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Les éducatrices en milieu familial revendiquent plus de justice

Les éducatrices en milieu familial revendiquent plus de justice - Rémi Tremblay : Actualités Société

Mobilisation des responsables des services de garde en milieu familial, le 18 juin, à Lac-Mégantic, pour réclamer plus de justice pour les éducatrices.

Les éducatrices de services de garde en milieu familial ont poursuivi leurs moyens de pression, jeudi dernier, le 18 juin, en manifestant au coin des rues Laval et Frontenac, à Lac-Mégantic, afin de dénoncer les injustices à leur endroit.

Syndiquées auprès de la CSN depuis 2008, les éducatrices, distribuant des tracts, ont ainsi souhaité obtenir le soutien de la population pour demander plus d’équité envers les responsables de service de garde.

Josée Duquette est éducatrice en milieu familial depuis 22 ans. «Dans la MRC du Québec, on était au moins 84 à offrir le service, il y a quelques années et là, on s’attend à n’être qu’une quarantaine en septembre. À chaque année, on perd des joueurs parce que les conditions de travail ne sont pas vraiment gagnantes pour nous. On n’est pas reconnues non plus.»

Un exemple d’iniquité dénoncée parmi d’autres, la prime COVID. «Pendant la pandémie, moi j’ai eu une service d’urgence à la maison. J’ai eu peur pour ma famille. On avait des mesures de désinfection et d’autres à respecter. L’éducatrice en installation a eu une prime de 100$ et n’avait pas à faire tout ce que moi je devais faire chez moi à la maison. En région, la pandémie n’a pas trop frappé, mais certains milieux de garde ont tout de même été affectés par la COVID.  Alors, pourquoi on donne la prime à un et pas à l’autre?»

La crise sanitaire est venue accentuer les irritants dans les services de garde en milieu familial et ajouter à la lourdeur administrative de plus en plus contraignante.

Même deux poids, deux mesures au niveau de la charge de travail. «On fait la même chose que l’éducatrice en installation mais on a aussi la cuisine à faire, la désinfection, la paperasse, la comptabilité. La formation, moi, je dois la faire en dehors de mon temps de travail, par les soirs et les fins de semaine. Je dois payer ma formation et mon temps à moi n’est pas compté.»

Ces formations obligatoires portent sur les premiers soins et le développement de l’enfant. «Parfois, je vois des éducatrices en installation dans la même classe. Le Centre de la petite enfance va payer leur formation. Il y a beaucoup de choses qui sont pas équitables.»

Comme premier moyen de pression, les éducatrices en milieu familial ont tenté l’exercice. «Pendant trois jours, les parents ont été invités à amener la boîte à lunch de leur enfant. Deux collations et un dîner. Nous, on reçoit 2,65$ pour la nourriture. L’exercice consistait à voir si les parents étaient capables de préparer un repas santé pour ce prix-là. À voir le contenue des boîtes à lunch, des parents ont dépensé plus que 2,65$ pour la boîte à lunch.»

Les responsables de services de garde qui ont quitté au cours des années ont tout simplement changé d’emploi. «On assiste de plus en plus à un essoufflement au niveau des gens qui font ce métier-là. Elles adoraient les enfants, elles aussi. Les filles sont juste épuisées. Et il y a aussi le fait qu’on obtient aucune reconnaissance de la part du gouvernement.»

Les principales demandes syndicales déposées depuis l’échéance de leur convention collective, le 31 mars 2019, ont été refusées jusqu’à maintenant: non aux dispositions contre le harcèlement psychologique ; non à la formation d’un comité de relations professionnelles avec le Bureau coordonnateur ; non au congé sans solde de 12 mois ; non à un programme de reconnaissance des acquis et au remboursement des frais de scolarité pour l’obtention d’un diplôme ou d’une attestation d’études collégiales ; non à une hausse annuelle des subventions de 2,5%. Un grand nombre de demandes a ainsi essuyé un refus.

Et la cerise sur le sundae : «Au ministère, ils ont tout remodelé le programme éducatif Accueillir la petite enfance. Tout un guide à apprendre, en dehors des heures de travail.»

Le gouvernement du Québec les considère comme des percepteurs d’impôts, ce qu’elles ne sont pas : «Nous, on est des femmes de cœur. Je fouille de plus en plus dans mes poches pour faire l’épicerie. Et les légumes de mon jardin. Les parents nous confient leurs enfants, de l’âge de trois mois à cinq ans. Et je pleure à chaque fois qu’un enfant quitte le service parce qu’il a atteint l’âge limite.»

Josée Duquette s’exprime au nom de toutes les éducatrices qui partagent le même sentiment d’être traitées injustement. «Pour 55 heures de travail par semaine, on est en bas des normes du travail, et d’un autre côté on n’est pas nécessairement traitées non plus comme des travailleuses autonomes.»

Elle souhaite que les parents les supportent et prennent la peine de communiquer avec le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, à l’adresse [email protected] ou par téléphone au 418 643-2181.

 

 

 

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