Dr Poirier: «Il faut se forcer un peu plus!»

Dr Poirier: «Il faut se forcer un peu plus!» - Rémi Tremblay : Actualités Santé Coronavirus (COVID-19)

Les petites libertés du temps des fêtes, avec seulement quatre jours de rassemblements autorisés, du 24 au 27 décembre pour l’instant, sont conditionnelles à la façon dont la population va se comporter dans les prochaines semaines.

Si la situation, sur le territoire du Granit, semble redevenue sous contrôle, le taux de positivité des tests de dépistage des derniers jours indiquent que la situation «pourrait» se détériorer si les gens baissent leur garde et profitent de l’ouverture des commerces, en petite et grande surfaces, pour faire fi des règles.

«En théorie, les petits commerces contrôlent le nombre de clients présents en même temps dans le magasin. Je suis plus inquiet pour ce qui est des centres d’achat. Si on est beaucoup à s’y retrouver en même temps, le risque est augmenté», estime le directeur de la Santé publique de l’Estrie, Dr Alain Poirier.

«Il faut se forcer un peu plus et tous se protéger. Si ça va très bien (lire que tout le monde suit les règles de lavage de main et de distanciation physique du deux mètres), on peut revenir au palier orange, comme c’est le cas pour la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.» Par contre, dans le meilleur des mondes du Dr Poirier: «Il faut toujours craindre le pire scénario et s’y préparer, tout en souhaitant le meilleur!»

La Direction de la santé publique de l’Estrie a connu samedi, le 21 novembre, le nombre de nouveaux cas le plus élevé, soit 102. «Particulièrement à Sherbrooke dans les trois derniers jours», a tenu à préciser le Dr Poirier dans son point de presse hebdomadaire sur Facebook, le 23 novembre. Les cas actifs se situent à 60% dans les groupes d’âge des moins de 40 ans. Le plus haut total quotidien survient à peine 10 jours après que la région administrative de l’Estrie soit passée du palier orange au palier rouge. «Comme si, juste avant de passer en zone rouge, les Estriens se soient exposés davantage à des contacts.»

Le total cumulatif de cas positifs à la COVID-19 pour le territoire du Granit, donc depuis le début de la pandémie, est de 444, dont 379 rétablis. Parmi les nouvelles éclosions apparues sous le radar de la Santé publique, la Maison La Bouée, à Lac-Mégantic qui affiche moins de cinq cas positifs confirmés, et la Résidence Château Marysia à Stratford, moins de cinq cas là aussi. 

Le tableau de cas actifs par municipalité place désormais Stratford sur un pied d’égalité avec Lac-Mégantic, avec 9 cas actifs, suivies de Saint-Romain (7), Saint-Sébastien et Lambton (6). Pas de cas actif à Audet, Marston, Milan, Notre-Dame-des-Bois, Piopolis, Saint-Ludger, Sainte-Cécile et Val-Racine.

«On a aplati la première vague et on a plus de cas signalés dans cette deuxième vague, mais moins d’hospitalisations. On a tous un rôle important à jouer si on ne veut pas rester dans le rouge.»

Officiellement l’Estrie a rejoint la zone rouge le 12 novembre. L’éclosion du virus, après le contact avec une personne infectée, prend 10 jours, ce qui contribue à appuyer la thèse des conséquences des «petites libertés» que les gens se sont données juste avant de passer au rouge.

Les quatre jours de permission de rassemblements à Noël sont assujettis à un «gros si…» «Ça pourrait ne plus être là la veille des Fêtes», prévient Alain Poirier. Et je vais être fâché contre vous si ça ne marche pas!»

Dans les enquêtes sanitaires réalisées pour chaque test positif, «près de 40% des gens disent «oui, j’ai été en contact, probablement au domicile.»

L’impact sur les soins

Pour la grande majorité (95%) des gens testés positifs à la COVID-19, la période de soins se déroule à la maison. Les milieux hospitaliers répondent bien aux besoins d’hospitalisation. D’ailleurs, le Dr Poirier confirme que des cas provenant d’autres régions sociosanitaires sont soignés dans les deux centres dédiés (Hôtel-Dieu et Fleurimont) de Sherbrooke. Trois sur 25 en date du 23 novembre. Mais «l’équilibre est fragile au niveau des ressources humaines», tenait à préciser Nancy Desautels, directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

 

 

 

 

 

 


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