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Le paysage humain de Germain Lessard

Le paysage humain de Germain Lessard  - Claudia Collard : Actualités Société

Germain Lessard l’avoue humblement : «Ma grande qualité est de savoir bien m’entourer», partage-t-il en posant fièrement avec son fils François, ses petites-filles Olivia et Ariane ainsi que son épouse Claudette.

Germain Lessard a derrière lui le sentiment du devoir accompli. Développée à un tout jeune âge, sa passion de l’horticulture fait de l’homme aujourd’hui âgé de 82 ans un pionnier dans ce domaine. Le paysage méganticois peut se targuer d’exposer largement le fruit de son travail effectué au fil des années. Mais ses souvenirs de contacts humains sont plus riches encore. Tout comme sa fierté de voir l’entreprise qu’il a fondée avec son épouse Claudette transmettre les gènes de sa passion à une troisième génération. 

Il avait 12 ans lorsqu’il a planté ses premiers arbres, sur le terrain de l’école de rang qu’il fréquentait alors, sur la rue Wolfe. À la demande de son enseignante, il rapporte et plante, en compagnie d’amis écoliers, de petites épinettes se trouvant sur la terre de ses parents. Mais c’est à l’âge de 17 ans qu’il décroche son premier contrat payant, la plantation d’une haie de cèdres chez un de ses supérieurs, alors qu’il était à l’emploi de Mégantic Manufacturing, plus communément appelé «Chu Cliche». Il faut dire qu’ayant grandi sur une ferme, le travail manuel faisait partie de son quotidien. «J’ai toujours aimé être à l’extérieur. Et j’ai toujours eu une très bonne santé, de la vigueur», relate celui qui a été tour à tour bûcheron, apprenti plâtrier et ouvrier de la construction. Pour la petite histoire, il a pris part au chantier du premier bâtiment de l’OTJ, sur la rue Victoria. 

C’est vers le milieu des années soixante que Germain Lessard a commencé à exercer son métier de prédilection. D’où lui est venue cette passion? «Je me pose encore la question… Mais je me souviens de l’aménagement du terrain de l’hôtel de ville de Lac-Mégantic qu’avait réalisé Rhéaume, autour de 1965; ça m’avait vraiment impressionné.» En plus de son travail saisonnier, il était gérant de la salle de quilles au Centre Mgr-Bonin de septembre à la fin avril. Une expérience qu’il a adorée. «Vous savez, j’aime le monde. J’ai vraiment aimé ce contact avec toutes sortes de personnes, avec les jeunes. Dans le temps, les Marinières s’entraînaient dans le gymnase et elles venaient faire leurs devoirs sur le coin de mon comptoir. C’est peut-être pour ça que je suis devenu membre optimiste, en 73-74, et que je le suis encore. L’aide à la jeunesse, c’est très important pour moi.» 

Durant deux hivers consécutifs, des cours en horticulture ornementale à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe lui permettent d’enrichir ses connaissances. «J’ai toujours eu le goût d’apprendre», explique celui qui se commandait des livres chez les éditions Aubanel, en France. L’un d’eux, intitulé Méthode progressive et complète de culture psychique a d’ailleurs contribué à transformer sa façon de penser. «Je viens d’une famille très modeste où il y avait cette mentalité Quand t’es né pour un petit pain… Je détestais cette phrase-là! La lecture de ce livre m’a poussé à constamment m’améliorer.» 

En 1974, Germain Lessard et son épouse Claudette ouvraient centre jardin rue Wolfe, sur le site de l’ancienne fermette familiale, rachetée de son père quelques années plus tôt. En 1978, la première serre voyait le jour et l’ensemble des installations a pris de l’expansion jusqu’en 1983. «En 1985, nous sommes devenus membres de la bannière Botanix, ce qui a vraiment été une très bonne affaire. Mais la chose la plus importante, c’est qu’il s’agit d’une entreprise familiale. On formait une belle équipe Claudette et moi. Elle s’occupait de la comptabilité, l’administration, l’embauche du personnel…» décrit celui qui était en quelque sorte «le gars de terrain».

Son premier contrat d’aménagement? «C’était sur la rue Agnès, chez l’avocat Turgeon», relate-t-il, partageant que les travaux réalisés sur le terrain de l’OTJ, autour de 1999, sont ceux dont il est le plus fier.

M. Lessard exprime avec une tout aussi grande fierté la richesse de ses contacts avec le public. «Plusieurs de mes clients sont devenus des amis très proches. J’ai découvert qu’il y a du bon monde partout. Dans l’entreprise, la devise c’était que la personne qui vient acheter une boîte à fleurs à 3,50$ doit être autant considérée qu’un client qui donne un contrat d’aménagement paysager de 20 000$. Pour moi, c’est important. Peut-être parce que je suis issu d’une famille modeste.»

Germain Lessard parle aussi de la proximité des liens avec les membres du personnel. Une relation empreinte de fraternité et de respect, dira-t-il. Preuve que les liens créés ont duré, les anciennes employées du centre jardin étaient pratiquement toutes présentes lors des célébrations de son 80e anniversaire. 

Après l’achat de l’entreprise par son fils François, au début des années 2000, les activités ont été exclusivement consacrées à l’aménagement paysager. Jusqu’au prochain printemps, puisqu’un nouveau centre jardin ouvrira près du rond-point. «Et c’est ma petite-fille Ariane qui en sera la gérante. C’est merveilleux comme continuité!», conclut-il, le regard rempli de fierté. 

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