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La beurrée de beurre de pinotte

J’aurais pu aussi baptiser ce texte: «Le jour où je me suis perdu». Cependant, il y a votre attention que je n’aurais pas eue… Pas fou, hein? Ici, je ne parle pas d’une randonnée dans un champ de blé d’inde qui a tourné en épi (jeux de mots), bien sûr que non. Je fais référence à la perte de quelque chose de si simple dans ma vie, mais de si primordial: la simplicité. Et je ne suis peut-être pas le seul à qui c’est déjà arrivé, raison pour laquelle j’ai décidé de rendre publique la chose.

Quand j’étais haut comme trois pommes, ma mamie me proposait souvent une beurrée de beurre de pinotte comme collation. Elle savait que j’avais toujours faim et que je possédais un bon appétit. C’était donc idéal. Des protéines, des fibres, du collant au palais, wow… Que demander de mieux? C’était si simple. Même si ma grand-mère avait un frigo ainsi qu’un garde-manger aussi remplis que son sac à main (vous devriez voir ça, un poids lourd), je ne pouvais pas refuser ce snack idéal. C’était simple, si simple. C’était à l’époque où tondre des pelouses ne nécessitait pas d’acheter de l’essence, car le bidon était toujours plein dans la remise. C’était à l’époque où on prenait une petite collation à 15h30 en revenant de l’école devant les comiques… (Décidemment, la nourriture m’obsède). En gros, je flottais. Je rêvais en masse. J’avais la tête dans les étoiles et les pieds qui dansaient su’l plancher des vaches et le pire dans tout ça, c’est que je que je n’avais même pas la caboche pour me rendre compte que ça allait avoir une fin, les beurrées. Bref, c’était avant.

Avant de commencer à travailler. Avant de commencer à conduire et à croiser des gros camions qui éclaboussent mon beau bolide. Avant de payer une fortune d’assurance. En gros, un peu comme les Gaulois qui ont peur que le ciel leur tombe sur la tête, ça m’est tombé en plein dessus le jour où j’ai eu une décision plus importante à prendre que cette chemise-ci ou cette chemise-là? C’était pourtant inévitable. J’allais un jour devenir grand, et un grand ça réfléchit tout le temps (ou en tout cas, très souvent).

Cependant, j’ai compris que d’essayer de plaire à tout le monde, ça ne plaisait à personne. J’ai compris qu’avoir une fortune en banque n’était pas payant si on n’en profitait pas avec ceux que l’on aime. (De ce fait même, j’ai compris que l’argent, ça n’achète pas tout.) J’ai compris qu’on ne connaissait jamais réellement l’impact qu’une personne pouvait avoir dans notre vie. On en croise des gens! Certains restent alors qu’ils devraient partir et d’autres nous quittent alors que l’on les voulait encore plus près. J’ai compris qu’il était plus facile pour certains d’ignorer les tracas des autres plutôt que de prendre deux minutes pour les écouter. J’ai aussi compris que les beignes au miel du commerce sont beaucoup moins chers que mes bagels multigrains. Dommage pour ma ligne.

Le fin mot de la fin, c’est le suivant. Je crois que pour faire revenir la simplicité dans ma vie (et peut-être dans la vôtre, qui sait), il s’agit de se faire une bonne beurrée de beurre de pinotte. Le reste va suivre. Permettons-nous de faire une p’tite course de panier entre deux allées à l’épicerie et de se sauver dans le frigidaire à bière pour en rire. (Eh oui, je viens d’écrire ça). J’espère donc vous recroiser (peut-être pas à l’épicerie par contre, su’l coin, il pourrait y avoir collision. J’ai le don de me retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Hep!) dans votre plus simple expression. Tout comme en mathématiques, une fois l’opération résolue (vous savez ces questions bidons que l’on nous pose dans les formulaires ou les concours?) tout est tellement plus merveilleux au naturel. Un peu comme le beurre d’arachide après tout.

Jessy Grenier

 

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