Pas de confinement pour les services de La Bouée

Pas de confinement pour les services de La Bouée  - Claudia Collard : Actualités Société Coronavirus (COVID-19)

Julie Porier, coordonnatrice générale de La Bouée

Si le confinement peut exacerber les conflits au sein d’une bulle familiale, on accède à une toute autre dimension dans le cas de la violence conjugale. «C’est souvent une stratégie du conjoint violent d’isoler la femme. Si en plus elle a perdu son emploi ou est en télétravail, elle est déjà coupée de son réseau extérieur», fait valoir Julie Poirier, coordonnatrice générale de La Bouée, rappelant que les demandes d’aide à la maison d’hébergement peuvent être formulées par messagerie privée si le contact téléphonique s’avère plus ardu.

 «Pour certaines c’est vraiment difficile de parler au téléphone. Le conjoint est toujours là à épier. Avec le confinement, certains sont encore plus qu’à l’habitude en mode surveillance et contrôle.» Offerte depuis des années, la messagerie via la page Facebook de La Bouée était peu utilisée pour les demandes d’aide… Jusqu’à récemment, où toutes les étapes d’une intervention se sont déroulées uniquement sous forme écrite. 

Mme Poirier avoue qu’il est difficile d’évaluer si le confinement freine les demandes d’aide en matière de violence conjugale. «Comment on peut savoir si une femme hésite à nous contacter? Dans plusieurs régions, on est très inquiets parce que des maisons d’hébergement sont pratiquement vides, mais ce n’est pas notre réalité. Toutefois, comme ailleurs, on remarque une hausse des demandes concernant nos services externes.» 

Par services externes, on entend la réponse aux besoins des femmes qui ne veulent pas d’hébergement. «Sur le même principe que le CLSC, elles viennent ici pour parler, ont besoin de comprendre, de vérifier si elles sont vraiment dans une situation de violence conjugale. On peut les aider à préparer leur départ. On vient aussi en aide aux proches, qui ont une victime dans leur entourage.» 

Uniquement offertes par téléphone depuis le début de la pandémie, les interventions liées aux services externes reprennent graduellement en personne, en fonction des besoins exprimés. Les mesures sanitaires d’usage s’appliquent par ailleurs à l’intérieur du milieu de vie qui héberge les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, mais les mêmes services sont toujours en vigueur. 

Toujours en vigueur également les arrivées d’urgence, qui se produisent la plupart du temps dans le cas d’une intervention policière et souvent passé le couvre-feu de 20h. «Le couvre-feu ne s’applique pas dans le cas d’une femme qui veut quitter un conjoint violent», rappelle la coordonnatrice générale de La Bouée, précisant que les arrivées d’urgence ne constituent pas la majeure partie des demandes d’hébergement. «Dans la plupart des cas, les femmes préparent leur départ en nous contactant à l’avance, surtout celles qui ont des enfants.»

Confinement ou pas, il faut beaucoup de courage à une femme pour quitter un foyer violent, parfois en laissant tous ses biens derrière soi, transmet Mme Poirier. Alors, si cette femme choisit de retourner auprès du même conjoint, elle n’est jamais jugée à La Bouée. Et lorsqu’elle est prête à prendre son envol, on l’accompagne pour l’«après». Lequel peut se traduire par une période transitoire, dans un logement de la maison de 2e étape.

Insidieuse, la violence conjugale s’incruste graduellement, sous forme psychologique notamment, n’allant pas nécessairement jusqu’aux coups. Mais ce n’en est pas moins de la violence et il importe d’en faire la prévention. Lorsque les mesures sanitaires seront assouplies, l’équipe de La Bouée souhaite retourner dans les écoles pour poursuivre ses activités de sensibilisation. Pour parler de la violence amoureuse, départager la relation saine de la relation toxique. «C’est un volet qu’on souhaite reconduire dès que ce sera possible», termine Julie Poirier. La Bouée est accessible 24 heures sur 24 au 819 583-1233 (sans frais au 1 888 583-1233). Il est aussi possible de parler de sa situation ou de celle d’une proche auprès de l’organisme SOS violence conjugale, au 1 800 363-9010. 

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