloignée et les voyages par agrément? C’est toujours comme ça que notre espèce humaine nordique s’est sortie d’une longue hibernation, en se secouant les puces en gang, autour d’un feu, autour d’une scène, entourés de monde à s’y perdre et à en perdre la tête. C’est un peu comme ça qu’on s’est soutenus en 2013, rappelez-vous. Ensemble! Mais là, l’«ensemble» est interdit, sauf peut-être l’«ensemble» à distance de deux mètres.

Oui, temporairement, en situation de crise, on va s’habituer à la longue à garder ses distances, à limiter ses sorties au strict nécessaire, à privilégier les contacts sur les réseaux sociaux, à se laver les mains plus souvent qu’autrement, à porter un couvre-visage pourquoi pas, si ça devient obligatoire. Comme le doc Poirier le dit plus loin dans ce journal, ça se passera un peu comme le port obligatoire de la ceinture de sécurité. D’abord promouvoir, puis recommander fortement dans les grands espaces publics, style le métro de Montréal, et quand la grande majorité aura inscrit ce curieux accessoire dans sa série de gestes posés au quotidien, peut-être que ça viendra obligatoire. Tant qu’on ne nous oblige pas à cette dépendance aux chaines de nouvelles en continu qu’on a développée comme réflexe aux premiers jours de cette crise planétaire, on va survivre aux directives.

Il ne faudra jamais s’habituer à ce genre de quotidien où la délation revient dans les mœurs, comme dans le temps des commères, derrière le rideau du salon. Il ne faudra jamais s’habituer à la peur de se faire coller un ticket si tu vas visiter la parenté. Il ne faudra jamais s’habituer à la peur, tout court. Il ne faudra jamais non plus s’habituer à être docile!

Ça, mon chat Léo me le prouve tous les jours, quand je lui sers son assiette de thon en même temps que sa «sœur» Mia. Léo mange vite, très vite, trop vite, pour mieux lorgner ensuite dans l’assiette de l’autre. Ce qu’il fait allègrement aussitôt que j’ai le dos tourné. Léo n’est pas docile, Mia la sauvageonne agit par peur. Donc, elle se laisse tasser quand l’intimidateur vient lui voler son manger. Et je rage contre Léo quand il croit être un lion dans sa tête de chat. Dans le fond, je l’envie. Léo n’est pas docile! Et je ne voudrais pas non plus d’une épitaphe au cimetière où on inscrirait, le mot «docile» entre l’année de ma naissance et celle du grand départ. Je vais exiger le mot «rebelle» comme dans «pacifique rebelle». Ma vie aura alors eu un meilleur sens.

Je sais pourtant qu’il faut suivre les consignes. Ils nous le répètent à un point tel que cela devient un mantra qui n’a rien à voir avec le Om Mani Padme hum! Et vous, vous aimeriez ça qu’on vous catégorise dans la colonne des «dociles» plutôt que dans celle des «rebelles»?

Individuellement, on devrait bien s’en sortir, quand arrivera le temps des libertés retrouvées. Collectivement? Peut-être aussi. Mais en attendant, plus le temps passe plus on se perd entre «obéir par peur» ou «en faire à sa tête de chat rebelle». Pas «insoumis», pas «indignés», juste «rebelle» à l’idée de devenir «soumis».

 

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