La guignolée des médias

La bienveillance comme arme de combat

La bienveillance comme arme de combat - Claudia Collard : Actualités Société Coronavirus (COVID-19)

Cindy Stewart et Audrey Auclair, intervenantes pour l’Équipe de proximité.

Les actions sur le terrain de l’Équipe de proximité, déployées pour favoriser le mieux-être de la population, datent de bien avant la pandémie. Grâce aux contacts créés au fil du temps à travers diverses initiatives de participation citoyenne et rencontres individuelles, cette présence fait désormais partie intégrante du milieu. Un atout des plus précieux au temps de la COVID-19.

«Une des grandes priorités de l’Équipe étant de stimuler la participation citoyenne, donc de réunir pour briser l’isolement, avec la COVID il faut faire autrement», communique la technicienne en travail social Cindy Stewart. L’entrevue se déroulait le 5 novembre, alors que la région estrienne était encore en zone orange. Jusqu’à ce jeudi, son travail se déroulait donc principalement sur le terrain, notamment dans les bars et restaurants. De façon informelle, l’intervenante y prenait le pouls des gens, simplement en jasant, assurant au besoin le suivi nécessaire. Si sa façon de faire demeure le même depuis la création de l’Équipe de proximité, elle constate que certains besoins ont émergé avec la pandémie.

«En fait, les gens ont surtout besoin de comprendre. Il y a la pandémie mais aussi l’«infodémie». Ce trop-plein d’informations fait parfois en sorte qu’on prend un bout de renseignement ici, un autre bout là…», explique Cindy. «Les gens veulent bien faire, respecter les consignes, mais ne comprennent pas tout. Juste les courriels des garderies et du milieu scolaire peuvent causer stress et incompréhension», fait valoir la travailleuse sociale Audrey Auclair, qui reçoit parfois des appels de parents dépassés par la situation. L’information en continu, tant dans les médias traditionnels que sociaux, doit aussi être prise avec modération si elle génère du stress. Trop d’information, c’est comme pas assez. Si on ne se sent pas bien chaque fois qu’on regarde les nouvelles, vaut mieux prendre une pause», transmettent les deux intervenantes.

Parmi les interventions déployées depuis la pandémie, la présence de l’Équipe dans les entreprises, résidences et organismes afin de dénouer les tensions créées par les divergences d’opinions à l’endroit du coronavirus. Parce que oui, l’anxiété extrême tout comme la banalisation du virus sont source de conflits. «On est là pour transmettre un message de bienveillance. Ça ne sert à rien de se diviser; on combat tous la même affaire. Il y a ce qu’on pense et ce qu’on peut faire pour l’autre. On doit être capable de se placer dans la position de l’autre pour comprendre son point de vue. Sans juger et imposer son opinion. Se dire que l’autre fait son possible», indique Audrey.

Ne faut-il pas quand même parler de l’importance des gestes barrières? «On ne veut pas devenir la police du masque et de la distanciation. Notre souci est de savoir comment la personne va.  Nous ne sommes pas là pour juger les différentes croyances en lien avec la pandémie mais plutôt pour identifier la place que prennent ces croyances. C’est là où ça me préoccupe. Est-ce que cette personne a encore du fun? Est-ce que ça l’empêche de dormir? Est-ce qu’elle sort encore dehors? Est-ce qu’elle mange bien? Est-ce que le refus de porter le masque lui fait perdre son travail?», soulève Cindy. «Le problème n’est pas la croyance mais ses conséquences», renchérit Audrey.

Si la théorie du complot peut occuper une place prépondérante dans la vie d’une personne au point de nuire à sa santé mentale, une peur excessive du virus peut aussi provoquer le même effet. À l’Équipe de proximité, les interventions sont axées sur la solution au lieu du problème. «Nous sommes là pour cultiver la santé mentale et non traiter la maladie mentale. Au lieu de se centrer sur ce qui ne va pas bien, on va plutôt trouver ce qui fait qu’on se sent bien. Généralement, une fois qu’on a nommé ça, la personne fait des choix et va vers ce qu’elle aime. Elle est encore dans ses croyances mais elle vient de reconnecter avec quelque chose qui lui fait du bien», mentionne Audrey. 

Autre moyen de cultiver sa santé mentale, demander à quelqu’un qui ne partage pas notre inquiétude sur un sujet quelconque de nous donner son truc. «Il ne faut pas rester seul avec ça. Juste le fait de porter une situation à plusieurs aide beaucoup. On le fait même au sein de l’Équipe. Nous sommes comme tout le monde, on fait partie de la communauté. C’est ce que les gens osent nous partager qui fait qu’on cumule une expérience. Et, pour vrai, je rencontre autant des gens qui vont bien et qui souhaitent contribuer que des gens qui ont un mauvais moment à passer», partage Cindy.

En agissant sur le terrain, les intervenantes de l’Équipe de proximité ont développé des antennes leur permettant de s’ajuster constamment aux besoins. Sans jamais s’imposer en experts, insiste Audrey. «On n’a pas LA solution. On ne va pas te dire quoi faire pour bien aller. On a juste la neutralité nécessaire pour faire un pas de recul avec toi. Nous sommes là pour écouter, réfléchir avec la personne, sans jugement. La majorité des gens vont déjà mieux après nous avoir parlé. Même si la personne n’a pas encore trouvé de solution, elle se sent déjà plus légère.»

Ce sentiment de légèreté est particulièrement précieux au temps du coronavirus. «J’aime bien l’expression faire au mieux avec ce que j’ai à ce moment-là. Je trouve que ça enlève de la pression. Ça remet ça dans une optique de bienveillance pour soi. Le «à ce moment là» est important, c’est ce sur quoi t’as de la prise. Ça évite les avoir su», illustre Cindy, qui garde l’espoir qu’on ressortira grandis de cette pandémie.



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