La guignolée des médias

«Notre magnifique territoire»

Lentement mais sûrement, le monde municipal prend la mesure de l’«entente historique» qui a été signée le 16 janvier 2019 entre le gouvernement canadien de Justin Trudeau et la nation huronne-wendat, au Québec. Lentement mais sûrement, le monde municipal découvre les conséquences de ce nouveau traité «de nation à nation» qui est passé sous silence pendant des mois avant que les Québécois apprennent son existence.

«La nation huronne-wendat a signé une nouvelle entente avec le gouvernement fédéral qui lui accorde davantage d’autonomie, notamment pour agrandir son territoire.» Le premier paragraphe de l’article du Journal de Québec, en cette journée historique, ne laissait surtout pas deviner ce qui allait suivre. Ce que les Québécois comprenaient de cette entente c’est qu’elle «allait aider le grand chef Konrad Sioui à mettre la main sur les anciens terrains de la Défense nationale que la communauté huronne-wendat de Wendake, dans la région de Québec convoitait à Ste-Foy.»

Dans les faits, cette entente engageait le fédéral à consulter la nation huronne-wendat pour, lisez bien: «tout ce qui concerne le développement de son territoire et qui présente des risques aux droits ancestraux issus du Traité Huron-Britannique de 1760.»

La carte parle d’elle-même. En fait le vaste territoire revendiqué par la Nation huronne-wendate s’étend d’ouest en est, de Trois-Rivières à Tadoussac et du sud au nord, de Lac-Mégantic jusqu’au Lac-St-Jean.

Le territoire est identifié sur la carte par le nom Nionwentsiö. «Notre magnifique territoire».

On ne peut nier le fait historique que les premiers habitants du Méganticois, il y a 12 000 ans, étaient des Autochtones. L’histoire plus récente, remontons avant l’arrivée de Jacques-Cartier, fait état des Abénakis qui ont donné le nom à bien des lacs et des rivières. Les Hurons? Pas vraiment! On l’a vu, avec les travaux de la rue Champlain, qu’il fallait que la nation huronne-wendate approuve les travaux pour que le gouvernement canadien allonge les dollars dans ce projet d’infrastructure que le Canada payait en partie… Ça va être le cas de la voie de contournement ferroviaire et de la Ligne d’interconnexion des Appalaches qui traversent tous les deux le sol «ancestral» huron, du moins selon la compréhension de Justin Trudeau!

Il suffit de quelques recherches pour se rendre à l’évidence : ce qui était d’abord et avant tout un banal certificat de soumission est devenu un traité par les juges de la Cour suprême et aujourd’hui, grâce au grand chef Justin, on est maintenant soumis aux diktats d’une communauté de 4000 membres qui dit posséder des droits ancestraux sur un territoire aussi grand qu’un pays d’Europe. Des juges et des politiciens hauts placés ont convenu que dorénavant, pour se développer sur le grand territoire huron-wendat, nous devions soumettre les projets, tout aussi locaux qu’ils sont, à ses propriétaires légitimes!

Dans son livre Histoire d’une région étoilée- Étude historique de la région du mont-Mégantic Yvette Labonne fouille les vestibules de l’histoire d’avant la Conquête, donc avant même la création des townships par les conquérants britanniques. Elle relate la présence historique des Abénaquis dès le 17e siècle. «Les Anglais de la Nouvelle-Angleterre détestaient les jésuites et les Abénakis. Ils répugnaient surtout le pouvoir des religieux sur les autochtones. Après les attaques iroquoises, plusieurs Abénakis iront s’établir plus au nord. La mission Saint-François-Xavier de Sales (celle de la rivière Chaudière) deviendra le village de plusieurs Amérindiens qui demeuraient dans le haut de la rivière Chaudière, près de Namesokanjik (Mégantic), ou le «lieu où se tiennent les poissons», soit à la tête du lac plus précisément.» C’est la Nouvelle-France qui leur permit d’occuper le territoire situé au sud du fleuve Saint-Laurent, de la rivière Chaudière à celle des Iroquois et du fleuve Saint-Laurent jusqu’à la Nouvelle-Angleterre. «Dès lors, ce territoire qui fut considéré comme leur appartenant, comprenait bien entendu une partie des Cantons-de-l’Est, une dénomination encore inexistante à cette époque.

Les droits ancestraux sur notre région, ce sont les Abénakis qui ont tout à fait raison de les revendiquer.

Et dire que le Québec a refusé et refuse toujours de signer le rapatriement de la Constitution canadienne!

 

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